Tunisie : « Au-delà de l’ombre » Nadia Mezni Hafaiedh récompensé

Lors de la cérémonie de clôture du festival des Journées Cinématographiques de Carthage (JCC), samedi soir à Tunis, le jury présidé par le réalisateur Thierry Michel a créé la surprise en récompensant un plaidoyer en faveur du droit à l’homosexualité, malgré certains cris d’intolérance entendus quelques heures plus tôt dans la rue.
Lors de sa diffusion, cette semaine dans les salles tunisiennes à l’occasion de ces JCC, le documentaire a suscité des réactions diverses.
« Cinéma transgressif », titrait à la Une, samedi matin, le site d’information HuffPost Tunisie. « A priori le public est enthousiaste et veut apprécier ce moment cinématographique sur un sujet controversé en Tunisie. Après vingt minutes environ, on assiste à la sortie de dizaines de personnes de la salle, qui invectivent le film, sommant les autres, qui attendent toujours, de renoncer à le voir », rapporte ensuite l’auteur de l’article.
Le film nous fait découvrir la face cachée d’Amina Sboui (ex-femen) et de son quotidien. Ses amis de la communauté LGBT, qui hébergent chez elle, sont rejetés par leur famille ainsi que par la société.
À travers Amina, on plonge dans leurs histoires: Sandra (travesti), Ramy (gay), Ayoub (gay), Atef (gay et travesti). Beaucoup d’événements imprévus s’enchainent et tout est pris sur le vif …
Le documentaire est un portrait intimiste de personnes homosexuelles et de travesties. Ce qui les a uni, c’est leur amitié, des histoires d’amour mais aussi la peur de la police. Le tournage de ce documentaire a eu lieu en 2016 à Sidi Bousaïd.
Pour Thierry Michel, il est important de pouvoir valoriser une telle oeuvre. « La réalisatrice a osé créer ce documentaire, le comité de sélection du festival a osé le programmer et le jury a osé le récompenser », a commenté Thierry Michel, samedi soir à l’agence Belga.
« Ce Tanit de bronze honore l’audace du propos, libre, impertinent et à l’esthétique provocatrice, du film réalisé au coeur de l’intime d’un groupe de jeunes de la communauté LGBT. Nous saluons le festival d’avoir eu le courage de sélectionner cette oeuvre résolument engagée dans la lutte pour des libertés individuelles au sein de la société musulmane », a-t-il expliqué. « Outre l’appel aux réformes législatives, j’y vois aussi une révolution des mentalités. »

Josiane Balasko réadapte Nuit d’ivresse en version gay pour Jean-Luc Reichmann

Début 2018, Jean-Luc Reichmann sera de retour au théâtre dans une pièce écrite par Josiane Balasko. Il s’agit d’un remake gay de Nuit d’ivresse.
La pièce a été écrite par Josiane Balasko. L’actrice qui avait le rôle principal au côté de Thierry Lhermitte dans le film sorti en 1986.
Il avait été déjà adapté dans une pièce de théâtre. En 1985, Michel Blanc montait sur les planches pour présenter cette pièce sur la scène du Splendid Saint Martin. Plus de trente ans après, Josiane Balasko a réécrit la pièce version gay.
Jean-Luc Reichmann campera ainsi le rôle d’une star de la télévision ivre qui se réveille le lendemain au côté d’un homme qu’il ne connait pas. Jean-Luc Reichmann montera sur scène au côté de Thierry Lopez et Stéphane Boucher du 25 janvier au 4 mars sur la scène du théâtre de la Michodière, dans le IIe arrondissement de Paris. La pièce est mise en scène par la compagne de Jean-Luc Reichmann, Nathalie Lecoultre.

