La cour d’appel de Paris reconnait le caractère discriminatoire du licenciement d’un coiffeur qualifié de « pédé » par son employeur

La cour d’appel de Paris a reconnu mercredi le caractère discriminatoire du licenciement d’un coiffeur qualifié de « pédé » par son employeur.
Absent une journée car souffrant, il avait reçu par erreur de sa patronne un sms le concernant : «Je ne le garde pas. Je ne le sens pas ce mec. C’est un PD, ils font tous des coups de pute ». Le lendemain, elle lui annonçait la rupture de sa période d’essai.
Lors de son jugement, le Conseil des prud’hommes de Paris n’a retenu que le caractère abusif du licenciement mais a jugé qu’il n’y avait pas de caractère homophobe.
«En se plaçant dans le contexte du milieu de la coiffure, le Conseil considère le terme PD employé par la manager ne peut être retenu comme propos homophobe, car il est reconnu que les salons de coiffure emploient régulièrement des personnes homosexuelles sans que cela ne pose de problèmes», écrit ainsi le Conseil des prud’hommes.
La cour d’appel de Paris a reconnu mercredi le caractère discriminatoire du licenciement de ce coiffeur, alors en période d’essai dans un salon parisien.
Cette décision finale infirme le jugement des Prud’hommes de 2015 et condamne le salon de coiffure à verser 12.500 euros au plaignant, notamment pour « préjudice moral résultant du caractère odieux et vexatoire de la procédure de rupture ».
Cette décision vient infirmer celle des Prud’hommes. Le jeune homme, qui s’estimait victime de discrimination liée à son orientation sexuelle, avait appris en décembre 2015 que le conseil de prud’hommes avait écarté cette charge, puisque « en se plaçant dans le contexte du milieu de la coiffure, le terme de ‘PD’ employé par la manager ne peut être retenu comme propos homophobe ».
Pour justifier sa décision, le conseil avançait qu' »il est reconnu que les salons de coiffure emploient régulièrement des personnes homosexuelles, notamment dans les salons de coiffure féminins, sans que cela ne pose de problème ». Une décision « scandaleuse » et « choquante » pour la ministre du Travail de l’époque, Myriam El Khomry.

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