Inde: Les publicités pour les préservatifs sont interdites

L’Inde a interdit les publicités pour les préservatifs en journée à la télévision, citant des règles contre les contenus «vulgaires» et pour la protection des enfants.
Le ministère de l’information et de la diffusion a ordonné aux quelque 900 chaînes de télévision indiennes de ne pas passer de promotions commerciales pour ces contraceptifs entre 6h du matin et 22h, sous peine de sanctions.
«Il est par la présente conseillé à toutes les chaînes de télévision de ne pas télédiffuser des publicités pour les préservatifs qui sont pour une catégorie d’âge particulière et pourraient être indécentes vues par des enfants», indique l’injonction.
Les chaînes de télévision publiques et privées sont présentes dans 183 millions de foyers en Inde, selon des chiffres du Broadcast Audience Research Council. Le sexe est un sujet tabou en Inde, société profondément conservatrice et traditionnelle. Des publicités pour préservatifs ont plusieurs fois soulevé des polémiques.

AIDES interpelle la justice Européene sur les génériques du Truvada

Le laboratoire Gilead fait obstacle à l’arrivée des génériques du Truvada, un peu partout en Europe.
C’est notamment le cas en France où le laboratoire américain a fait valoir un certificat complémentaire de protection (CCP) pour prolonger son monopole visant ainsi à interdire la mise sur le marché de génériques du Truvada. En septembre 2017, Gilead a essuyé une défaite en justice devant le tribunal de grande instance de Paris qui n’a pas reconnu la validité de son CCP.
En Grande-Bretagne, la justice locale a saisi la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) sur la validité du CCP de Gilead. La CJUE n’a pas encore statué. AIDES a interpellé la justice européenne. L’association vient surtout de fournir des éléments juridiques dans une contribution adressée (le 8 décembre) à la CJUE avant que cette dernière ne rende son avis.
Depuis juillet 2017, l’ensemble des brevets sur le Truvada a expiré. Il est donc possible d’en faire des versions génériques. Reste que Gilead garde son monopole dans de nombreux pays européens en se prévalant d’un CCP (certificat complémentaire de protection) qui permet d’allonger la période d’exclusivité… et de maintenir son monopole. Or l’accès aux génériques est indispensable pour la mise sous traitement des personnes vivant avec le VIH et le déploiement de la PrEP à moindre coût et donc pour la préservation des finances publiques des systèmes de santé solidaires européens.
Dans de nombreux pays, la stratégie du laboratoire américain a conduit à des procédures judiciaires. En France, Le laboratoire Gilead a attaqué devant la justice en référé l’un des fabricants du générique du Truvada, le laboratoire Mylan. La décision a été défavorable à Gilead. Le Tribunal de grande instance de Paris a considéré que le CCP dont se prévalait Gilead était « vraisemblablement nul » et a condamné Gilead à verser 100 000 euros au génériqueur pour frais de justice. Les génériques sont toujours disponibles.
En France, la boîte est désormais disponible à 180 euros quand Gilead la commercialisait à plus de 400 euros. Il n’en demeure pas mois que dans de nombreux pays européens, ce CCP reste un obstacle pour l’accès aux génériques et freine donc l’accès à un traitement en curatif et le déploiement de la PrEP à un moindre coût, note AIDES dans un communiqué (8 décembre). Pour AIDES : « La prolongation de monopole dont profite Gilead dans de nombreux pays sur le Truvada n’est pas justifiée, les génériques doivent être disponibles partout en Europe ».
Plus sur https://www.seronet.info