‘Epouse-moi mon’ pote taxé de film homophobe

La comédie de Tarek Boudali et Philippe Lacheau est accusée d’être homophobe. Et de fait, le film enchaîne les caricatures de l’homosexualité.
Résumons en quelques mots l’argument qui sert de trame au film. Yassine est marocain et pour remédier à son statut irrégulier il va se marier son meilleur ami, Fred.
A peine sorti mercredi 25 octobre au cinéma, « Epouse-moi mon pote »est est accusé de caricaturer l’homosexualité.
De nombreuses affiches du métro parisien ont été taguées « Homophobe » avant même la mise en salles. Pour Act Up-Sud Ouest aussi, cette comédie est un « Film certifié homophobe ».
Mais les critiques ont été plus argumentées dans les médias ou les réseaux sociaux.
Pour Didier Roth-Bettoni, auteur de « L’Homosexualité au cinéma », « on en revient toujours à la caricature de l’homosexuel efféminé et obsédé sexuel ». L’ancien rédacteur en chef d’Illico parle de « paresse intellectuelle et des clichés identiques à ceux d’il y a quarante ans » dans le journal 20 Minutes.
Sur BFMTV, le président de SOS Homophobie, Joël Deumier, a estimé que « les blagues qui sont faites tendent à surfer sur les stéréotypes qu’on a sur les homosexuels ». « On ramène par exemple beaucoup les situations au sexe. Il y a une réplique où on dit aux deux personnages, ‘ce soir vous allez sabrer le champagne’, et ils répondent ‘non on va plutôt sabrer des bites’. Il faut bien se rappeler qu’un des stéréotypes associés à l’homosexualité, c’est l’hyper-sexualisation. Et ça, ce n’est jamais associé à l’hétérosexualité », a-t-il expliqué.
Côte critique, relevons celle de L’Obs: « Sous ses atours progressistes et pacifiques, ‘Epouse-moi mon pote’ véhicule ainsi l’idée assez rance que l’homosexualité s’implante par la pratique (en jouant au gay, on peut le devenir !). (…- Reste une absence de marque : la position d’un gay qui s’assume depuis plus de cinq minutes, et qui permettrait au film de rire avec lui ».
Source e-llico

Saint Etienne : L’association Face à Face présente la 13e édition du festival LGBTI +

L’association Face à Face présente la 13e édition du festival LGBTI + (Lesbien Gay Bi Trans Intersexe et plus) qui se déroulera du 21 au 26 novembre à Saint-Étienne.
Le festival se déroulera du 21 au 26 novembre, soit sur deux jours de plus que l’an passé. À l’occasion de cette 13e édition, trois séances Off sont proposées pour annoncer les festivités à Saint-Galmier, Monistrol-sur-Loire et à Pélussin. Pour le reste, les films seront à découvrir au cinéma le Méliès.
Le festival débutera par une soirée autour de Seule sur terre , primé au festival de Sundance. « Ce film aborde à la fois le sujet de l’immigration et de l’acceptation de l’homosexualité dans la ruralité », explique Olivier Bachelard, le responsable de la programmation du festival.
Dans les temps forts, on retrouvera notamment, le jeudi 23 novembre, une soirée latine autour du film Une femme fantastique. Récompensé au festival de Berlin, ce long-métrage chilien présente la lutte d’un transsexuel dont l’amant décède et qui souhaite faire valoir ses droits
Le vendredi 24 novembre, le film Les garçons sauvages sera présenté en avant-première et sera suivi d’une rencontre avec notamment l’actrice Mathilde Warnier.
La soirée de clôture se fera en musique autour du documentaire sur la figure emblématique de la musique mexicaine de Chavela Vargas. «
Ce choix de film sur cette musicienne militante aimant les femmes met en avant l’esprit d’ouverture de cette édition. En plus de s’ouvrir sur le monde, l’équipe de Face à Face souhaite ouvrir le festival à un large public
Le président de l’association invite tous les publics à venir sur le festival en ironisant avec humour : « Venez sans crainte. J’ai regardé des films hétéros toute mon enfance et je ne suis pas devenu hétéro pour autant ! »
Site http://www.festivalfaceaface.fr

une pétition pour que Wonder Woman soit définie comme bisexuelle dans le film « Wonder Woman 2 »

L’héroïne DC Comics, incarnée par Gal Gadot au cinéma, est au cœur d’une pétition. Lancée par l’Américaine Gianna Collier-Pitts, ancienne ambassadrice sur son campus pour l’association américaine GLAAD (Gay & Lesbian Alliance Against Defamation), elle demande à ce que Wonder Woman soit définie comme bisexuelle dans la suite de ses aventures, comme le rapporte le huffingtonpost.com
« Certains d’entre vous pensent peut-être que cette particularité ne fait pas de différence. Mais, pour les gens comme moi qui sont rarement représentes dans les médias, croyez-moi, c’est important », écrit Gianna Collier-Pitts dans la pétition qui compte 2.500 signatures.
Et cette pétition fait complètement sens par rapport aux propos de Greg Rucka, l’un des auteurs ayant repris le flambeau après Charles Moulton, le créateur de Wonder Woman. L’année dernière, il avait confirmé la bisexualité de l’héroïne dans un entretien pour le média Comicosity, dédié à l’actualité des comics : « Pouvons-nous dire que Diana a déjà été amoureuse et en couple avec d’autres femmes ? Selon moi, la réponse est évidemment oui ».

