Russie : A Saint-Pétersbourg, la « Maison de la diversité » forcée de déménager

Jeudi dernier, une Maison de la diversité était censée ouvrir ses portes à Saint-Pétersbourg, pour le match Russie – Arabie saoudite. À l’initiative de la FARE, un réseau qui lutte contre le racisme dans le football en Europe, cet endroit avait été imaginé comme «un lieu sûr» et protégé pour les supporters issus de la communauté LGBT ou de minorités ethniques. Mais à quelques heures du match, les activistes ont été informés qu’ils devaient quitter les lieux, rapporte le Guardian..
Le propriétaire des locaux « n’a pas donné de raison (…) mais nous nous doutons des raisons pour lesquelles c’est arrivé », a confié Elena Belokourova,l’une des coordinatrices de la Maison de la diversité, ajoutant que la Maison de la diversité avait depuis trouvé de nouveaux locaux et était désormais ouverte au public.
Selon le directeur de FARE, ce revirement brutal est une «attaque politique». Même s’il concède ne pas avoir de «preuve directe» de l’influence des autorités russes dans cette décision, Piara Powar rappelle que de nombreuses organisations ont déjà pu être «fermées ou mises en difficulté en Russie, et plus particulièrement à Saint-Pétersbourg». À Moscou, la même Maison de la diversité a été inaugurée sans encombre jeudi.

Des militants d’extrême droite arrêtés à Kiev avant la gay pride

Cinquante-six militants d’extrême droite ont été arrêtés dimanche à Kiev après des échauffourée qui se sont produites avant le début de la gay pride, a annoncé la police ukrainienne.
Plus de 150 membres d’organisations nationalistes s’étaient réunis à l’aube pour bloquer le défilé qui doit parcourir les rues de Kiev.
Quelques bagarres ont éclaté lorsque la police a décidé de dégager les axes bloqués par les contestataires.
Les quelque 5.000 homosexuels, lesbiennes, bisexuels et transsexuels (LGBT) et leurs sympathisants -le double de l’année précédente- ont pu ensuite défiler, sans autre incident, dans le centre de Kiev sous la protection d’environ 5.000 policiers, dont de la police montée.

Ukraine :Des ONG s’inquiètent d’une hausse des violences racistes et homophobes

Plusieurs organisations internationales de défense des droits de l’Homme ont uni leurs voix jeudi pour dénoncer une « recrudescence » des violences en Ukraine, notamment racistes ou homophobes, de la part de groupes radicaux d’extrême droite, accusant les autorités de les encourager par leur inaction.
« Des attaques brutales contre des roms, représentants LGBT et militants pour les droits sont en croissance ces derniers mois en Ukraine », a déclaré Tanya Cooper, une responsable de l’ONG Human Rights Watch (HRW) dans un communiqué.
Depuis le début de l’année, des militants des groupes de l’extrême droite, notamment C14, Pravy Sektor et Karpatska Sitch, ont procédé à « au moins une vingtaine de violentes attaques, menaces » et intimidations à l’égard des minorités dans plusieurs villes ukrainiennes dont Kiev, soulignent les ONG.
Les forces de l’ordre n’ont que rarement ouvert des enquêtes sur ces incidents, selon la même source.
Parmi les incidents les plus récents figurent au moins deux attaques contre des camps roms à Kiev. Pendant un de ces incidents en avril, des membres masqués de C14 affirmant agir en qualité de « patrouilles municipales » ont attaqué des « femmes et enfants à l’aide de pierres et de gaz poivré », décrit le communiqué.

Nantes: Marches aux couleurs de la pride dégradées

Dans la nuit de mercredi à jeudi une ou plusieurs mains ont recouvert en partie en blanc les marches colorées de la rue Beaurepaire à Nantes. Ces marches avaient été peintes le week-end dernier dans le cadre du défilé de la marche des fiertés.
La maire de Nantes, Johanna Rolland, avait demandé la pérennisation de ces marches cette semaine. « C’était prévisible, ce n’est pas vraiment une surpsie pour nous », indique Noé Parpet, le président du centre LGBT de Nantes. « Nous avons reçu des menaces au sein même de nos locaux il y a quelques jours. Nous avons également été prévenus que des individus comptaient repindre les marches dans la nuit de vendredi à samedi dernier ».
D’abord, « il y a eu des graphs avec des termes très violents que la ville a fait disparaître ». Cette fois, ils sont venus cette nuit repeindre les marches en blanc, je suis passé hier soir vers 21 h 30, il n’y avait rien ».
Selon plusieurs sources, la mairie va porter plainte pour « dégradation d’oeuvre »

