Des élus attaqués en justice par le maire d’Aulnay-sous-Bois pour avoir dénoncé le caractère homophobe de l’interdiction d’une campagne de prévention

Des élus sont attaqués en justice par le maire Les Républicains d’Aulnay-sous-Bois pour avoir dénoncé le caractère homophobe de l’interdiction d’une campagne de prévention par ce dernier en 2016.
Bruno Beschizza, le maire (LR) d’Aulnay-sous-Bois, avait suscité une polémique en 2016 en interdisant la diffusion d’une campagne de prévention du sida .
Vendredi 10 novembre 2017, la justice administrative lui a donné tort en annulant son arrêté.
La campagne de prévention du VIH (sida) par le ministère de la santé était à destination des homosexuels. On y voyait des photographies de couples de femmes et d’hommes, accompagnées de messages invitant à avoir des rapports sexuels protégés.
De nombreuses associations et personnes ont alors dénoncé l’homophobie de ces décisions et arrêtés d’interdiction.
L’arrêté d’interdiction a été jugé illégal par le Tribunal administratif. Le Défenseur des droits a estimé, dans une décision du 5 décembre 2017, que cet arrêté pouvait apparaître comme « stigmatisant » à l’égard des personnes homosexuelles, et pouvait porter « atteinte à leur dignité ».
Pourtant, Bruno Beschizza a porté plainte contre plusieurs élus, ainsi que des blogueuses et blogueurs qui ont dénoncé le caractère homophobe de cet arrêté.
Mercredi 10 janvier, elles et ils ont été mis en examen pour diffamation.
« Nous exprimons notre solidarité et notre soutien à l’égard des élu·e·s, blogueuses et blogueurs et dénonçons cette pratique. L’homophobie est un délit, la dénoncer n’en est pas un », affirment SOS homophobie et le Centre LGBT-Paris IdF qui se solidarisent avec les personnes attaquées.
« Dire que la représentation de couples homosexuels n’a pas sa place dans l’espace public revient à les rendre invisible, à nier leurs amours, leurs vies. Cela contribue à légitimer les discriminations et les violences dont peuvent faire l’objet les personnes LGBT », soulignent-t-elles.
« Affirmer qu’un fait, un propos, une décision a un caractère homophobe n’est pas une insulte, ni une injure, soutiennent les deux associations. Les discriminations homophobes, au même titre que les discriminations racistes, sont un fait social qui, pour être combattu et éliminé, doit pouvoir être décrit, démontré ou réfuté ».

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