Don du sang : les conditions imposées aux donneurs homosexuels ne sont « pas une discrimination », selon AIDES

L’Assemblée nationale a refusé d’aligner les conditions demandées aux hommes homosexuels voulant faire un don de sang sur celles s’appliquant aux hétérosexuels, dans la nuit du jeudi au vendredi 12 octobre.
Cette mesure alignait pour le don la durée d’abstinence des homosexuels sur celle s’appliquant aux hétérosexuels (quatre mois d’absence de relations avec plusieurs partenaires). Elle avait été ajoutée au texte en commission via un amendement des socialistes, Hervé Saulignac en tête.
Jeudi soir, elle a été rejetée par 29 voix contre 23. Des groupes d’opposition, de gauche comme de droite, ont soutenu ce texte ainsi que le MoDem, dénonçant « une discrimination ».
« Le critère d’exclusion doit être celui des comportements à risque et non de l’orientation sexuelle », a estimé le député MoDem Jean-Luc Lagleize. « Stoppons ces hypocrisies », a affirmé Xavier Paluszkiewicz, l’un des deux « marcheurs » à avoir voté pour le texte alors que son groupe s’est prononcé contre.
Depuis juillet 2016, les homosexuels peuvent théoriquement donner leur sang, geste qui leur était interdit depuis 1983 en raison des risques de transmission du sida. Mais cette possibilité est soumise à des conditions fixées par un arrêté du 5 avril 2016, notamment l’abstinence d’un an, qui doit être déclarée lors d’un entretien préalable.
« L’abstinence de 12 mois n’a aucun fondement ni juridique ni scientifique », a estimé Hervé Saulignac en fustigeant « une erreur politique » du gouvernement.
Sur franceinfo, le directeur général de l’association AIDES, Marc Dixneuf, n’y voit « pas une discrimination ». Cette association lutte contre le VIH, le sida, les hépatites, et accompagne les malades.
Les hommes homosexuels qui veulent donner leur sang doivent donc toujours n’avoir eu aucune relation sexuelle dans les douze mois précédents. Une période « fondée sur des données épidémiologiques », explique Marc Dixneuf.
Mais le dirigeant de l’association n’y voit pas une discrimination pour autant. « Une discrimination, c’est le déni d’accès à un droit qui est infondé. Le don du sang n’est pas un droit », rappelle-t-il. « Ce qui est en jeu, c’est la sécurité des receveurs. C’est le droit des receveurs à recevoir des dons les plus sûrs possibles. On ne peut pas traiter de ce sujet-là en méconnaissant totalement la question de l’épidémie d’infection au VIH », a précisé le directeur général de l’association AIDES. « On ne peut pas mettre sur le même plan le multipartenariat chez les hétérosexuels et chez les homosexuels parce que les épidémies d’infection au VIH n’ont rien à voir les unes avec les autres. »
Cependant, Marc Dixneuf se dit « favorable à une évolution des critères en fonction des données de la science ». En attendant, il y a selon lui « de nombreux sujets de lutte contre l’homophobie » sur lesquels se concentrer. Il rappelle enfin qu’aujourd’hui, « si vous avez vécu dans les années 1990 en Grande-Bretagne, vous ne pouvez pas donner votre sang à cause de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Si vous résidez ou que vous allez régulièrement en Guyane française vous ne pouvez pas donner votre sang » non plus », a ajouté Marc Dixneuf.

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