L’Association médicale mondiale condamne les examens anaux forcés

Les médecins, les professionnels médicaux et les associations médicales nationales devraient se conformer à la résolution adoptée en octobre 2017 par l’Association médicale mondiale afin de mettre un terme aux examens anaux forcés pratiqués sur des personnes accusées de comportement homosexuel, a  déclaré Human Rights Watch.
L’Assemblée générale de l’Association médicale mondiale (AMM, ou WMA en anglais), organisation internationale réunissant des associations médicales nationales de 111 pays, a condamné le recours aux examens anaux forcés pour établir la preuve de comportements homosexuels consentis.
Les examens anaux forcés impliquent souvent que des médecins ou d’autres membres du personnel médical doivent introduire de force leurs doigts, et parfois des objets, dans l’anus d’une personne afin de tenter de déterminer si cette personne a eu des rapports anaux. Les examens, invoqués comme « preuves » dans le cadre de poursuites judiciaires relatives à des comportements consentis entre individus du même sexe dans certains pays, n’ont aucun fondement scientifique, enfreignent la déontologie médicale, et constituent un traitement cruel, dégradant et inhumain susceptible de passer au rang de torture.
La résolution de l’Association médicale mondiale invite les médecins à cesser de pratiquer ces examens. Elle demande aux associations médicales nationales de diffuser des communications écrites interdisant à leurs membres d’y prendre part et de sensibiliser les médecins et les professionnels de santé au « caractère non scientifique et inutile des examens anaux forcés et au fait qu’ils constituent une forme de torture ou de traitement cruel, inhumain et dégradant ». Elle appelle également l’Organisation mondiale de la santé à se prononcer, dans une déclaration officielle, contre les examens anaux forcés au motif qu’ils ne sont pas scientifiques et enfreignent la déontologie médicale, ce qui viendrait renforcer une recommandation existante condamnant cette pratique.
La résolution, proposée par l’Association médicale sud-africaine avec le soutien de Human Rights Watch, a été soumise durant une année à un processus d’examen et de feedback au cours duquel tous les membres pouvaient la commenter avant qu’elle ne soit adoptée.
Lors de la session de l’Assemblée générale, l’association a également adopté une version révisée du « Serment du Médecin », demandant aux médecins de s’abstenir de toute discrimination fondée sur certains motifs, dont l’orientation sexuelle.
Plusieurs pays qui n’ont pas encore éradiqué les examens anaux forcés ont récemment fait des progrès significatifs pour y mettre un terme, a ajouté Human Rights Watch.
Les gouvernements au Liban et en Tunisie ont pris des mesures en faveur de l’interdiction des examens anaux forcés. La Tunisie a dernièrement accepté une recommandation pour mettre fin aux examens au cours de son Examen périodique universel (EPU) au Conseil des droits de l’homme des Nations unies
ans les deux cas, les associations médicales nationales ont joué un rôle clé dans le changement de position de leurs gouvernements respectifs. L’Association médicale kényane, en septembre dernier, est devenue la toute dernière association médicale à condamner le recours aux examens anaux forcés, en dépit de la tentative du Bureau du Procureur Général de défendre leur utilisation.

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