Danemark :assouplissement des conditions de don de sang des hommes gays

Au Danemark, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes vont être autorisés à donner leur sang dans des conditions relativement souples par rapport à la plupart des pays occidentaux.
Le nouveau modèle entrera en vigueur l’année prochaine. Jusqu’à présent, il était interdit aux hommes ayant des relations homosexuelles de donner leur sang.
À l’avenir, les hommes homosexuels devront garantir qu’ils n’ont pas eu de relations sexuelles au cours des quatre derniers mois.
La ministre a précisé au quotidien « Politiken » que cette période de réserve serait tout bonnement abandonnée pour les hommes ayant un partenaire permanent et exclusif.
« Si vous vivez dans une relation monogame, la banque de sang devrait pouvoir dire que la quarantaine de quatre mois n’est pas nécessaire car il n’y a pas de comportement sexuel à risque », a-t-elle déclaré.
L’interdiction totale avait entraîné une différence de traitement fondée sur l’orientation sexuelle que beaucoup considéraient comme une discrimination.
Des conditions d’abstinence sexuelle pour les hommes homosexuels existent déjà dans plusieurs pays. En Allemagne, aux États-Unis, en Suisse, aux Pays-Bas, en Belgique, en Norvège, en Suède et en France, elle est d’un an.

La justice de l’UE ouvre la voie aux génériques du Truvada

Une décision de justice européenne a ouvert la voie à l’autorisation dans toute l’Europe des génériques du Truvada, médicament utilisé par les séropositifs et en prévention contre le virus VIH, à la satisfaction des associations de lutte contre le sida.
Le Truvada, du laboratoire américain Gilead, est l’un des médicaments les plus utilisés pour traiter les séropositifs. C’est aussi le seul autorisé en Europe dans un but préventif pour les séronégatifs (dans le cadre d’un dispositif appelé Prep, pour « prophylaxie pré-exposition », visant à éviter de contracter le virus VIH).
Les brevets européens sur ce médicament ont expiré le 25 juillet 2017, permettant en théorie l’arrivée de génériques. Mais dans certains pays d’Europe, Gilead continue d’exercer un monopole en vertu d’un « certificat complémentaire de protection » (CCP), mécanisme permettant d’allonger la période d’exclusivité d’un médicament.
Au Royaume-Uni, la validité de ce CCP a été attaquée en justice par quatre laboratoires concurrents (Teva, Accord Healthcare, Lupin et Mylan). La justice britannique a demandé à la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) de se prononcer, ce qu’elle a fait dans un arrêt rendu mercredi.
Cet arrêt s’appuie sur une subtilité juridique liée au brevet du Truvada. Ce médicament combine deux antirétroviraux, le ténofovir disoproxil (TD) et l’emtricitabine. Or, seul le premier est explicitement mentionné dans le brevet de base. Le juge européen a estimé que les conditions d’un CCP n’étaient pas remplies car la combinaison des deux principes actifs n’était pas explicitement mentionnée dans le brevet.
C’est sur le même raisonnement que s’était déjà appuyée la justice française en septembre. Elle avait rejeté une demande de Gilead, qui voulait faire interdire la commercialisation du générique du Truvada lancée en France par le laboratoire Mylan.
Depuis, cinq génériques sont disponibles sur le marché français, avec comme conséquence une importante baisse des prix (environ 160 euros la boîte contre plus de 400 pour le Truvada quand il avait le monopole). « En France, ce sont plus de 760 millions d’euros que l’utilisation des génériques du Truvada aura permis d’économiser », a fait valoir l’association Aides. « Au niveau européen, cette décision de la CJUE se chiffrera en milliards d’euros d’économie et devrait ouvrir la voie à la Prep partout en Europe, évitant ainsi des milliers de contaminations », selon elle.