Un projet d’attentat contre la communauté LGBT déjoué

Deux hommes de 21 et 22 ans, soupçonnés de préparer un attentat ont été mis en examen mardi par un juge antiterroriste et écroués, selon des sources proches de l’enquête.
« Leur projet reste mal défini à ce stade ». « Des couteaux, un dispositif de mise à feu et de la propagande du groupe djihadiste ont été retrouvés en perquisitions » après leur arrestation samedi en Seine-et-Marne par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), selon les sources proches de l’enquête. « Leur projet reste mal défini à ce stade, mais des éléments laissent penser qu’ils envisageaient de s’en prendre à des homosexuels », ont indiqué ces sources. Selon nos informations, l’un des deux hommes est né en Russie et plus précisément en Ossétie, près de la Tchétchénie. L’autre est né en France, mais serait originaire de la même région.
Les deux hommes ont été mis en examen mardi par un juge antiterroriste pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » puis écroués conformément aux réquisitions du parquet de Paris, a précisé une source judiciaire. Ils avaient été placés en garde à vue samedi dans le cadre d’une enquête préliminaire du parquet de Paris ouverte trois jours plus tôt, le 6 juin, selon cette source.

Russie : Arrestation d’un activiste gay britannique

Le militant britannique Peter Tatchell a été interpellé jeudi lors d’une action en plein centre de Moscou contre les violations des droits des homosexuels.
Brandissant une pancarte sur laquelle était écrit « Poutine échoue à agir contre la torture d’homosexuels en Tchétchénie » près de la Place rouge, l’activiste a été rapidement emmené, dans le calme, par les forces de l’ordre.
Peter Tatchell, 66 ans, a ensuite tenté de discuter avec les policiers, l’un deux parlementant avec lui poliment et avec un bon niveau d’anglais
« Je manifeste au nom des Russes », a expliqué le militant britannique, ajoutant qu’un certain nombre de célébrités russes, comme le compositeur Piotr Tchaïkovski, étaient homosexuelles. « Poutine est notre choix, le choix du peuple », lui a répondu un passant, en russe.
Il s’agit de la troisième interpellation en Russie de ce pionnier des défilés en faveur de l’égalité des droits pour les homosexuels. En 2007, il avait été interpellé après avoir été frappé au visage lors d’une Gay Pride à Moscou, marquée par des violences.

Le mariage gay en ligne contre l’homophobie qui sévit en Russie

Pour promouvoir le mariage pour tous, la marque suédoise de vêtements pour hommes Björn Borg a ouvert un site qui permet à n’importe quel couple de même sexe de se marier symboliquement.
La marque Björn Borg a diffusé le 11 juin sur sa chaîne YouTube une publicité ou on voit quatre couples gays annoncer leur mariage sur le site « Marriage unblocked ».
La Russie est particulièrement visée par cette vidéo : comme dans de nombreux pays le mariage gay y est illégal, et la propagande dite « homosexuelle » y est même interdite. La marque suédoise a profité de l’événement sportif, au retentissement mondial, pour promouvoir le mariage gay – mais aussi ses produits.
« Mariez-vous sur la blockchain, sans l’approbation d’un État », promet Björn Borg sur son site « Marriage Unblocked ». La « blockchain », utilisée pour le bitcoin, est une technologie de stockage d’informations fonctionnant sans organe central de contrôle : « Faire sa demande en mariage sur la blockchain n’est pas seulement un acte d’amour et d’engagement entre deux individus, c’est une déclaration qu’aucun État ni aucune religion ne peut contrôler. »
Tous les couples, homos ou hétéros, peuvent se marier sur cette plateforme.

Des militants de Aides protestent contre les expulsions d’étrangers séropositifs

Une trentaine de militants de Aides se sont symboliquement allongés jeudi devant les locaux de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) pour protester contre les mesures d’expulsion d’étrangers séropositifs.
Vêtus de noir, défilant sur l’air de la « Marche funèbre » de Chopin devant un véhicule noir figurant un corbillard, ils se sont rendus à pied devant l’Ofii où ils ont déposé une gerbe ainsi qu’une fausse plaque commémorative avec l’inscription: « Aux morts-es du sida, la patrie indifférente ».
Depuis la loi Chevènement de 1998, un étranger gravement malade peut bénéficier d’un titre de séjour à la condition de ne pas avoir accès à des traitements disponibles dans son pays d’origine.
Depuis le 1er janvier 2017, la procédure d’évaluation médicale est passée sous l’égide de l’Ofii, dépendant du ministère de l’Intérieur, alors qu’elle relevait auparavant des Agences régionales de Santé (ARS), rattachées au ministère de la Santé. Un transfert qui avait suscité l’opposition des associations de défense des étrangers. Aides affirme avoir recensé depuis « 24 cas » d’étrangers séropositifs menacés d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
En janvier 2017, le ministère de la Santé avait assuré dans un arrêté que les nouvelles procédures de délivrance des titres de séjour aux étrangers malades se feraient dans le respect des « règles déontologiques communes à tout médecin » et du secret médical.
La texte précisait que « l’avis communiqué au préfet par le collège des médecins de l’Ofii ne comporte aucune information couverte par le secret médical » ni « aucun élément susceptible de révéler la pathologie du demandeur », et le rapport médical n’est communicable « ni à cette autorité administrative, ni à aucune autre »

