Tunisie : débat sur la dépénalisation de l’homosexualité

La Tunisie est en plein débat sur la dépénalisation de l’homosexualité à la suite du rapport présenté mercredi par la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe) créée par le président de la République. Ses propositions progressistes se heurtent à l’opposition des organisations islamistes.
« Sur l’homosexualité, notre première mesure est l’abrogation de l’article 230 du code pénal tunisien [qui criminalise les relations homosexuelles]. La seconde, c’est d’abandonner la peine de prison […] et d’interdire l’usage du test anal », affirme au journal Libération la présidente de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe) tunisienne, créée par le président de la République, Béji Caïd Essebsi.
Pour cette députée indépendante, Bochra Belhaj Hmida, il s’agit d’une « opportunité historique » et d’une « révolution dans la continuité » : « Révolution car nous avons soulevé des questions tues jusqu’ici ou timidement abordées. Nous proposons un code des libertés et droits individuels qui les définit précisément. C’est un bouleversement, seul le Canada possède un texte de ce genre. Continuité aussi car nous prolongeons la tradition avant-gardiste de la Tunisie qui date du code du statut personnel de 1956 [interdiction de la polygamie, instauration du consentement mutuel des époux…] en instaurant des avancées toujours absentes chez nos voisins ».
Dans son rapport, la Colibe a fait des propositions de loi, comme la dépénalisation de l’homosexualité et l’abrogation de la peine de mort, que le chef de l’Etat est ensuite libre de piocher, ainsi que l’explique la députée : « Le Président a été clair dès le premier jour : ‘Vous écrivez ce que vous voulez et vous publiez ce que vous avez fait. Moi, je suis libre de prendre ce que je veux’. Mais je suis convaincue que dès le 13 août, nous, les députés, aurons un projet de loi à voter ».
Des associations religieuses tunisiennes ont rejeté jeudi les réformes portant notamment sur l’égalité dans l’héritage et la dépénalisation de l’homosexualité, les jugeant « dangereuses » et contraires aux préceptes de l’islam.
« Nous refusons ces réformes contraires aux préceptes de l’islam et du Coran et ses textes catégoriques », a réagi dans un communiqué un collectif d’associations religieuses, des universitaires et avocats pro-islamistes, membres de la Coordination nationale pour défendre le Coran et la Constitution.
(Source Libération)

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