5.000 personnes en France suivent le traitement préventif PrEP,

5.352 personnes ont initié une PrEP par Truvada (ou génériques) entre janvier 2016 et juillet 2017, selon l’ANSM, qui se base sur les chiffres de l’Assurance maladie. « 97,5% sont des hommes, âgés en moyenne de 38 ans », ajoute l’agence, selon laquelle « il est raisonnable de faire l’hypothèse que les hommes initiant la PrEP sont principalement des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ».
Ce chiffre représente « entre 300 et 400 nouveaux utilisateurs par mois », une « augmentation régulière, mais modérée », a indiqué l’ANSM dans un communiqué publié pour la Journée mondiale de lutte contre le sida.
« 49% résident en Ile-de-France, 10,5% dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et 9,9% dans la région PACA ». Ces trois régions représentent donc près de 70% des utilisateurs.
Le principe de la PrEP (« prophylaxie pré-exposition ») est simple : prendre des comprimés de Truvada (ou de ses génériques) tout en étant séronégatif, pour faire barrage au virus, alors que ce médicament combinant deux antirétroviraux était initialement destiné aux séropositifs.
La France a été le deuxième pays, après les Etats-Unis, à autoriser la PrEP, et le premier à la rembourser à 100%. Ce traitement vise en priorité les populations « à risques » (dont les hommes homosexuels ou les personnes prostituées), pour qui il est recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Ses effets sur l’épidémie ne se font pas encore sentir : en 2016, il y a eu 6.000 nouvelles contaminations en France, un nombre stable depuis dix ans.
La PrEP s’accompagne d’un suivi rigoureux. Les utilisateurs doivent se faire dépister tous les trois mois, y compris pour d’éventuelles autres infections sexuellement transmissibles (IST), dont la PrEP ne protège pas.
La PrEP « s’intègre dans une stratégie de prévention diversifiée » comprenant notamment « la promotion de l’usage du préservatif (et) le recours au dépistage régulier », souligne l’ANSM.

Emmanuel Macron: la bataille contre le sida n’est pas encore gagnée

Le Centre hospitalier Delafontaine de Saint-Denis a reçu ce vendredi 1er décembre Emmanuel et Brigitte Macron. Venu insister sur la sensibilisation et la prise de conscience autour de la maladie, le couple présidentiel en a profité pour rencontrer le personnel soignant et visiter les lieux. « Nous n’avons pas gagné la bataille contre le sida, a déclaré Emmanuel Macron selon les propos rapportés par le Huffington Post. Il faut donc se protéger, se faire dépister, se traiter et accepter, dans la société, ceux qui ont le VIH ».
Le président de la République a également voulu jouer le jeu, se prêtant lui-même à l’épreuve du dépistage. On peut ainsi le voir, sur un cliché posté sur son compte Twitter, retenir une légère grimace de douleur à cause de la piqûre. « Prévenir, dépister, continuer à soigner », légende Emmanuel Macron en bas de sa photo. Sur place, il précise sa pensée. « J’insiste : toutes celles et ceux qui ont un doute, un comportement sexuel à risques, un doute sur leur partenaire, doivent se faire dépister. C’est essentiel. »

Un anticancéreux pourrait être actif pour lutter contre le VIH

Traité par immunothérapie car il souffre d’un cancer du poumon, un quinquagénaire séropositif a connu une diminution notable du virus du sida dans son organisme. Un cas pour l’instant exceptionnel mais qui annonce un nouvel axe de recherche dans la recherche sur le VIH.
Porteur du VIH depuis 1995, un homme de 51 ans souffrant aussi d’un cancer du poumon diagnostiqué en 2005 et sous traitement par immunothérapie, a connu une diminution conséquente et durable du virus du sida d’après une lettre publiée dans la revue Annals of Oncology.
Dans d’autres cas similaires, l’action anti-VIH de ce médicament anticancéreux n’avait toutefois pas été constatée, rapporte Le Monde ce vendredi.
Au départ, le VIH s’attaque à certains globules blancs. Il s’établit dans des cellules qui constituent ses « réservoirs » où certaines molécules le bloquent mais où il demeure à l’état latent. L’une de ces molécules, identifiée comme « PD-1 », bloque également l’action des globules blancs contre le VIH. Lorsqu’une des cellules « réservoir » est réactivée, le blocage est levé. Le virus prolifère à nouveau et se propage.
Les scientifiques ont eu l’idée d’utiliser des médicaments « anti-PD-1 » puis de provoquer le réveil du VIH afin que le système immunitaire l’élimine. C’est cette stratégie, baptisée « choquer et tuer », qui a eu pour effet une diminution notable du nombre de copies du virus chez le quinquagénaire.
Un résultat encourageant donc mais que les spécialistes examinent avec prudence. Laurence Weiss, chef du service d’immunologie clinique à hôpital européen Georges-Pompidou conclut ainsi dans Le Monde : « Lors de la conférence sur le sida à Paris, en juillet, il y a eu trois présentations où cette stratégie avait échoué. Les anti-PD-1 seuls ne sont pas une solution ».