la PrEP efficace à 100% au bout d’un an d’essai en région parisienne

Le traitement préventif anti-VIH (PrEP) a eu, en un an en région parisienne, une efficacité totale, avec zéro infection, ont indiqué mardi deux autorités sanitaires.
La prophylaxie pré-exposition, qui consiste à prendre le médicament Truvada (laboratoire Gilead) ou ses génériques, est destinée à des personnes risquant d’attraper le virus.
L’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS) et l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) suivent 1.435 volontaires « recrutés entre le 3 mai 2017 et le 1er mai 2018 ».
« À ce jour, il n’a été observé aucun cas d’infection par le VIH », ont écrit ces institutions dans un communiqué, au moment de présenter ces résultats préliminaires devant la Conférence internationale sur le sida d’Amsterdam.
Autre résultat encourageant: « il n’y a eu, à ce jour, aucun arrêt de l’étude pour des raisons liées à des effets indésirables du traitement ». Cette étude vient confirmer que le médicament est très bien toléré.
Le Truvada est un simple comprimé à prendre au choix tous les jours (ce que font 44% des volontaires de cette étude) ou en prévision d’une activité sexuelle (53% des volontaires). Cette utilisation préventive n’est pas sa première indication: initialement, ce médicament combinant deux antirétroviraux était destiné aux séropositifs.
Il bénéficie en France d’une recommandation temporaire d’utilisation pour son usage préventif.
Le groupe des volontaires est composé « pour le moment essentiellement d’hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes », ont souligné l’ANRS et l’AP-HP.
Les chercheurs souhaiteraient « recruter également des volontaires issus d’autres populations comme les personnes transgenres et les hommes et femmes hétérosexuels à haut risque d’infection par le VIH », a expliqué l’un d’eux, Jean-Michel Molina (hôpital Saint-Louis de Paris).
L’association de prévention contre le sida AIDES soutient l’étude en région parisienne.

Les infections sexuellement transmissibles ont triplé en 4 ans

Les diagnostics d’infections sexuellement transmissibles dues aux bactéries chlamydia et gonocoque ont triplé  entre 2012 et 2016 selon les chiffres dévoilés pa les autorités sanitaires française.
En 2016, le nombre de personnes diagnostiquées pour une infection à chlamydia a été estimé à 267.097 (491 pour 100.000 habitants de 15 ans et plus), selon des chiffres dévoilés par l’agence sanitaire Santé publique France.
En 2012, il était de 76.918, soit plus de trois fois moins. Pour les infections à gonocoque, le nombre de diagnostics était de 15.067 en 2012 et de 49.628 en 2016 (91 pour 100.000 habitants de 15 ans et plus).
« Le poids très important des infections à chlamydia et à gonocoque mis en évidence par cette enquête souligne l’importance de l’utilisation du préservatif et du dépistage régulier en cas de rapports sexuels non protégés », conclut l’agence sanitaire, qui lance une campagne de sensibilisation sur OnSexprime.fr.
Tous ces chiffres sont sans doute en deçà de la réalité, a prévenu Santé publique France dans un communiqué. Ils « ne prennent pas en compte les personnes n’ayant pas consulté, notamment en raison de l’absence de symptômes, ou n’ayant pas fait l’objet d’un prélèvement biologique ».
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette flambée, a souligné Santé publique France : la sous-estimation des cas diagnostiqués en 2012, l’amélioration du dépistage mais aussi l’augmentation des cas eux-mêmes.
Très contagieuses, ces infections peuvent entraîner des complications: douleurs chroniques, stérilité, fragilisation des muqueuses et augmentation du risque de contamination par le VIH, transmission mère-enfant…
Les infections à chlamydia, qui peuvent passer inaperçues, touchent surtout les femmes de 15-24 ans (2.271 cas sur 100.000 habitants). C’est l’Île-de-France qui présente le taux de diagnostics le plus élevé (1.481 pour 100.000 habitants, contre 258 dans le reste de la métropole). Les infections à gonocoque, elles, touchent davantage les hommes que les femmes (131/100.000 contre 55/100.000), sauf outre-mer. Les 15-24 ans sont là encore les plus concernés.

La société Biosynex lance un autotest de dépistage du VIH, 3 fois moins cher que ses concurrents

La société Biosynex, installée à Illkirch, près de Strasbourg, démarre début juillet la commercialisation d’un autotest de dépistage du VIH. Il en existe déjà mais la spécificité de celui-ci est son prix : 10 euros. Un tarif deux à trois fois moins cher que ceux pratiqués par ses concurrents selon France Bleuqui donne l’information.

L’autotest VIH Exacto permet de s’affranchir du cabinet médical ou du laboratoire qui peut parfois représenter un frein pour les personnes qui souhaitent se faire dépister.

Or si les traitements permettent de vivre quasi-normalement avec le sida, 25.000 personnes ignorent aujourd’hui en France qu’elles sont porteuses du virus, ce qui représente 6.000 nouvelles contaminations en France, d’où l’importance du dépistage.

