L’ouverture d’un showroom anti-PMA d’Alliance Vita

L’association anti-avortement et anti-LGBT Alliance Vita, fondée en 1993 par Christine Boutin, a ouvert un « showroom clandestin » Passage Choiseul, dans le IIème arrondissement de Paris, pour dénoncer l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et la gestation pour autrui (GPA).

Sur leur site on peut lire :  « Comme l’ont expliqué successivement Tugdual Derville, délégué général, Caroline Roux, coordinatrice de ses services d’écoute et directrice de VITA international, Blanche Streb, directrice de la formation et de la recherche, cette initiative vise à prévenir le basculement de notre société dans ce marché qui fait de l’être humain « un produit, une marchandise qu’on fabrique sur commande, qu’on sélectionne et qu’on trie, qu’on achète et qu’on jette ».
La prétendue « PMA pour toutes » dont la France débat cette année vise à abandonner le critère d’infertilité médicale pour accéder aux techniques de procréation artificielles. Alliance VITA démontre qu’il s’agit-là d’un basculement vers un nouveau paradigme procréatif – le droit à l’enfant fabriqué par PMA – qui aurait des conséquences abyssales pour la dignité humaine en général et les êtres humains les plus fragiles en particulier.
Ses représentants y ont organisé une conférence de presse pour mobiliser contre l’ouverture de la PMA, actuellement en discussion dans le cadre de la révision des lois bioéthiques.»

Le maire de l’arrondissement, Jacques Boutault, dénonce une « opération de communication dégradante et irrespectueuse pour les familles dans toute leur diversité ». « Elle reflète une tendance inquiétante à la régression sur ces sujets de société comme le droit à l’avortement menacé en Pologne, après l’avoir été en Espagne, il y a deux ans ».
D’autres élus du IIème arrondissement *, parmi lesquels Catherine Michaud, la présidente de Gaylib se sont joints au maire pour condamner ce showroom. « Nous, élu.e.s du 2e arrondissement de Paris condamnons l’installation du showroom clandestin d’Alliance Vita dans notre arrondissement, passage Choiseul. Nous tenons à rappeler notre attachement au respect de toutes les familles dans leur diversité. », écrivent les élu.e.s.
« Face à cette officine catholique ultra conservatrice, opposée à l’IVG, aux droits et Libertés des personnes LGBT et des familles homoparentales, nous réaffirmons notre vision laïque et républicaine de notre société. La République ne saurait se soumettre aux dogmes religieux. », poursuivent-ils.
En se disant favorables à l’ouverture la PMA à la retranscription intégrale à l’état civil français de la filiation des enfants issus de GPA établies légalement à l’étranger, ils concluent: « Notre rôle d’élu.e.s de la République n’est pas de juger, mais d’accompagner et encadrer les évolutions de notre société pour protéger tous nos concitoyens sans discrimination. »

François Hollande regrette de ne pas avoir légalisé la PMA pour les couples de femmes

Dans un livre intitulé Les leçons du pouvoir (Stock), qui vient de paraître, François Hollande revient sur ces cinq années à la présidence de la République.
Il évoque son regret de ne pas avoir fait voter la PMA. Il explique ne pas l’avoir inclus dans son programme — même s’il rappelle s’être prononcé en sa faveur dans un entretien à Têtu, car il « pressentait la dureté de la bataille qui allait s’engager pour le mariage et l’adoption ».
« A l’époque, l’adjonction de la PMA au projet, outre qu’elle requérait l’avis du Comité Consultatif National d’Ethique, obligeait à anticiper la révision des lois bioéthiques. Son ajout à la loi aurait alimenté la propagande des opposants au mariage pour tous, qui auraient utilisé l’argument de l’ »engrenage fatal », qui va de la reconnaissance des droits des homosexuels à la Procréation médicalement assistée et à la gestation pour autrui, laquelle pose des problèmes éthiques autrement plus délicats, avec la « marchandisation des corps », que je refuse. J’ai préféré d’abord gagner la bataille du mariage et de l’adoption pour tous, avant d’aller plus loin» explique t’il .
« Je m’en suis néanmoins voulu d’avoir manqué d’audace », admet il « Les femmes homosexuelles qui veulent enfanter sont encore soumises à un parcours d’obstacles injustifié, doublé d’une injustice sociale puisque seules les plus favorisées peuvent en bénéficier à l’étranger. »
Il conclut: « Il s’agit là de l’amour filial. Comment peut-on encore se mettre en travers de cette évolution? » La réponse à cette dernière question se trouve dans les quatre dernières années de son quinquennat.

