Montpellier : appel au rassemblement place de la Comédie

Vincent Boileau-Autin, président de l’association LGBT Fierté Montpellier Tignes Pride, appelle au rassemblement, ce jeudi soir 19h place de la Comédie à Montpellier. « Nous voulons rassembler un maximum de monde pour montrer notre solidarité aux LGBT actuellement en souffrance en Tchétchénie, et plus généralement pour rappeler la nécessité de lutter contre les discriminations », explique-t-il.
Pour rappel, depuis début avril, les informations se multiplient concernant des homosexuels (réels ou supposés) en Tchétchénie : ils auraient été victimes d’arrestations, de détentions arbitraires, de torture et, pour certains, d’assassinats.
Fierté Montpellier Pride, à l’image des rassemblements lancés dans d’autres villes par Amnesty International, l’Inter-LGBT, Russie-Libertés et SOS homophobie, rejoint à son tour l’appel pour le respect des droits humains en Tchétchénie:
« Nous appelons les autorités russes à se saisir immédiatement du sujet afin qu’elles fassent cesser ces exactions, poursuivent en justice les auteurs de ces crimes en assurant la rigueur des enquêtes policières et l’indépendance de la justice et viennent en aide, dans la mesure de leurs moyens, aux personnes LGBTI qui sont ou ont été victimes de ces agissements atroces », indiquent les membres de Fierté Montpellier.
Nous demandons à la France, à l’Union Européenne, au Conseil de l’Europe et à l’Organisation des Nations Unies d’exiger de la Russie qu’elle fasse cesser ces exactions sur-le-champ.
Pour rendre visibles les revendications, un appel au rassemblement est lancé ce jeudi 27 avril à 19h – place de la Comédie Montpellier -devant la statue des Trois Grâces- pour manifester notre soutien aux victimes de ces crimes et aux associations LGBTI locales.
Quelques jours avant le second tour de la présidentielle… « Le premier tour de l’élection présidentielle fait craindre une victoire du Front National. Ce parti politique aux idées réactionnaires et sectaires, doit être combattu. Ce qui se passe actuellement en Tchétchénie est la démonstration des conséquences d’une politique extrémiste qui stigmatise et discrimine les minorités. Aussi ce rassemblement a également vocation à sensibiliser l’opinion publique sur les dangers que représentent le Front National », avertit Vincent Boileau-Autin.
Selon les informations dont nous disposons, cette répression aurait commencé suite aux actions de l’ONG « Gay Russia » qui a mené depuis plusieurs mois une campagne de documentation des violations de la liberté en Russie. Cela, afin de préparer un dossier devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), rappelant que les demandes auprès des autorités locales pour organiser une Marche des Fiertés, ont toutes refusées.
Dans le Nord du Caucase – dans les villes de Naltchik, Tcherkessk, Stavropol et Maïkop – ces refus se sont doublés de campagnes médiatiques mises en œuvre par les autorités appelant au durcissement de la répression contre les homosexuel-le-s. Des manifestations ont également été organisées en Tchétchénie contre les associations de défense des personnes LGBTI. D’après les contacts de l’Inter-LGBT en Russie, le système de répression s’organiserait autour de « camps de détention secrète » créés à cet effet, dont le principal se situerait dans une ancienne caserne d’Argoun – ville de la banlieue de Grozny, la capitale tchétchène.
Les victimes y seraient détenues dans d’atroces conditions, de 30 à 40 par cellule, subissant de régulières séances de torture, parfois jusqu’à la mort (l’identité de 3 victimes serait connue), pour obtenir les noms d’autres homosexuels. La police tchétchène utiliserait les réseaux sociaux pour « débusquer » de nouvelles victimes.
Les familles des homosexuels séquestrés auraient été contraintes de payer plusieurs milliers de roubles afin que ceux-ci puissent être nourris ou parfois libérés.
En réponse à ces accusations, Alvi Karimov, porte-parole du président Ramsan Kadirov a prétendu qu’une telle répression de masse n’existait pas dans la mesure où il n’y avait pas d’homosexuels sur le territoire et où, s’il devait y en avoir, « les agences d’état n’auraient pas à se préoccuper d’eux car leurs familles elles-mêmes les enverraient quelque part d’où ils ne pourraient jamais revenir ».

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