Tunisie : une association lance son 1er Queer Film Festival

L’association tunisienne Mawjoudin (on existe) qui lutte pour l’égalité et les droits des personnes LGBTQI++ lance son premier événement le Queer Film Festival du 15 au 20 janvier 2018 à Tunis qui sera accueilli notamment par l’espace culturel El Teatro et l’IFT.
Le festival fortement symbolique est soutenu par la fondation allemande Hirschfeld-Eddy-Stiftung et tient à éclairer l’opinion publique et internationale sur le non respecter des droits de la communauté LGBT en Tunisie et que l’homosexualité est considérée encore comme un crime de l’autre côté de la méditerranée.
L’association Mawjoudin We Exist a vu le jour en 2014 et vise à lutter contre la discrimination des genres et des orientations sexuelles et à défendre les droits des personnes qui se proclament Gay, lesbienne, Bisexuel, Transgenre, Queer ou Intersexe. Son objectif est d’instaurer un climat de tolérance et de respect dans la différence.
« Ce festival émane des propositions des membres de l’association Mawjoudin au cours des séances du « Cinexist », ciné-club de Mawjoudin, qui existe depuis à peu près 1 an », explique un des coordinateurs de l’événement et porte-parole de l’association, au HuffPost Tunisie (celui-ci a souhaité conserver l’anonymat pour des raisons de sécurité).
Au programme de ce festival des concerts, prestations théâtrales, débats et des projections de films. L’inauguration se fera à l’institut français de Tunisie avec le film “Au Delà de l’ombre” (Upon the shadow) de la réalisatrice Nada Mezni Hafaiedh avec la participation de Amina Sboui (la femen tunisienne).

Tunisie : Shams lance une radio LGBT

L’association tunisienne Shams (pour la dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie) a lancé une webradio dédiée à la communauté LGBT
L’annonce du lancement de la nouvelle radio a eu lieu, le 12 décembre, dans une ambiance festive et en présence de plusieurs militants de la communauté, à l’instar d’Amina Sboui.
La webradio est appelée tout simplement Shams Rad avec pour slogan « Égalité et dignité ». Elle sera opérationnelle à partir du 15 décembre 2017.
Pourquoi le choix d’une radio web? « Notre but est d’être audible partout et pas uniquement en Tunisie, ce qui est faisable avec ce format », a expliqué Bouhdid Belhadi, le directeur exécutif de Shams au HuffPost Tunisie.
Le militant associatif a précisé que l’équipe de la radio est déjà en place avec un directeur des programmes, quatre animateurs ainsi que des chroniqueurs.
Et d’ajouter: « La radio traitera de la vie quotidienne de la communauté LGBT, du volet politique, sociale, psychologique de la question. Il y aura également de la musique, du cinéma, etc ».
Cette initiative est soutenue par l’ambassade des Pays-Bas en Tunisie.

Irlande : L’Ong tunisienne Shams remporte le prix LGBT international

Bouhdid Belhadi, directeur exécutif de Shams, association tunisienne défendant les homosexuels, a remporté le « Galas LGBT Award 2017 ».
Le prix lui a été décerné, ce samedi 21 octobre 2017, à l’occasion de la 8e édition des Galas, à la Mansion House de Dublin (Irlande).
Ce prix récompense les personnes et organisations pour leurs contributions à la défense des droits de l’homme, notamment leur engagement à promouvoir l’égalité et l’acceptation sociale des LGBT, dans les pays qui pratiquent une discrimination à leur égard.
Interrogé sur cette récompense, le président de l’association Shams, Me Mounir Baatour, a fait part de sa fierté et rappelé qu’il s’agit du 2e prix que son association décroche cette année, après la Grande médaille de la ville de Paris, obtenue le 13 juin 2017, pour son action en faveur des droits des LGBT.
«Ceci est une preuve et une reconnaissance internationale importante que nous obtenons grâce au travail et à l’engagement des membres de l’association et ceux qui l’ont soutenue dans leur lutte pour les droits de l’homme, en Tunisie et dans la région Moyen Orient – Afrique du Nord (Mena)», a-t-il commenté.
La loi tunisienne interdit toujours l’homosexualité, assimilée par la loi tunisienne à la sodomie, qu’elle interdit et punit ceux qui la pratiquent à 3 ans de prison ferme en vertu de l’article 230 du code pénal.