La ministre Jacqueline Gourault embarrassée par l’ouverture de la PMA

Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, a dû botter en touche, lorsqu’un journaliste lui a demandé sa position sur l’ouverture de la PMA aux femmes célibataires et aux couples de lesbiennes. La raison est simple : elle s’était fermement opposée au mariage pour tous et à la PMA .
Interrogée dimanche sur France 3, la ministre a affiché un cafouillage sur la question de la procréation médicalement assistée
« Excusez-moi, j’ai pas bien compris votre question », a-t-elle d’abord balbutié, ne semblant pas comprendre le sigle PMA dans un premier temps.
Une fois la question explicitée, Jacqueline Gourault s’est alors contentée de déclarer: « C’est une question éthique, personnelle, [à laquelle] j’apporterai ma réponse quand le sujet viendra ».
Relancée par son interviewer, elle a refusé d’en dire davantage. « Je mettrai tout ce que je crois dans la discussion », a-t-elle seulement ajouté.
Sur son blog en 2013, relève Marianne, celle qui était alors sénatrice Modem du Loir-et-Cher affirmait sa nette opposition à la PMA. Son ouverture, écrivait-elle, « entraînerait indéniablement, au nom de l’égalité entre les couples de femmes et les couples d’hommes, la légalisation de la gestation pour autrui (GPA) ». Or, la GPA, selon la ministre, « provoquerait des risques de dérives mercantiles qui s’opposent totalement à la liberté de la femme et à la notion de famille telle que je le conçois ».
Comme le rappelle Le Figaro, Jacqueline Gourault s’était également opposée en 2013 au mariage pour tous, appelant plutôt à faire évoluer le Pacs « vers une nouvelle forme d’union civile ».

SOS homophobie interpelle le gouvernement sur la question de la filiation

Alors qu’un sondage BVA pour L’Obs révèle que 6 Français sur 10 se déclarent favorables à l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes, SOS homophobie se réjouit de « constater les changements de mentalité des Françaises et des Français ».
« À l’heure où se tiennent partout en France les Etats généraux de la bioéthique, SOS homophobie appelle le Gouvernement à mettre en oeuvre les promesses de campagne du Président de la République et de la majorité et rappelle que l’ouverture de la PMA à toutes les femmes doit être assortie de la filiation automatique pour tous les couples ».
Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, l’ouverture de la PMA à toutes les femmes est actuellement discutée au sein des consultations des Etats généraux de bioéthique.
Les chiffres révélés par l’étude de BVA pour L’Obs viennent confirmer ceux de l’étude menée par l’Ifop pour La Croix au mois de janvier, et témoignent d’une transformation profonde des mentalités françaises.
Pour Joël Deumier, président de SOS homophobie : « Une large majorité des Français aujourd’hui se prononce pour l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. C’est une très bonne nouvelle qui montre que les mentalités évoluent dans le bon sens ! ».
Joël Deumier ajoute : « Il est primordial que la loi s’adapte aux réalités de la société. Selon l’INSEE, il existe à ce jour 200.000 couples homosexuels dont 20% sont mariés, parmi lesquels un grand nombre de femmes qui souhaitent fonder une famille mais sont obligés pour ce faire de vivre un véritable parcours du combattant psychologique, économique et sanitaire ».
L’étude menée par BVA pour L’Obs révèle par ailleurs que les Français et les Françaises sont convaincues de la capacité d’un couple homosexuel à élever un enfant dans de bonnes conditions : ils et elles sont 77% à se déclarer « tout à fait d’accord ».
Pour Joël Deumier, cet état de l’opinion doit encourager le gouvernement à mettre en oeuvre la filiation automatique pour tous les couples : « Les Françaises et les Français reconnaissent très largement que tous les couples peuvent élever correctement un enfant. Or actuellement pour les couples de femmes, seule la mère dite ‘biologique’ a automatiquement des droits sur l’enfant. La procédure d’adoption par la seconde mère est longue et coûteuse. En cas de décès, d’accident ou séparation, des enfants pourraient se retrouver privés de leur deuxième parent. Au-delà de donner l’accès à la PMA à toutes les femmes, il est également question de la filiation de l’enfant aux deux mères. Les règles doivent être les mêmes pour tou·te·s ».
(Source SOS homophobie)