Suisse : attaque homophobe à Neuchâtel

Deux amis, Sylvain et Matthis, ont été roués de coups dimanche à 03h30 du matin à Neuchâtel. Une agression à caractère homophobe qu’ils ont décidé de dénoncer sur les réseaux sociaux, suscitant des centaines de réactions.
Insultes, course-poursuite et coups: l’agression a duré cinq minutes. Bilan pour les deux jeunes hommes: traumatisme crânien, perte de connaissance, dents cassées, contusions et bleus.
« L’homophobie en 2018, ce sont nos visages écrasés au sol. (…) Nous sommes en 2018 et nous avons pourtant dû affronter la même horreur qu’un nombre incalculable d’homosexuels depuis la nuit des temps », a écrit Sylvain dans un post publié lundi, photos à l’appui
La police confirme l’agression, mais refuse de se prononcer sur son caractère homophobe. Reste que, sur le réseau social, le témoignage a ému. Il a été partagé à plus de 1300 reprises et a suscité des centaines de commentaires.
Pour Matthis, cette publication sur le web représentait le seul moyen de dénoncer l’agression homophobe. « Le but de notre intervention n’est pas d’attiser la haine contre ces gens, mais plutôt de défendre notre cause », explique l’étudiant dans le 19h30.
« Je n’ai pas honte de mettre cela en mon nom, je n’ai pas honte de mettre mon visage, celui de Matthis », ajoute Sylvain. « Je veux que ceux qui aient honte soient ceux qui tabassent, qui pensent que leurs poings valent mieux que des valeurs. » Soit un cri d’alarme pour pouvoir rester libres.

Lyon: Prison ferme pour Moussa, demandeur d’asile guinéen militant à Aides

Moussa, jeune bisexuel guinéen en situation irrégulière, a été condamné mardi à Lyon à deux mois de prison ferme pour avoir refusé d’embarquer dans un avion pour Conakry, à l’issue d’une audience rendue houleuse par un problème d’interprète.
Ce procès, initialement prévu en mai, avait été reporté en l’absence d’un interprète en langue soussou. Or, la traductrice appelée à la barre du tribunal correctionnel parlait plusieurs langues de l’Afrique de l’Ouest mais pas le soussou. Le tribunal a toutefois décidé d’examiner l’affaire, estimant que Moussa Camara avait « une connaissance suffisante de la langue française ».
En larmes dans le box, le jeune homme de 28 ans ne s’est pas exprimé devant le tribunal, qui l’a condamné à deux mois de prison ferme et deux ans d’interdiction de territoire.
Artiste acrobate, il était arrivé en France en 2015 avec une autorisation temporaire de travail. Sa demande d’asile avait été rejetée en 2017.
Le 3 mai, il avait refusé d’embarquer à l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry sur un vol pour Conakry, la capitale guinéenne. Le jeune homme affirme que son compagnon a été lynché par sa famille en Guinée, qu’il a quittée pour fuir les persécutions contre les homosexuels.
En Guinée, l’homosexualité est passible d’une peine allant jusqu’à trois ans de prison. La procureure, qui avait requis dix ans d’interdiction de territoire, a émis un doute sur l’homosexualité de Moussa Camara, s’appuyant sur des extraits de la procédure, lus à l’audience, où le Guinéen se dit « bisexuel » et assure avoir une « compagne enceinte ».
L’avocate a immédiatement interjeté appel, considérant ce jugement « nul ». Pour Me Hamel, « l’affaire sera rejugée et très certainement renvoyée devant le tribunal correctionnel car un mauvais interprète équivaut à une absence d’interprète ».
Pour la Lesbian and Gay Pride de Lyon, « cette décision est inhumaine. Elle a été prise au cours d’une audience ahurissante et au mépris des droits les plus élémentaires de Fodé-Moussa Camara ».
Le cas de Moussa Camara avait suscité l’émotion sur les réseaux sociaux. « Son compagnon a déjà été assassiné en raison de son homosexualité. Son expulsion serait un scandale », avait affirmé le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure.