Des affiches de lutte contre le sida attaquées en justice pour « pornographie »

aides-2Lu dans Marianne : L’association de lutte contre le sida Aides s’est fait convoquer au commissariat après que le procureur de Laval a jugé recevables trois plaintes dénonçant la « diffusion d’un message violent ou pornographique » sur les affiches de sa dernière campagne de prévention.
La campagne d’affichage s’intitule « Révélation ». Dans une série de quatre photographies en noir et blanc, elle met en scène autant de couples (3 hétéros, 1 gay) nus (sans qu’on voit évidemment leurs parties intimes) et entrelacés, le tout flanqué de ce message : « Les séropositifs sous traitement ont beaucoup de choses à nous transmettre. Mais pas le virus du sida ». Objectif de l’association Aides : améliorer le regard porté sur les personnes séropositives.
Le magazine nous rappelle que à Laval, chef-lieu de la Mayenne, où le local d’Aides a été tagué plusieurs fois ces dernières semaines, des riverains ayant apparemment jugé bon de cacher ces entrelacements qu’ils ne sauraient voir. A Nantes, la vitrine du local de l’association a carrément été détruite par un jet de projectile dans la nuit du vendredi 6 au samedi 7 janvier.
Trois plaintes ont été déposées à Laval, a priori par des riverains, contre la campagne de prévention. Et elles ont été prises très au sérieux par le procureur du coin, qui a ouvert une enquête.
Vendredi dernier, Muriel Briffault, directrice animation réseau de Aides, a été convoquée au commissariat pour répondre à quelques questions sur ses affiches. L’association AIDES est accusée au titre de l’article 227-24 du code pénal, de « diffusion d’un message violent ou pornographique contraire à la dignité, accessible à un mineur ». Délit passible de trois ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende.
Pour l’heure, le procureur a fait savoir à Aides que l’enquête policière était close. L’association est donc dans l’attente de savoir si une suite judiciaire y sera donnée. En attendant, elle a elle-même porté plainte contre les dégradations portées à ses locaux. « Nous sommes les victimes », insiste Muriel Briffault, qui s’inquiète d' »un climat latent de haines ».

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