Grindr accusé de révéler le statut VIH de ses utilisateurs à des entreprises

L’application de rencontre gay Grindr à partagé à deux entreprises les données concernant le statut sérologique de ses membres sans que ceux-ci le sachent, rapporte Buzzfeed  lundi 4 avril.
Le site internet a confirmé les découvertes des chercheurs norvégiens de l’organisation à but non lucratif Sintef, qui ont révélé que l’application, qui revendique 3,6 millions d’utilisateurs actifs chaque jour, partage à Apptimize et Localytics de nombreuses informations renseignées par ses membres.
Ces deux entreprises, qui travaillent avec des clients divers, proposent des services d’optimisation d’application : ils étudient par exemple le comportement d’internautes confrontés à deux versions légèrement différentes d’une même application afin de déterminer quelle version est la plus efficace.
Parmi les données que Grindr partage à Apptimize et Lacalytics se trouvent les adresses e-mails, le type de relations recherchées, les positions sexuelles préférées, mais également les coordonnées GPS précises des utilisateurs ainsi que leur statut sérologique et la date de leur dernier dépistage du VIH.
« En tant qu’entreprise au service de la communauté LGBTQ, nous comprenons à quel point la révélation d’un statut HIV peut être un sujet sensible », a écrit Scott Chen, un des responsables du site, dans un texte diffusé sur la plateforme Tumblr, reconnaissant que cela pouvait susciter des « inquiétudes ».
« Notre but a toujours été de promouvoir la santé et la sécurité de nos utilisateurs », poursuit-il, confirmant que Grindr « travaille » avec des entreprises comme Apptimize ou Localytics, chargées de tester l’application et qui à ce titre, reçoivent des données de Grindr.
Celles-ci sont « soumises à des clauses contractuelles strictes » de confidentialité, assure encore Scott Chen, soulignant que les usagers peuvent choisir ou non d’indiquer sur leur profil leur statut HIV et que c’est donc à eux d’être vigilants.
Tout en affirmant limiter les données partagées au strict nécessaire, Grindr reconnaît que « parfois, ces données peuvent inclure des infos relatives à la localisation et au statut HIV car ce sont des informations qui sont dans (l’application) ».
Selon un chercheur du cabinet norvégien SINTEF, dont le travail a été rapporté lundi par le site d’informations BuzzFeed, toutes ces données rendent les personnes identifiables.
« Grindr n’a jamais vendu et ne vendra jamais d’informations personnelles identifiables – en particulier les données relatives au statut HIV ou à la dernière date de test – à des tierces parties ou à des annonceurs », se défend Scott Chen.
L’association de défense des droits numériques Electric Frontier Foundation a jugée « décevante » la réponse de Grindr. « Vous avez trahi la communauté LGBT », a commenté un internaute sous le texte de Grindr.
La semaine dernière déjà, une enquête de la chaîne américaine NBC avait révélait que la plateforme de rencontres gay recélait des failles permettant l’accès aux contenus des messageries, photos et localisations des utilisateurs.

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