Suisse : les homosexuels continueront d’être soumis à des restrictions pour le don de sang

Le Parlement Suisse a rejeté une proposition visant à accorder aux homosexuels le droit inconditionnel de donner du sang .
Le Sénat a annulé mercredi une décision antérieure de la Chambre des représentants, appelant le gouvernement à lever les restrictions pour les hommes gays.
Les opposants ont soutenu que la législation actuelle, entrée en vigueur en juillet de cette année, assortie de restrictions sur l’utilisation de sang par des hommes homosexuels sexuellement actifs, n’était pas discriminatoire et voulait assurer la sécurité des receveurs de sang.
La proposition du parti conservateur de centre-droit démocrate voulait supprimer un règlement exigeant que les donneurs homosexuels aient été sexuellement abstinents pendant 12 mois avant de donner leur sang.
S’adressant au sénat, le ministre de l’Intérieur Alain Berset, en charge des questions de santé, s’est prononcé contre la proposition, affirmant que les règles actuelles pourraient être assouplies sans amendement légal.
Les partisans d’une politique de don inconditionnelle soutiennent qu’il pourrait aider à soulager une pénurie de dons de sang.

Sida: 25.000 personnes ignorent être séropositives en France

Vingt-cinq mille personnes en France ignorent qu’elles sont séropositives, c’est pourquoi le ministère de la Santé lance une nouvelle campagne en faveur du dépistage de l’infection par le virus du sida (VIH) à l’occasion de la journée mondiale du 1er décembre consacrée à cette maladie.
Cette campagne, promue par le ministère et l’agence sanitaire Santé publique France, vise à mieux faire connaître les différents modes de dépistage disponibles à l’aide de quatre visuels « les modes de dépistage du VIH s’adaptent à votre vie » mentionnant le site sida-info-service.
Ces affiches énumèrent les quatre possibilités : « chez moi »(autotest), « résultat en 20 minutes » (test rapide « TROD »), accompagné (« CeGIDD », centre de dépistage gratuit et anonyme), ou « remboursé » et « dans mon quartier » (test en labo).
La campagne se décline sur le digital (30 novembre au 20 décembre) et en affichage publicitaire (30 novembre au 17 décembre), visible du grand public et des publics les plus exposés (les migrants d’Afrique subsaharienne avec une 5e affiche dans les lieux communautaires et fréquentés par les homosexuels).
Chaque année en France, environ 6.000 personnes découvrent leur séropositivité au VIH, dont plus d’un quart (27%) à un stade avancé de l’infection.
En outre, selon Santé publique France, on estime à 25.000 le nombre de personnes qui ignorent leur séropositivité : environ 40% sont des homosexuels (HSH), 40% des migrants des deux sexes hétérosexuels, principalement d’Afrique subsaharienne, et 20% des hétérosexuels des deux sexes nés en France.
Le nombre de découvertes de séropositivités a diminué de 5% par rapport à 2013 mais reste stable chez les HSH (2.600 en 2016). Les homosexuels et les hétérosexuels nés à l’étranger (dont les 3/4 sont nés en Afrique subsaharienne) restent les deux groupes les plus touchés et représentent respectivement 44% et 39% des diagnostics en 2016.
Les hétérosexuels nés en France et les usagers de drogues injectables représentent respectivement 15% et 1%.

Les cas d’hépatite A augmentent chez les hommes gays et bisexuels à Los Angeles

Selon des responsables de la santé, de nouveaux cas d’hépatite A, la maladie hépatique hautement contagieuse, sont en hausse chez les hommes homosexuels et bisexuels du comté de Los Angeles.
L’épidémie aurait déjà fait 20 morts et touchée plus de 600 personnes, principalement chez les sans-abri. L’épidémie qui a commencé à San Diego , a été signalée en septembre.
Le Los Angeles Times a rapporté que 15 cas ont été signalés parmi les personnes sans domicile fixe ou utilisant des drogues récréatives depuis le début de l’épidémie. Mais les responsables affirment qu’une épidémie non liée d’hépatite A, affectant la communauté LGBT, a rendu malade 14 hommes gays ou bisexuels cette année, contre neuf l’année dernière et un l’année précédente.
Le réseau d’alerte sanitaire du comté de Los Angeles a conseillé aux fournisseurs de soins médicaux d’offrir des vaccins contre l’hépatite A aux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, car c’est la meilleure méthode pour prévenir l’infection.
Les pharmaciens ont également été invités à offrir le vaccin aux sans-abri.
L’hépatite A se transmet principalement par la nourriture ou l’eau qui a été contaminée par des excréments ou par contact sexuel.