Finlande : deux femmes pourront s’inscrire comme mères de leur enfant dès la naissance

Le Parlement finlandais a approuvé un projet de loi visant à permettre l’enregistrement de deux femmes en tant que mères d’un enfant dès la naissance.
La mesure mettra fin à l’insécurité juridique dans laquelle se trouvent ces familles. Jusqu’à l’entrée en vigueur de la réforme, la mère non enceinte doit entamer un processus d’adoption de l’enfant de sa partenaire pour être reconnue comme parent.
L’approbation de la loi est le résultat d’une initiative législative populaire.
L’amendement à la loi sur la maternité, approuvé par 122 voix contre 42, mettra fin à l’insécurité juridique des couples de femmes qui décident d’avoir des enfants par insémination artificielle. Le groupe des démocrates-chrétiens, avec cinq membres, était le seul à avoir voté «non» à l’ unanimité .
Dans la situation actuelle, la mère non enceinte n’est pas automatiquement reconnue comme parent, mais doit demander l’adoption de l’enfant de sa partenaire. Le temps entre la naissance et la conclusion de ce processus est donc une longue période d’incertitude juridique pour la famille, ce qui pourrait poser des problèmes en cas de séparation ou de maladie ou de décès d’un des parents. La mesure sera en vigueur d’ici un an, pour permettre la mise à jour de toutes les réglementations subsidiaires correspondantes.
Le projet de loi est le résultat d’une initiative législative populaire qui a recueilli 55 000 signatures, ( il faut au minimum de 50 000 signatures pour provoquer un débat parlementaire).
C’est la deuxième initiative pro LGBT: la première a obtenu l’ouverture du mariage pour les couples de même sexe en 2014. Les militants avaient recueilli les signatures nécessaires en un jour e
Cependant, l’égalité du mariage n’est pas entrée en vigueur avant le 1er mars 2017 . Avant il a dû surmonter le défi d’ une autre initiative populaire pour l’abroger , qui a été rejeté au Parlement finlandais par 120 voix contre 48 en février 2017.

People : Tom Daley et Lance Black vont avoir un enfant

Le plongeur olympique Tom Daley et le scénariste Dustin Lance Black ont annoncé qu’ils allaient avoir un bébé .
Ils ont partagé la nouvelle sur Instagram en publiant une photo d’eux-mêmes avec une échographie.
« HEUREUSE SAINT VALENTIN! », suivi d’un emoji de deux hommes et un enfant, a écrit Tom Daley.
Tom Daley et Lance Black se sont mariés en mai 2017 et ont récemment vendu leur appartement à Londres – sans doute pour acquérir une nouvelle maison familiale.
Dans une interview récente, Tom Daley avait laissé entendre que lui et Black avaient l’intention de fonder une famille.
« Ce n’est pas une question de ‘si’, juste ‘quand’, avait-il déclaré. J’ai toujours dit que je continuerai à plonger aussi longtemps que mon corps me le permettrait. Mais le bon côté d’être un athlète est de prendre sa retraite jeune et après vous avez toute votre vie devant vous. Une fois que j’aurai fini de plonger, il y a d’autres avenues que j’aimerais explorer. La famille a toujours été une chose importante », avait-il confié.
L’Américain Lance Black, pour sa part, a déclaré être tombé amoureux de la Grande-Bretagne à 43 ans et espérer y vivre et y fonder une famille.

