La pratique du chemsex augmente le risque de transmission du VIH

Le chemsex, ou l’usage de substances psychoactives peut avoir des effets étonnants sur les performances sexuelles.
Une étude parue dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire dénonce les dangers de cette pratique.
Le chemsex augmente considérablement la probabilité de transmission du VIH ou du virus de l’hépatite C. De fait, quatre usagers sur cinq reconnaissent se relâcher sur le plan de la prévention durant leurs rapports.
Ce chiffre est tiré d’une série d’entretiens avec 306 personnes ayant consulté une structure de dépistage ou de prise en charge du VIH – médicale ou associative. Un tiers d’entre elles avait consommé des produits psychoactifs au cours du mois précédent. Mais seulement 16 % affirment l’avoir fait dans le cadre d’un rapport sexuel – que ce soit régulièrement ou occasionnellement.
Les substances utilisées dans ce cadre sont variées, allant du simple cannabis à la cocaïne, en passant par les médicaments psychotropes. Mais certaines dominent clairement. La probabilité que des stimulants ou des amphétamines soient absorbés est neuf fois plus élevée par rapport aux autres produits.
Si la pratique est peu fréquente, elle concerne une population particulièrement vulnérable. Les probabilités qu’un adepte du chemsex soit homosexuel ou bisexuel sont six fois plus élevées. Or, les hommes qui ont des rapports sexuels avec les hommes sont les principales victimes de l’épidémie de VIH en France.
La moitié des personnes pratiquant le chemsex l’admettent : elles ne portent pas toujours un préservatif au cours des rapports. Un « oubli » d’autant plus dangereux que les pratiques favorisent particulièrement la propagation des infections sexuellement transmissibles (IST), dont le VIH.
Ainsi, une grosse moitié des participants ont connu plusieurs partenaires au cours du mois passé, certains pendant un même rapport sexuel. Partage de sex-toys, sexe en groupe… Les chercheurs estiment que 82 % des volontaires ont des pratiques à risque. Sans compter que les substances consommées ont tendance à se diversifier durant une même séance.
Ces patients-là ne sont pas exposés aux mêmes risques que les autres, concluent les auteurs de ce BEH. La prévention doit donc être adaptée et sur-mesure. Un lieu permettrait de transmettre ces messages ciblés, les consultations « PrEP », qui permettent la prescription d’un antirétroviral en prévention d’une infection.

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