Sida: des chercheurs développent un antiviral capable de bloquer le VIH

Trois groupes de huit singes ont servi de cobayes aux chercheurs. Les deux premiers groupes ont été traité avec de simples anticorps et le troisième avec le triple anticorps qui vient d’être créé. Cinq jours après, les 24 singes ont été exposés à deux souches du virus simien du sida et à une combinaison de VIH. La majorité des animaux dans les deux premiers groupes, cinq et six sur huit respectivement, ont été infectés. Mais dans le troisième, il n’y en a aucun.
Cet antiviral a été développé par des chercheurs du groupe pharmaceutique français Sanofi et des Instituts nationaux américains de la santé (NIH). Il est présenté comme extrêmement prometteur pour la prévention et le traitement du virus du sida, après avoir protégé le groupe de singe du virus simien du sida (VIS) et des souches du virus de l’immunodéficience humaine (VIH).
La grande diversité génétique des VIH de par le monde constitue la principale difficulté pour produire des anticorps capables de combattre efficacement la pandémie actuelle. Testé sur des cellules humaines en laboratoire, ces nouveaux anticorps ont été produits grâce à l’ingénierie génétique pour détecter et neutraliser plusieurs cibles infectieuses simultanément.
Sanofi produit actuellement ce triple anticorps pour mener un essai clinique de phase 1 qui devrait débuter en 2018 à l’Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID). Il sera effectué sur des volontaires en bonne santé et des personnes infectées par le VIH. Il devrait ainsi permettre de déterminer l’innocuité et l’efficacité de cette nouvelle molécule.

Le transsexualisme ne devrait plus être un trouble mental dans la version 2018 de la Classification internationale des maladies de l’OMS.

Le transsexualisme devrait être requalifié en «incongruence de genre» dans la version 2018 de la Classification internationale des maladies de l’OMS. Le fétichisme ou le transvestisme pourraient quant à eux en être retirés.
Le transsexualisme figure toujours en bonne place sur la liste officielle des maladies psychiatriques, tout comme les «perversions» sexuelles, sous le nom moins connoté de troubles paraphiliques.
La société, pourtant, a évolué sur les questions touchant aux comportements sexuels et au genre. De sorte que la révision de l’une des principales classifications utilisées par les professionnels de santé à travers la planète, annoncée pour 2018, pourrait bien aboutir à une tout autre conception de ces particularités.
L’homosexualité n’est plus considérée comme un trouble mental –depuis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) l’a rayé de sa liste en 1990
L’instance faisant autorité en médecine à l’échelle de la planète continue néanmoins à ranger le fait d’être né homme et de se considérer comme femme, ou bien l’inverse, dans cette catégorie. Mais la réflexion pour l’en retirer est aujourd’hui très avancée.
La onzième révision de la classification de l’OMS, la CIM (CIM-11), est en cours d’écriture depuis… près de dix ans! Elle devra être approuvée par l’Assemblée mondiale de la Santé en mai 2018, à Genève (Suisse). Et prévoit pour la première fois un chapitre consacré aux «problèmes relatifs à la santé sexuelle». Son introduction est notamment défendue par l’Association mondiale pour la santé sexuelle (en anglais, WAS), qui regroupe des milliers de sexologues de différents pays, y compris la France.
L’un des enjeux de ce nouveau chapitre est de retirer certains diagnostics liés à la sexualité et au genre du chapitre consacré aux troubles mentaux. Avec l’objectif d’éviter de stigmatiser davantage des populations qui le sont déjà –tels les transgenres, en adéquation avec la mission de défense des droits humains menée par l’ONU.
Aux côtés de l’Association professionnelle mondiale pour la santé transgenre, l’Association mondiale pour la santé sexuelle milite pour que l’OMS inclut, dans le futur chapitre relatif à la santé sexuelle, le diagnostic «d’incongruence de genre».
Ce nouveau terme, à comprendre comme une dissonance de genre, est proposé dans une volonté de dé-stigmatisation. Il viendrait remplacer celui de troubles de l’identité sexuelle, actuellement répertorié dans la dixième révision de la CIM (CIM-10), approuvée en 1990. Ces troubles, dont le transsexualisme fait partie, sont aujourd’hui classés parmi les troubles de la personnalité et du comportement.