Le responsable des ventes internationales du film « Le Redoutable » poste des tweets jugés homophobes

Vincent Maraval, responsable des ventes internationales du film concurrent « Le Redoutable », a posté deux tweets jugés homophobes quand il appris que le film de Robin Campillo, « 120 battements par minutes » représenterait la France aux Oscars,.
Déjà couronné du Grand Prix du Jury et du Prix Fipresci (prix de la Fédération internationale de la presse cinématographique) à Cannes, ainsi que du Prix du Public au Festival du Film de Cabourg, « 120 battements par minute » représentera la France aux Academy Awards 2018.
Lorsque le mensuel SoFilm a annoncé sur Twitter, le 19 septembre 2017, l’entrée en compétition de « 120 battements par minute » aux Oscars, le producteur concurrent s’est immédiatement fendu d’un tweet sans équivoque : « La desgreable impression de se faire enculé . » (les fautes sont d’origines)
Avant d’envoyer un deuxième tweet légèrement plus imagé : « J ai vu le campillo, ça m à retourné . »
Des messages polémiques, que les Inrocks qualifient d' »homophobie décomplexée » dans un article paru le 20 septembre, rappelant « que le film de Campillo évoque une époque où ceux qui prenaient plaisir à s’enculer en crevaient, par dizaines de milliers, dans l’indifférence de la société et des pouvoirs publics ». Vincent Maraval assume en répondant sur Twitter : « j adore les blagues homophobes anti sémites racistes anti catho et tout ce pquoi la bonne pensée parisienne a défilé il n y a que 2 ans . »

120 battements par minute candidat de la France aux Oscars

« 120 battements par minute », Grand Prix du dernier festival de Cannes, grande fresque sur les années sida, a été désigné mardi comme le candidat de la France pour l’Oscar du meilleur film étranger, a annoncé le Centre national du cinéma.
« 120 battements par minute » était passé tout près de la Palme d’or du Festival de Cannes, finalement décernée au film suédois « The Square ».
Réalisé par Robin Campillo, le film devra toutefois attendre janvier pour savoir si l’Académie des Oscars le nomme dans la catégorie.
Ce film qui raconte de l’intérieur le combat de l’association Act Up au début du sida continue de bouleverser les spectateurs dans les salles, bien après l’onde de choc cannoise.
« C’est un film ambitieux, engagé, porté par l’interprétation remarquable d’une nouvelle génération d’acteurs, qui a bouleversé les festivaliers du monde entier, de Cannes à Toronto. Avec 120 battements par minute, Robin Campillo nous offre un film exceptionnel sur un sujet cruellement universel et toujours d’actualité », a souligné mardi Frédérique Bredin, présidente du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).

120 battements par minute

Avec « 120 battements par minute », Grand prix cette année à Cannes, Robin Campillo réalise un film bouleversant.
Il a attendu plus de vingt ans pour filmer le début de la lutte contre le sida à travers le combat de l’association Act Up, dont il fut membre.
Là où de nombreux films sur l’épidémie qui a fait des ravages dans la communauté homosexuelle s’attardent sur des destins individuels (comme « Philadelphia » en 1993 avec Tom Hanks), le réalisateur de 55 ans fait le pari du collectif et livre un grand film politique.
De la mort, il est bien évidemment question dans le film mais c’est surtout le combat contre l’indifférence, les laboratoires et la maladie qui passe au premier plan.
De l’aventure Act Up, il a voulu restituer les opérations spectaculaires à coups de jets de poches de faux sang, les débats tendus pour décider des actions à mener, des positions à adopter et des avancées médicales… Il s’est d’ailleurs adjoint les services de Philippe Mangeot, ancien président d’Act Up de 1997 à 1999 pour écrire le scénario.
Mais le réalisateur des « Revenants » et d' »Eastern Boys » montre aussi le sexe, l’amour, les gay prides et les soirées exutoires au son de la house music, qui donne son titre au film.
« Une musique inquiète comme la maladie et l’époque », selon le réalisateur français. « Elle permet de se replonger dans les années 90 mais on ne cherche pas à faire film d’époque. »
En plus de deux heures, « 120 battements par minute » montre un activisme mené avant les réseaux sociaux mais ne verse ni dans la nostalgie ni dans le documentaire, probablement car il fait la part belle à l’histoire d’amour entre Sean, séropositif, et Nathan, qui ne l’est pas.
« En interpellant les politiques avec des actions fortes et symboliques, Act Up a joué un rôle fondamental », avait rappelé Jean-Luc Romero, premier homme politique à avoir révélé sa séropositivité. « A l’époque, ils étaient dans l’urgence et pensaient mourir. »
« J’espère que des films comme celui-là vont aider à démontrer que pour que les politiques agissent, il faut la pression des gens », avait conclu l’actuel président de l’association des élus contre le sida.