Perpignan: exposition «Ekfire, les demi-morts » au couvent des Minimes

B., un transgenre, vit de prostitution et prend régulièrement différents stupéfiants pour supporter son existence marginalisée. Kigali, Rwanda. B., a transgender person, works as a prostitute and takes drugs to help cope with life on the fringe of society. Kigali, Rwanda. © Frédéric Noy / Cosmos Photo libre de droit uniquement dans le cadre de la promotion de la 28e édition du Festival International du Photojournalisme "Visa pour l'Image - Perpignan" 2016 au format 1/4 de page maximum. 
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B., un transgenre, vit de prostitution et prend régulièrement différents stupéfiants pour supporter son existence marginalisée. Kigali, Rwanda.
B., a transgender person, works as a prostitute and takes drugs to help cope with life on the fringe of society. Kigali, Rwanda.
© Frédéric Noy / Cosmos

Avoir des relations sexuelles entre adultes de même sexe est considéré comme un délit, voire un crime, dans 77 États du monde. C’est ce qu’Amnesty International appelle l’homophobie d’État. En Afrique, où plus de trente pays disposent de lois répressives, l’homosexualité est ignorée, instrumentalisée ou stigmatisée par des gouvernements arguant que la population ne veut pas de « ces gens-là » pour des raisons culturelles. Ce serait une pratique déviante importée d’Occident, totalement étrangère au continent africain.
Depuis des années, Frédéric Noy documente la vie des LGBTI dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est où, quelle que soit la législation en vigueur, la mort sociale guette les membres de cette communauté. Lors d’un rassemblement saluant l’avènement d’une loi anti-gay, le président ougandais Yoweri Museveni a qualifié les homosexuels d’ekifire : les demi-morts, en luganda (famille des langues bantoues).
Plus de 30 des 77 États du monde qui condamnent encore l’homosexualité sont africains. Ce qu’Amnesty International appelle «l’homophobie d’État». Frédéric Noy s’est intéressé au Burundi, au Rwanda et à l’Ouganda. Trois pays au «contexte géopolitique commun pour pouvoir comparer leurs situations légales». Qui sont différentes.
Ainsi les LGBTi (pour «Lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels et intersexuels ») encourent-ils deux ans de prison au Burundi, «rien» au Rwanda et la prison à vie en Ouganda. Pays qui a dû renoncer, «pour vice de forme», raconte Frédéric Noy, à sa loi «Kill the gay » qui condamnait donc les LGBT à la peine de mort.
C’est à nouveau la «loi antisodomie», mise en place en 1950 par les Anglais, qui est en vigueur, «les lois anti-gays viennent souvent de l’empire colonial britannique», note Frédéric Noy. «Va déterrer ta mère et demande-lui qui est ton père, y a pas d’homosexuels ici » «Néanmoins il n’est pas question de faire des victimes de ces gays, insiste le photographe. Ils existent, ils sont là et j’ai voulu montrer ce que ça veut dire dans la vie de tous les jours. Et montrer la minorité LGBTi dans son ensemble, activistes ou “lambda”, cette minorité m’a particulièrement intéressé parce qu’elle est la seule qui ne peut pas faire disparaître sa différence. L’identité sexuelle peut être masquée mais pas changée.»
Après cinq ans de travail sur le sujet, le photographe le confirme : «L’homosexualité est le tabou ultime sur le continent africain. Il y a consensus sur les droits humains en Afrique, les droits des gays en font partie mais là, il y a rupture du consensus. Le président ougandais a par exemple déclaré qu’il fallait égorger les homosexuels». C’est pourtant en Ouganda que se sont déroulées quatre gay pride.
Pas de quoi espérer selon Frédéric Noy : «Les photos exposées sont celles de la gay pride de 2015 car il n’y en a pas eu cette année, il y a eu des arrestations pendant les préparatifs. La chape de plomb est retombée. Les sociétés africaines ne sont pas prêtes à accepter les LGBTi».
Comme en témoigne une photo de l’expo dont la légende évoque un père disant à son fils homosexuel: «Va déterrer ta mère et demande-lui qui est ton père parce qu’y a pas d’homosexuels dans ma famille».
«Ekfire, les demi-morts », au couvent des Minimes. Perpignan

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