8.000 euros d’amende pouvant se transformer en emprisonnement à l’encontre de Jean Marie Le Pen

Le parquet de Paris a requis mercredi un total de 8.000 euros d’amende pouvant se transformer en emprisonnement à l’encontre du cofondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen, jugé pour des propos visant les homosexuels et notamment le policier tué dans l’attentat des Champs-Elysées en 2017.
L’accusation a demandé « 40 jours amende à 100 euros » pour chacun des deux dossiers jugés, soit 8.000 euros d’amende avec possibilité d’emprisonnement en cas de non-paiement, en l’absence de l’ancien tribun, hospitalisé depuis huit jours.
Coutumier des poursuites judiciaires pour ses déclarations, Jean-Marie Le Pen, 90 ans, est poursuivi par le parquet pour provocation à la haine ou à la violence et injure publique envers les homosexuels, pour trois séries de propos.
En mars 2016, dans son « Journal de bord » vidéo publié sur son blog, l’eurodéputé avait affirmé: « Je crois que la pédophilie, qui a trouvé ses lettres de noblesse… interdites, mais tout de même, dans l’exaltation de l’homosexualité, met en cause toutes les professions qui approchent l’enfance et la jeunesse ».
Puis en décembre 2016, interrogé par Le Figaro sur la représentation des homosexuels au sein du FN, il avait estimé que « Les homosexuels, c’est comme le sel dans la soupe: s’il n’y en a pas assez c’est un peu fade, s’il y en a trop c’est imbuvable ».
Ces propos « sont la violence », a réagi Etienne Deshoulières, avocat de l’association Mousse qui avait porté plainte après ces deux sorties.
L’ex-dirigeant frontiste est également jugé pour avoir commenté en avril 2017 les obsèques du policier gay tué dans un attentat jihadiste sur les Champs-Élysées, Xavier Jugelé, au cours desquelles son compagnon s’était exprimé.
Pour Étienne Cardiles, l’époux de Xavier Jugelé, partie civile, « les mots prononcés ont été violents et ils ont fait du mal ». « C’est vomir à la fois sur le couple et sur le cercueil », a résumé son avocat Thibault de Montbrial. Il demande 30.000 euros de dommages et intérêts.
Parquet et parties civiles ont rappelé d’anciennes provocations de Jean-Marie Le Pen sur l’homosexualité, l' »anomalie biologique et sociale » de 1984 ou « le sidaïque, une espèce de lépreux » (1987).
Défenseur de l’eurodéputé, Frédéric Joachim a demandé la nullité de la procédure et raillé « une poursuite dérisoire pour des faits anodins ». L’avocat a assuré de « l’absence totale d’homophobie de Jean-Marie Le Pen », ce dont est aussi venu témoigner son conseiller, Lorrain de Saint Affrique, « (lui)-même concerné par cette question de l’homosexualité ». Il a également fustigé une « lex lepenia » qui vaudrait à son client un traitement judiciaire sur-mesure.
L’avocat de Jean-Marie Le Pen, Frédéric Joachim, a raillé « une poursuite dérisoire pour des faits anodins dans lesquels il n’y a aucune haine, aucune violence ».
Jugement le 28 novembre.

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