Canada : Un réfugié guinéen bisexuel expulsé

Un jeune réfugié guinéen bisexuel arrivé à Montréal il y a un an pour demander l’asile sera déporté ce vendredi après-midi.
Le Canada met ainsi sa vie en réel danger, selon son avocat, alors que l’homosexualité est considérée criminelle dans ce pays de l’Afrique de l’ouest.
C’était son ultime chance mardi dernier mais la cour fédérale a ordonné son renvoi et se range derrière la décision qu’avait auparavant rendue la Commission de l’immigration et du statut de réfugiés du Canada (CISR).
Le motif du refus : on ne croit pas à son histoire de bisexualité. Sa demande d’asile est donc considérée frauduleuse, incongrue et trop similaire à trois autres cas passés.
«C’est la détention ou la mort qui l’attend en Guinée», affirme sans hésiter son avocat Stewart Istvanffy. Si la police le met en prison, il ne va peut-être pas mourir tout de suite, mais s’il est dans les rues, il va peut-être mourir beaucoup plus vite. »
En Guinée, l’homosexualité est considérée comme criminelle et passible de prison, les peines pouvant aller jusqu’à trois ans. «Et sur le terrain, la réalité de la communauté LGBTQ+ et de leur entourage est très difficile», souligne Meryem Benslimane, administratrice à AGIR, un organisme montréalais d’Action LGBT avec les immigrants et les réfugiés que fréquentait Karim.
Persécutés en raison de l’orientation sexuelle du jeune homme, sa femme et ses enfants vivent actuellement cachés en Guinée. Un mandat d’arrêt a aussi été émis en septembre contre un des amis dont la maison s’est fait attaquer. Motif d’inculpation inscrit sur le mandat d’arrêt : « avoir aidé le jeune homme, homosexuel, à fuir la Guinée. »
Me Istvanffy ne mâche pas ses mots : « cette décision est complètement farfelue et va à l’encontre de la Charte canadienne des droits et libertés et de la convention de Genève, affirme-t-il, dénonçant aussi les délais qu’il trouve déraisonnables dans le traitement du dossier alors que les heures étaient comptées. Selon lui, Karim a été victime de pratiques homophobes et discriminatoires.
Car les preuves qui ont été avancées pour démontrer sa bisexualité et les dangers pour sa vie étaient fortes et nombreuses, selon lui. Mais une fois qu’une décision est rendue par le CISR, difficile de la faire changer. « Entre 10 et 15% des demandes de révision faites à la cour fédérale sont acceptées pour être entendues, et parmi celles-ci, de 7 à 10% réussissent à renverser le jugement de la CISR », estime M. Istvanffy.

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