Malawi : Les personnes LGBT soumises au risque d’arrestations et de violences

Les lois du Malawi interdisant les relations consensuelles entre personnes du même sexe favorisent un climat de peur et alimentent la violence et la discrimination, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. L’environnement juridique punitif, combiné à la stigmatisation sociale, permet aux abus policiers de passer inaperçus et empêche de nombreuses personnes lesbiennes, gay, bisexuelles et transgenres (LGBT) de dénoncer ces violences ou de recevoir des soins médicaux.
Le rapport de 61 pages, intitulé « ‘Let Posterity Judge’: Violence and Discrimination against LGBT People in Malawi » (« C’est la postérité qui jugera : Violence et discrimination contre les personnes LGBT au Malawi») montre en quoi le manque de clarté sur le statut légal des relations entre personnes de même sexe rend les personnes LGBT vulnérables face aux arrestations arbitraires, à la violence physique et à la discrimination quotidienne. Le ministre de la Justice a décrété en 2012 un moratoire sur les arrestations liées aux comportements homosexuels d’adultes consentants, mais les opinions divergent sur sa légalité.
« La loi pénalisant les relations homosexuelles contribue à donner l’impression que les personnes LGBT sont des proies faciles, qu’elles peuvent être attaquées sans aucune conséquence pour l’agresseur », a déclaré Wendy Isaack, chercheuse auprès du programme Droits des personnes LGBT à Human Rights Watch. « Imaginez que vous soyez passé à tabac dans la rue, que vous portiez plainte à la police et que vous soyez vous-même arrêté, tandis que votre agresseur n’est pas inquiété – c’est ce qui est arrivé aux gens que nous avons interrogés, simplement à cause de la façon dont les gens perçoivent leur identité de genre ou leur orientation sexuelle. »
Human Rights Watch a interrogé 45 personnes LGBT à Lilongwe et Blantyre, de même que des avocats, des activistes et des représentants du gouvernement. Les chercheurs ont constaté que dans un certain nombre de cas, la police avait arrêté arbitrairement des personnes transgenres et parfois les avait même agressées physiquement. Certains professionnels médicaux ont refusé leurs soins à des personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.
Les sections 153 et 156 du code pénal du Malawi interdisent les « outrages contre-nature » et les « pratiques indécentes entre hommes ». Suite à l’arrestation et à la condamnation d’une personne connue en 2010, qui avaient soulevé l’indignation internationale, le ministère de la Justice et des Affaires constitutionnelles a décrété en 2012 un moratoire sur les arrestations et les poursuites judiciaires liées aux actes homosexuels consensuels. En décembre 2015, le ministre de la Justice Samuel Tembenu a réaffirmé le moratoire de 2012, mais un an plus tard, suite à une affaire portée par des leaders religieux chrétiens devant la justice, qui leur a donné raison, la Haute Cour de Mzuzu a émis une ordonnance suspendant le moratoire, en attendant qu’il soit examiné par la justice.
la suite sur https://www.hrw.org/fr/news/2018/10/26/malawi-les-personnes-lgbt-soumises-au-risque-darrestations-et-de-violences

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