Tunisie : fin des tests anaux sur les homosexuels

La Tunisie a annoncé devant le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies à Genève  la fin des tests anaux auxquels la police et justice soumettent les homosexuels, mais refuse de dépénaliser les relations entre hommes.
Ces tests humiliants sont censés « prouver » l’homosexualité des personnes qui y sont soumises.
Le Conseil de l’ordre national des médecins de Tunisie réclamait le consentement des accusés pour ces tests et l’association Shams se bat depuis le retour de la Tunisie à la démocratie pour qu’il y soit mis fin.
Le refus de se soumettre à ces tests humiliants est considéré comme une preuve de culpabilité et le suspect est écroué sur la base de l’article 230 du code pénal, qui interdit la sodomie.
Les Nations Unies classe ces examens comme des actes de torture
L’imam de la mosquée de Mnihla en Tunisie, arrêté le 11 septembre 2017 pour homosexualité a refusé de se soumettre au test anal et la justice l’a libéré.
Le jeune homme arrêté en même temps que l’imam pour les mêmes raisons et qui s’est présenté comme son petit ami a également été libéré.
Par contre n enseignant et un arbitre de football ont été récemment reconnus coupables d’homosexualité après avoir refusé de se prêter à ce test.

Tunisie : premier magazine LGBT pour « libérer la parole et créer un débat sociétal »

Le premier magazine LGBT a été lancé en Tunisie .
Shams Mag est « un média qui peut donner l’opportunité à la communauté LGBT en Tunisie de s’exprimer librement, sans avoir besoin d’être un membre de notre association. On souhaite que le magazine devienne un canal d’expression et de liberté de parole par la communauté LGBT tunisienne. »explique Mounir Baatour fondateur et président de l’association Shams à TETU
L’association a aussi réalisé le documentaire “Au pays de la démocratie naissante” qui retrace la vie des homosexuels en Tunisie.
“Le film contient différents témoignages à visage découvert de personnes LGBT, qui ont été victimes de poursuites judiciaires, d’agressions homophobes ou de rejet familial » a déclaré Bouhdid Belhadi, responsable de la communication externe et des relations publiques et internationales de Shams Mag.
En Tunisie, l’article 230 du Code pénal punit la “sodomie” et le “lesbianisme” de trois ans de prison.

Tunisie : L’Ordre des médecins tunisiens condamne le test anal

L’Ordre des médecins tunisiens à l’instar d’ONG tunisiennes et internationales fustige le recours au test anal pour vérifier les pratiques homosexuelles.
Ces derniers sont les premiers concernés par cette pratique puisque ce sont les médecins légistes, réquisitionnés par la justice, qui font subir ce test aux personnes arrêtées pour homosexualité.
L’Ordre des médecins, en tant que garant du respect de la déontologie médicale, condamne ainsi fermement tout examen médical non justifié et/ou touchant à la dignité et à l’intégrité physique ou mentale de la personne examinée.
Il considère la pratique d’un examen génital ou anal pour vérifier ou confirmer la nature des pratiques sexuelles d’une personne sans son consentement libre et éclairé, comme une atteinte à sa dignité et appelle les médecins réquisitionnés à informer les personnes qu’ils ont à examiner, de leur droit de refuser un tel examen.
«Le Conseil National de l’Ordre des Médecins tient à rappeler que tout médecin requis pour examiner une personne dans le cadre d’une expertise et notamment si elle est privée de liberté, doit respecter sa dignité et ce conformément à l’article 23 de la constitution et aux articles 7 et 74 du code de déontologie médicale (CDM).»
Si, lors d’un examen sur réquisition, le médecin agit comme auxiliaire de la justice, il donne, en son âme et conscience, un avis technique consultatif pour éclairer la justice. Et sans être un agent exécutant du pouvoir public ou un substitut au juge, le médecin devra à tout instant garder à l’esprit le respect de la loi et de ses devoirs déontologiques », lit-on dans le communiqué publié le 3 avril.
Si on salue majoritairement ce rappel, certains commentateurs notent toutefois une position tardive et lacunaire puisque le CNOM conditionne l’interdiction au recours au test anal par le consentement de la personne (ci-dessous):
«Les personnes arrêtées pour homosexualité sont généralement jeunes et vulnérables alors parler de leur consentement pour subir un test anal dans de pareilles affaires est un leurre. Ils ne peuvent donner un consentement en étant sous pression. Sachant que dans beaucoup d’affaires, les policiers ont assisté eux-mêmes au passage de cet examen», a affirmé Fadoua Braham, avocate, au HuffPost Tunisie, signalant le sentiment d’humiliation comparable à un viol, témoigné par certains de ses clients qui ont dû subir ce test.
«Le test anal est non seulement une pratique torturante mais aussi inefficace puisqu’il ne prouve rien comme en attestent de nombreux scientifiques comme c’est le cas dans le récent rapport de l’ordre international des médecins légistes en mai 2016».
Fadoua Braham exprime son souhait que le CNOM aille sur les pas de l’Ordre des médecins légistes au Liban qui a interdit en 2012, l’examen des tests anaux pour la vérification des pratiques homosexuelles.

