Paris : Inauguration d’une promenade en hommage à Clews Vellay, ancien président d’Act Up

La maire de Paris Anne Hidalgo a inauguré une promenade en hommage à l’ancien président d’Act Up-Paris, mort du sida le 18 octobre 1994, Clews Vellay.
Une plaque a également été apposée sur l’immeuble du 44 rue Boulanger qui abrita le local historique de l’association militante anti-sida phare des années 90.
L’hommage avait été précédé de la projection du documentaire de Brigitte Tijou « Portrait d’une Présidente », consacré à Cleews Vellay, dans la Salle des Fêtes de la Mairie du 10e arrondissement de Paris.
Brigitte Tijou, elle-même ancienne militante d’Act Up-Paris, a été l’une des principales sentinelles, caméra en main, à archiver de l’intérieur les actions et paroles de l’association. Heureusement, car les traces ne sont pas légion. On y voit Cleews Vellay affirmer : «Je ne crois pas à tout ce discours « la séropositivité m’a fait voir la vie plus belle. Depuis que je suis séropo, je me suis aperçu que le jour se levait et qu’il y avait un soleil. » Pour moi, le soleil se lève toujours de la même façon.» Timide au départ, puis rapidement révolté, Vellay se démarque en figure essentielle de la lutte chez Act Up.
De nombreux autres militants, au fil du documentaire, témoignent de son engagement : Philippe Labbey, Philippe Mangeot, Jacques Martineau, Hugues Charbonneau, Jean-Christian Régnier et Didier Lestrade qui se souvient : «Il était tout le temps sur mes pieds et passait la majeure partie de son temps à me contredire. Je représentais le président modéré et lui, l’activiste de base radical», avant de poursuivre sur une description de la hiérarchie des réunions hebdomadaires qui se tenaient dans les amphis, les plus «calmes» étaient appelés les «girondins» et s’installaient devant, les «montagnards» restaient dans les hauteurs, avec leur radicalité.
Cleews ne voulait pas être considéré comme «un héros» et pourtant, sous sa souveraineté, nombre d’actions majeures d’Act Up-Paris ont été menées : comme celle d’encapoter l’obélisque en 1993 à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida ou encore son passage dans l’émission Sidaction en 1994 pour affirmer l’existence des personnes séropo et l’appel criant face à un gouvernement (sous Mitterrand) qui ferme les yeux. Lors d’un séjour en 1993 à l’hôpital de la Salpêtrière, Vellay enrage de trouver face à sa chambre le chantier en construction de la BNF, ultime provocation à ses yeux du président. Sa dernière grande action (Cleews Vellay meurt le 18 octobre 1994 à 30 ans) sera sa volonté «d’enlever» Philippe Douste-Blazy, ministre délégué à la Santé, pour l’amener au QG Act Up-Paris : «On veut que ça le fasse chier de venir au local.»

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