Aides lance la 1ère campagne sur le traitement préventif contre le VIH

Aides lance une nouvelle campagne de prévention. Et cette campagne nationale d’information est la toute première en France à faire la promotion de la PrEP, le traitement préventif cintre le VIH encore trop peu connu.
Actuellement, 7.000 personnes bénéficient de la PrEP dans notre pays, quasi-exclusivement des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.
« Prep 4 Love » – c’est son nom – est inspirée d’une campagne de la Chicago AIDS Foundation.
Son objectif est à la fois de mieux informer les populations directement concernées par la PrEP, tout en sensibilisant le grand public sur l’efficacité de ce nouvel outil de prévention avec une accroche simple et directe « Prep : un comprimé par jour vous protège du VIH « .
La Prep est un traitement préventif qui, lorsqu’il est bien suivi, offre une protection contre le VIH similaire à celle du préservatif. Il s’agit d’un outil complémentaire aux autres moyens de prévention déjà disponibles.
A travers trois visuels et trois vidéos en noir et blanc présentant un couple gay mais aussi deux couples hétérosexuels, réalisés par l’agence Yul Studio, « Prep 4 Love » met en scène trois couples incarnés par des militants et militantes de Aides et leurs proches.
La campagne sera diffusée tout l’été en affichage dans les grandes villes de France, mais aussi sur le web et les réseaux sociaux.

Indonésie : une hausse des cas de VIH due aux attaques homophobes

Les abus contre la communauté LGBT en Indonésie entraînent une hausse du nombre de séropositifs, dans la mesure où les populations à risque renoncent à la prévention ou aux traitements, indique l’ONG Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié lundi 2 juillet.
Pour  l’ONG Human Rights Watch (HRW) dans son rapport sur la communauté LGBT, intitulé « Effrayés en public, et maintenant plus de vie privée », les personnes LBGT ont peur d’accéder à des services de prévention et de soins.
Une situation désastreuse qui a engendré une multiplication par cinq du nombre de cas de VIH parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Ils étaient ainsi 5% à être touchés en 2007, contre 25% actuellement, observe HRW, ajoutant que ceux-ci représentent un tiers des nouvelles infections recensées en Indonésie.
Ces craintes des personnes LGBT sont notamment dues aux attaques de conservateurs et de groupes islamistes partisans d’une ligne dure, qui s’en prennent de plus en plus à elles ces dernières années, tandis que des parlementaires prônent l’interdiction des relations homosexuelles dans le pays musulman le plus peuplé au monde.
« L’échec du gouvernement indonésien à réagir à la panique morale provoquée par la rhétorique anti-LGBT a des conséquences désastreuses pour la santé publique », déplore Kyle Knight, auteur du rapport de l’ONG. « Le gouvernement indonésien devrait reconnaître que son rôle dans les abus contre la communauté LGBT compromet considérablement la réponse du pays face au VIH », ajoute-t-il.

USA: Retour en force des MST en Californie

D’après les statistiques pour 2017, les maladies sexuellement transmissibles ont augmenté de 45% en cinq ans en Californie, l’État le plus peuplé du pays.
Les gonorrhées, les chlamydias et la syphilis font un retour très inquiétant en particulier chez les hommes homosexuels, ces trois maladies sexuellement transmissibles y représentent plus de 300 000 cas conjointement, soit une envolée de 45% en cinq ans.
La communauté gay n’est pas la seule concernée, explique Michael Weinstein, de l’association anti-sida AHF. Déjà 30 bébés sont mort-nés à cause de la syphilis congénitale (SG), sur 300 cas signalés.
« La syphilis congénitale avait pratiquement disparu des États-Unis », explique Jeffrey Klausner, professeur de médecine de l’Université de Los Angeles.
« Le fait que la syphilis congénitale revienne en force aux États-Unis et en Californie est un rappel honteux que nos programmes de santé publique sont inadéquats. La mort de ces bébés était « 100% évitable ».
Il met en cause un système plus réactif que préventif, le manque de campagnes de prévention et d’éducation dans une société très morale où parler de sexe est encore tabou. Pour faire reculer ces virus, « nous devons éduquer, faire de la prévention, diagnostiquer, traiter, contacter les partenaires, mais nous ne le faisons pas comme il faut », déplore-t-il.
La crise économique de 2008 – quand le nombre des MST n’était pas alarmant – s’est accompagnée de la fermeture de nombreuses cliniques en raison de coupes dans les budgets publics, combinée à une hausse de la pauvreté aux États-Unis, de la consommation de drogue, ou de grossesses non suivies médicalement, des facteurs qui augmentent le risque.
Aujourd’hui, la crise est révolue mais le budget de lutte contre les MST en Californie – qui se targue d’être la sixième économie mondiale – n’est que de 20 millions de dollars en incluant des fonds fédéraux.
La majeure partie des patients ont moins de 25 ans et les cas de gonorrhée et syphilis – toujours plus difficiles à traiter à cause de la résistance aux antibiotiques – sont plus fréquents chez les hommes homosexuels.