Tunisie : Shams porte plainte contre une avocate

Association-ShamsHanan Khmiri, une avocate se présentant comme porte-parole de la section « Femmes » du parti Hizb El Tahrir a publié un statut Facebook où elle a appelé à jeter, Haythem, victime d’une agression homophobe, « de le plus haut bâtiment de la ville », le désignant de « criminel ».
Elle a mis en cause également l’existence légale de l’association Shams.
Cette dernière portera plainte contre l’avocate en question pour appel au meurtre, a affirmé l’avocate et le président de l’association, Mournir Baatour au HuffPost Tunisie.
Il est à noter que le jeune homme dont parle cette avocate s’appelle Haythem, âgé de seulement 21 ans. Il était l’un des six jeunes de Kairouan, arrêtés pour homosexualité. « Le jeune homme a été traité de tous les noms: « PD », « efféminé », pervers… par deux personnes qui l’ont reconnu. Il a essayé de prendre la fuite mais ses agresseurs l’ont rattrapé. Voulant appeler les policiers, le jeune homme a été poignardé, l’un des agresseurs l’a frappé avec une bouteille en verre sur le visage. La victime a été hospitalisée et va subir une opération à l’oeil. Quant à ses agresseurs, ils ont pris la fuite », avait rapporté au HuffPost Tunisie, Mounir Baatour.
La plainte de Shams se fondera sur les articles 50 et 51 du décret-loi 115 régissant la presse, a confié le représentant de Shams. Les deux articles en question punissent « ceux qui incitent directement une ou plusieurs personnes à commettre ce dont il s’agit, de ce qui peut être suivi d’un acte, soit par voie de discours, paroles ou menaces dans les lieux publics (…) ou par tout autre moyen d’information audiovisuelle ou électronique ».
L’article 51 dispose qu »est puni de l’emprisonnement d’un an à trois ans et d’une amende de mille à cinq mille dinars quiconque incite directement, par l’un des moyens indiqués à l’article 50 du présent décret-loi, à commettre un crime d’homicide, d’atteinte à l’intégrité physique de l’homme (…) ».
Le statut de la représentante de Hizb El Tahrir s’intègre par conséquent dans le cas de figure d’appel commettre un crime d’homicide via un support électronique, explique l’avocat de Shams.
« Cette plainte vise endiguer l’impunité des personnes qui profèrent ce genre de propos haineux et terroristes à l’égard de personnes homosexuelles qui souffrent par ailleurs dans un Etat qui les pénalisent, non pas parce qu’ils ont commis un crime mais pour leur orientation sexuelle, qui est de l’ordre de l’intime et ne devrait concerner qu’eux », a ajouté le président de Shams.