PMA : La CEDH juge la plainte d’un couple de femmes contre un hôpital de Toulouse, irrecevable

La Cour européenne des droits de l’homme a rejeté une plainte pour discrimination d’un couple homosexuel. Les deux femmes mariées s’étaient vues refuser l’accès à la PMA par un hôpital de Toulouse en 2014.
Les juges européens ont rejeté leur plainte, estimant qu’elles n’avaient pas épuisé tous les recours du droit français.
Selon la CEDH, les deux femmes auraient d’abord dû saisir les juridictions administratives « d’un recours en annulation pour excès de pouvoir de la décision du CHU de Toulouse ». « Il n’y avait aucune chance que cela aboutisse », a répliqué l’avocate du couple Caroline Mecary. « La Cour a botté en touche ».
Le couple, marié depuis quatre ans, souhaite voir ce refus de l’hôpital reconnu comme une violation du droit au respect de la vie privée et familiale et au principe d’interdiction de la discrimination par les juges européens.
« Nous n’avons pas d’autre choix que de nous exiler pour fonder notre famille alors même qu’après l’accouchement, la loi française nous autorise à adopter notre propre enfant », a déclaré l’une des plaignantes. « Il est temps que la France sorte de cette hypocrisie ».
Le couple avait saisi la CEDH en 2015 pour « une discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ». L’hôpital n’avait pas répondu à leur demande d’information concernant une PMA avec insémination artificielle, justifiant que « la loi Bioéthique actuellement en vigueur en France n’autorise pas la prise en charge des couples homosexuels ».
Une loi qui devrait être revue par le Parlement à l’automne 2018. Sur Twitter, l’avocate des jeunes femmes Caroline Mecary a interpellé le président de la République. « Emmanuel Macron doit maintenant faire ce qu’il a promis : ouvrir la PMA à toutes les femmes », a-t-elle déclaré.

Croatie: Une maquette du livre «Familles arc-en-ciel» a été brûlée sur une plage

Une plainte a été déposée après que les organisateurs d’un carnaval en Croatie aient publiquement brûlé la réplique d’un livre pour enfants,«Familles arc-en-ciel», consacré à l’homoparentalité.
Cet acte est «une incitation publique à la violence», ont dénoncé diverses associations, qui ont porté plainte auprès du parquet national.
Membre du parti au pouvoir, le HDZ (droite), le maire de Kastela, Denis Ivanovic, a expliqué aux médias locaux que «la municipalité n’est jamais intervenue dans les décision des organisateurs».
La tradition du carnaval prévoit de brûler ce qui se rapporte au Mal, a expliqué l’élu, rejetant la responsabilité sur les organisateurs.
«On ne peut pas élever les enfants avec de tels exemples, quand la haine, l’exclusion, la mise à feu de livres, sont considérées comme des solutions», a dénoncé la ministre de l’Education Blazenka Divjak.
Cet ouvrage a été publié en janvier par l’association «Familles arc-en-ciel», qui réunit des personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuelles et trans) ayant ou souhaitant avoir des enfants.
Un groupe catholique, Vigilare, proche du clergé croate, a dénoncé le livre. Près de 90% des 4,2 millions de Croates se disent catholiques et le clergé y campe majoritairement sur des positions très conservatrices.

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Débat autour de la GPA

En réaction à la tribune du « Monde » du 16 janvier dernier favorable à la gestation pour autrui, plusieurs personnalités se prononcent contre cette technique.
Les signataires disent non à ce qui est pour eux plus qu’une technique mais une « pratique sociale qui consiste à louer la vie d’une femme, jour et nuit, pendant neuf mois » qui « fait partie d’un marché procréatif mondialisé en pleine expansion ».
Pour les signataires, la GPA inclut nécessairement « la vente du sperme et des ovocytes », des intérêts financiers pour « des agences de « mères porteuses », cliniques, médecins, et avocats ». Il en est de même pour l’enfant « dont la personne et la filiation maternelle sont cédées à ses commanditaires » puisqu’on convient à l’avance « du prix du « service » rendu par la mère et donc du prix de l’enfant à naître ».
La GPA revient, selon eux, à « falsifier la filiation maternelle de l’enfant en substituant une mère « intentionnelle » à sa mère de naissance » ». Ils insistent en effet sur le fait que « celle qui accouche est bien la mère biologique, même lorsque l’enfant n’hérite pas de ses gènes, car un embryon n’a aucune chance de devenir un enfant sans un corps féminin qui lui assure son lent développement biologique » avant de fustiger la GPA par « on ne fait pas un enfant seulement avec des gènes ».
Pour rappel, danstribune en faveur de la GPA publiée le 16 janvier dernier, les 101 signataires réclamaient notamment la « transcription intégrale à l’état civil français de la filiation de l’enfant établie légalement à l’étranger à l’égard de ses parents ». En effet, seule la filiation paternelle est reconnue en France, situation qu’ils considèrent comme « ingérable pour les enfants nés d’une GPA ». Pour les signataires de la nouvelle tribune contre la GPA, la situation n’a rien d’ingérable. Selon eux, l’état civil de l’enfant ne pose pas de problème particulier. Ces derniers ont des papiers, ceux « délivrés par les autres pays » et « si l’un de leurs parents est français, ils obtiennent un certificat de nationalité ».

