Perou : manifestation contre « l’ideologie du genre »

Plus d’un million et demi de personnes, selon les organisateurs, ont manifesté contre l’enseignement de l’idéologie du genre dans les écoles, sous le slogan #ConMisHijosNoTeMetas (« ne touche pas à mes enfants »).
Le vicaire épiscopal de la commission Famille et vie de l’archidiocèse de Lima a lancé :« l’éducation est le premier droit des parents vis-à-vis de leurs enfants, ce n’est pas négociable ». « Nous sommes au cœur d’une guerre morale, d’une guerre spirituelle, et le champ de bataille est l’esprit de vos enfants, nous allons le défendre jusqu’à la fin de nos jours ».
La nouvelle ministre de l’éducation, Marilu Martens,a répété la semaine dernière que la théorie du genre n’existait pas.
Avant de préciser : « L’homosexualité ne s’enseigne pas ; mais on apprend l’homophobie… Nous n’enseignons que l’égalité des droits et des devoirs. » Elle a accusé les manifestants de « décontextualiser » les éléments du programme relatif au « genre »
Le programme évoque l’égalité de genre en ces termes : « Toutes les personnes, indépendamment de leur identité de genre, ont le même potentiel pour apprendre et se développer pleinement ».
Dans un entretien avec la presse, Mme Martens a affirmé qu’elle était prête à faire enlever ces quelques mots programmes officiels
Dimanche, le ministre de la culture du Pérou, Salvador del Solar, participait par ailleurs à une cérémonie religieuse marquant le 90e anniversaire de la fête de Notre Seigneur de l’Amertume dans le diocèse d’Arequipa. L’archevêque, Mgr Javier del Rio Alba a profité de l’occasion pour demander que l’interdiction de l’enseignement de l’idéologie du genre soit explicitement intégrée dans les programmes scolaires officiels. « Cela ne coûte rien de le faire », a-t-il dit.
Le ministre a répondu en invitant les catholiques à réfléchir à propos de ceux que « nous jugeons mauvais ». « Ce que je vois humblement, et avec entier respect, dans Notre Seigneur de l’Amertume, c’est un Christ chargé d’une croix et je me demande qui lui a imposé cette croix. C’est nous qui la lui avons imposée en le jugeant et en le conduisant au calvaire. C’est nous qui le jugeons et qui lui imposons une croix et lui, dans un amour auquel je ne vois pas de frontières, où je ne vois pas de limite, un amour pour tous, se sacrifie pour nos péchés. J’ai l’impression qu’en tant que société nous imposons des croix à ceux qui n’entrent pas dans le moule de notre manière de voir les choses. Je crois que cette réflexion suffit. »
Il se référait aux manifestations de haine à l’égard de la population homosexuelle et transgenre qui ont eu lieu au Pérou ces derniers temps.

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