Un millier de personnes à Saint-Denis pour la gay pride des banlieues

Plus d’un millier de personnes se sont réunies dimanche dans le centre-ville de Saint-Denis pour la première « marche des fiertés en banlieue ».
« Par le fait même qu’on vit en banlieue, on est ramenés au fait qu’on est pauvres, qu’on est racisés, qu’on est immigrés », en plus du fait d’être homosexuels, affirme Yanis Khames, 20 ans et organisateur de la marche.
Avec son association « Saint-Denis ville au coeur », il veut montrer que la banlieue est aussi un lieu de militantisme pour les personnes trans et homosexuelles et pas une « zone de non droit », comme certains veulent le faire croire.
Pour ses organisateurs, la journée doit être placée sous le signe de « l’intersectionnalité », soit la lutte contre « le cumul des discriminations ».
Dans les rues de Saint-Denis, homosexuels, lesbiennes, transgenres défilent au sein d’un cortège devant des habitants parfois interloqués. Certains filment avec leurs téléphones portables. « C’est la première fois qu’on voit ça à Saint-Denis », s’exclame un homme.
« Du latex pour ton gros sexe, des molécules pour qu’on s’encule », entonnent des militants d’Act Up, arrachant un sourire aux commerçants et badauds de la rue de la République, une artère commerçante de la ville.
« J’habite ici, je suis né ici, c’est une ville militante en général, des marches on en fait sur la Palestine, sur les réfugiés et aujourd’hui la communauté LGBT elle vit ici, elle ressent le besoin de s’exprimer alors j’accompagne », sourit Shems El Khalfaoui, qui a appris l’existence de la marche le matin même au marché.
« C’est en faisant ce genre de chose que les gens vont identifier que c’est une communauté qui existe et que tout le monde a sa place ici », ajoute ce père de famille, musulman pratiquant.
« En règle générale, les gens ont peur des banlieues, c’est une image qui est véhiculée par les imaginaires collectifs persistants et aussi par la sphère médiatique et par une grosse partie de la classe politique », assure Youcef Belghmaidi, habitant d’Aubervilliers.
« En attendant, aujourd’hui je n’ai vu aucune violence, personne n’est venu nous emmerder », alors qu’en Vendée un stand LGBT a été attaqué par un groupe de jeunes hommes mi-mai déplore le militant, visage maquillé et couvert de paillettes.
De nombreux médias étaient présents pour couvrir l’évènement. « Au sein des médias aussi on a tendance à penser que les LGBTQI+ phobies sont plus fortes en banlieue et du coup, une marche des fiertés ici ça interroge », s’amuse Yanis Khames, ravi du succès de sa marche.
« Je suis convaincu que ce n’est pas plus compliqué d’être LGBT à Saint-Denis qu’à Paris », affirme Madjid Messaoudene, élu de Saint-Denis et venu soutenir la manifestation.
« Des gay prides il doit y en avoir partout parce que les personnes concernées par ces discriminations elles sont partout, ajoute-t-il, c’est autant des familles blanches que arabes qui rejettent leurs enfants quand ils font leur coming-out ».
Des manifestants en ont aussi profité pour alerter sur le sort des personnes trans, notamment étrangères. Plusieurs manifestantes portaient notamment une banderole « Justice pour Vanesa Campos », du nom de cette prostituée trans péruvienne assassinée au bois de Boulogne en août dernier.
source: http://reloaded.e-llico.com

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