Dans une tribune, 110 personnalités réclament une « réforme urgente » et « un débat de fond » sur la GPA

Dans une tribune publiée dans Le Monde le mardi 16 janvier 2018, 110 personnalités s’associent pour demander une « réforme urgente » des lois bioéthiques, alors que les états généraux de la bioéthique démarrent jeudi 18 janvier 2018.
« Les enfants nés par le recours à la GPA sont là. Ils ont des parents, hétérosexuels ou homosexuels. Ils sont des milliers, de plus en plus visibles, on ne peut plus les ignorer comme des fantômes et faire comme s’ils n’existaient pas », attaquent les 110 premiers signataires.
Alors que la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) condamne régulièrement la France à ce sujet, ils soulignent qu’il n’est plus possible de « continuer à bafouer leurs droits en les ignorant ». Ils demandent donc « la transcription intégrale à l’état civil français de la filiation de l’enfant établie légalement à l’étranger à l’égard de ses parents ». En effet, à l’heure actuelle, ceux qui deviennent parents grâce à une mère porteuse ne peuvent pas inscrire leur bébé à l’état civil, malgré quelques exceptions. A ce sujet, ils déclarent : « Pourquoi les adaptations juridiques tenant compte des condamnations de notre pays par le CEDH pour manquement aux droits de l’homme devraient-elles êtres apportées uniquement par les juges ? », soulignant ainsi l’importance de créer une loi.
Les auteurs tiennent à rappeler qu’il n’est pas simplement question d’enfants de parents homosexuels. Certains couples hétérosexuels choisissent en effet de faire appel à une mère porteuse quand ils rencontrent des problèmes d’infertilité. Là encore, les enfants ne sont pas reconnus par l’état civil: »La Cour de cassation a proposé une voie discriminante à l’égard des femmes qui ne peuvent porter un enfant puisqu’elle les efface purement et simplement de l’acte de naissance transcrit », il n’y a donc que la filiation paternelle qui est reconnue…
Les 110 auteurs de cette tribune sont pour la gestation pour autrui, mais dans un certain cadre. Ils évoquent en effet l’importance de « lutter efficacement et avec détermination contre les dérives de la GPA et les mafias qui en profitent, au-delà de la réforme urgente qu’appellent les droits fondamentaux des enfants à leur filiation ». « Nombreux sont ceux, en France, qui s’alarment à juste titre la marchandisation et de la réification dont peuvent être victimes des femmes pauvres dans certains pays, mais aussi des parents d’intention qui se font maltraiter et les enfants qui peuvent se retrouver dans des tourments dramatiques », insistent les signataires. C’est pour cela qu’ils demandent « une réforme urgente sur la transcription de la filiation, une implication de la France dans une convention internationale contre les atteintes aux droits des personnes, et un vrai débat de fond sur la GPA ». Selon eux, créer un texte à l’image de la convention de La Haye sur l’adoption internationale est seul moyen de lutter contre « ces situations odieuses » où « la dignité des femmes et la sécurité des enfants ne sont pas respectées ».
La tribune rappelle qu' »il existe dans de grandes démocraties des protocoles de GPA pensés et aménagés de façon parfaitement éthique, et donc les pratiques sont étayées par des études validées ». Les auteurs rappellent également que « aujourd’hui, la réalité des nombreux témoignages vient contredire les fantasmes brandis par certains » et que la filiation n’est pas qu’une question d’ADN partagé.