Hépatite B : les hommes homosexuels encore trop peu nombreux à être vaccinés

Une étude publiée par Santé publique France et conduite en 2015 révèle que la couverture vaccinale contre l’hépatite B demeure insuffisante chez les hommes homosexuels.
Quand bien même moins d’1% de la population française (0,65% selon les chiffres de l’INPES du 3 janvier 2018) est touchée par une hépatite B, il convient de souligner que cela représente malgré tout un peu moins de 300.000 personnes atteintes par la maladie. Soit un chiffre conséquent.
Mardi s’est tenue la Journée Nationale de lutte contre les Hépatites Virales. À cette occasion, le bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France concerne cette semaine la couverture vaccinale (CV) contre l’hépatite B chez les hommes homosexuels. Et l’étude ainsi publiée de révéler que les membres de cette communauté reste encore trop nombreux à ne pas être protégés.
Journée Nationale de lutte contre les Hépatites Virales : une étude sur l’hépatite B
Cette étude a été conduite de septembre à décembre 2015 auprès de 2.645 hommes fréquentant des “lieux de convivialité gay”, soient des bars, des clubs, des saunas et des backrooms gays, et ce dans cinq grandes villes de France que sont Paris, Lyon, Lille, Nice et Montpellier. L’âge moyen de ces sujets était de 41 ans et l’on estimait à 14% le pourcentage de participants vivant avec le virus du sida.
Après avoir invité ces volontaires à remplir un questionnaire et à se soumettre à un prélèvement sanguin, les chercheurs ont découvert que 18 de ces hommes portaient le virus de l’hépatite B (VHB). Là aussi, la proportion tombe sous le pourcent.
Il est également apparu que seuls 63% des participants étaient vaccinés. Une couverture vaccinale ainsi jugée “insuffisante”. Les signataires de cette enquête appellent par conséquent à œuvrer pour sensiblement augmenter le taux d’hommes homosexuels protégés :
“Ces résultats incitent […] à augmenter la CV contre l’hépatite B des HSH  non immunisés vis-à-vis du VHB, notamment ceux infectés par le VIH  et/ou ayant des partenaires multiples, et à poursuivre les messages et actions préventifs auprès de cette population.”

VIH : Des chiffres en constante augmentation

Aujourd’hui, on estime que plus d’un million de personnes européennes vivent avec le VIH. Une épidémie inquiétante, qui continue de progresser, malgré les nombreuses campagnes de prévention. Actuellement, sur 100 000 habitants, 7,7 personnes sont touchées.
En 2016, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (ou OMS), 57 000 nouveaux cas ont été diagnostiqués en Europe. On estime que près de 1 150 0000 personnes souffrent du VIH sur le vieux continent. La Russie n’est pas comprise dans le calcul. 80 % des nouveaux cas de VIH ont été diagnostiqués en Europe orientale.
Du côté de l’Europe orientale, le VIH se répand principalement au sein des relations non protégées hétérosexuelles en lien avec l’infidélité ou la non-stabilité. Sur l’Europe de l’Ouest, la transmission augmente chez les hommes ayant des relations avec d’autres hommes. Par ailleurs, l’utilisation de seringues souillées, dans le milieu toxicomane, représente un tiers des nouvelles infections.
Selon Andrea Ammon, directrice du centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) le délai de dépistage (le moment où on contracte la maladie et le moment où elle est détectée) est en moyenne de 3 ans, ce qui est beaucoup trop long. En effet, en Europe de l’Est, il semblerait qu’un tiers des personnes contaminées ne connaissent pas leur statut VIH.
D’un point de vue global au niveau européen, sur 150 000 personnes infectées, 25 000 ignorent qu’elles ont contracté le VIH. C’est l’une des raisons pour laquelle le virus du SIDA continu de se répandre en Europe. Il semblerait que le public homosexuel masculin soit actuellement le plus touché.