USA : L’aumônier des pompiers du 11-Septembre pourrait devenir saint

11 septembre 2001, 8h46. Le vol 11 American Airlines s’encastre dans la Tour Nord. A quelques dizaines de minutes près, le deuxième boeing percute la Tour Sud ; c’est une scène d’horreur. Le déploiement des forces de sécurité est iminent: 2000 pompiers de New-York sont mobilisés, dont 343 perdront la vie. Parmi eux, le Père Mychal Judge, aumônier du New York City Fire Department.
L’aumônier des pompiers de New York, le père Mychal Judge est la première victime officielle des attentats du World Trade Center.
Tandis que des pompiers se précipitaient dans les étages de la tour pour en évacuer les victimes, le père Judge se serait agenouillé dans le hall. « Vous devriez vous en aller, mon Père », lui aurait dit un pompier passant par là. « Je n’ai pas terminé », lui aurait simplement répondu le franciscain. Quand les pompiers sont revenus sur les lieux après l’effondrement de la deuxième tour, ils ont trébuché sur son corps.
Il est mort alors qu´il administrait les derniers sacrements à un pompier blessé. Il a enlevé son casque pour prier et a été heurté à la tête par des décombres. Ce sont ses camarades qui, quelques instants après, ont trouvé son corps inanimé, en s’écriant : « It’s Father Mike ! »
À la morgue, il reçut l’étiquette « DM (pour Désastre Manhattan, NDLR.) 0001-01 ». le père Mychal Judge fut la toute première victime officielle de l’attentat qui causa la mort de 2 759 personnes.
Nombre de ses fidèles, pompiers et civils, se sont rendus à Rome afin d’offrir le casque blanc du Père Mychal au Pape Jean-Paul II, espérant ainsi, un jour, pouvoir assister à la canonisation de ce prêtre qui, jusqu’au bout, donna sa vie pour les autres.
Cette canonisation est appuyée par un très actif lobbying, notamment en provenance de mouvements LGBT qui voient en ce prêtre le « premier saint homosexuel ».
Après que son histoire ait été propagée dans le monde entier, quelques détails de sa vie ont été dévoilés, avec sa grande valeur spirituelle, son histoire de réhabilitation après sa chute dans l’alcoolisme, sa place dans la fondation du premier groupe qui s’est occupé de malades du sida à New-York, etc … Le Père Mychal est devenu l’un des symboles de cet attentat du 11 septembre, une figure héroïque, une figure sainte.
La photo des secouristes sortant des décombres son corps sans vie reste saisissante. On y voit, dans un décor de fin du monde, le père Mychal Judge gisant les yeux fermés, porté par cinq hommes recouverts de poussière. L’image a été qualifiée de « Pietà moderne », en référence à l’iconographie représentant le Christ dans les bras de la Vierge Marie après avoir été descendu de la croix.
Chaque année, en septembre, des centaines de pompiers et de New-Yorkais participent à un « chemin de croix » retraçant le calvaire de ce franciscain, aumônier des pompiers de New York, entre son église Saint-François-d’Assise et le World Trade Center où il est mort à 68 ans. Lors de ses funérailles, le 15 septembre 2001, le maire de New York Rudolph Giuliani avait même déclaré : « C’était un saint. »
Le « saint » du 11-Septembre sera peut-être un jour reconnu comme tel par l’Église catholique. L’idée en a en tout cas été avancée récemment, à Rome, par le père Luis Escalante, postulateur à la Congrégation des causes des saints. Celui-ci a déjà été contacté par plusieurs dizaines de personnes ayant connu le père Judge.
C’est à la faveur de l’instauration, cet été, d’un nouveau critère de sainteté qu’une procédure pourrait être ouverte. Le pape François établissait alors, aux côtés du martyre et de l’héroïcité des vertus, le critère d’« offrande de sa vie » : autrement dit l’« héroïque acceptation, à cause de l’amour, d’une mort certaine et à brève échéance », selon le motu proprio Maiorem hac dilectionem, rendu public le 11 juillet dernier.
Son casque blanc d’aumônier sur la tête, il a tenté de venir au secours des victimes, priant sur les corps qu’il croisait et administrant l’extrême-onction aux plus gravement blessés.
Après sa mort, certains de ses proches ont révélé les orientations homosexuelles de ce franciscain – orientations dont ferait également mention son journal intime. Il est notamment question d’une relation avec un infirmier, dont on ignore si elle brisait ou non le vœu de chasteté formulé par le père Judge dans les années 1950.
Ce fils d’immigrés irlandais, devenu aumônier des pompiers de New York en 1992, aurait par ailleurs été membre de Dignity, association catholique américaine plaidant pour un changement de discours de l’Église sur l’homosexualité. Il s’est également beaucoup investi auprès des malades du sida, les prenant dans ses bras et leur administrant l’Eucharistie et les derniers sacrements.

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