Mobilisation pour le metteur en scène Kirill Serebrennikov

Une cinquantaine d’artistes français ont posé dans le Théâtre national de Chaillot à Paris, devant l’objectif du photographe Olivier Ciappa, dimanche 10 septembre, pour adresser un message de soutien au metteur en scène et réalisateur russe Kirill Serebrennikov et réclamer sa liberté.
« Nous voulons alerter l’opinion publique, donner un outil supplémentaire à la diplomatie et témoigner de notre protestation afin que la liberté d’expression ne soit pas bâillonnée », a insisté David Bobée, directeur du Centre national dramatique de Normandie-Rouen et initiateur, aux côtés d’Olivier Py, directeur du Festival d’Avignon et de Didier Deschamps, directeur de Chaillot – deux metteurs en scène et un chorégraphe qui ont accueilli ces dernières années les spectacles de Kirill Serebrennikov en France – de ce comité de soutien réunissant, notamment, Eric Ruf, Jean-Michel Ribes, Nicolas Bouchaud, Isabelle Carré, Béatrice Dalle, Valérie Dréville, Jack Lang, Mélanie Laurent, Philippe Découflé, Macha Makeïeff, Robin Renucci, André Markowicz, Thomas Jolly, Josiane Balasko, Isabelle Huppert, Louis Garrel ….
A quelques semaines du procès de l’artiste russe, assigné à résidence et soupçonné par les autorités de détournement de fonds publics, tous ont voulu, par cette action symbolique, dénoncer le sort réservé à l’une des figures les plus importantes de la scène russe contemporaine. « Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage », a résumé David Bobée pour pointer le « procès politique » fait à Kirill Serebrennikov. « Depuis des années, cet artiste est malmené à cause de sa liberté, parce que parfois il utilise la nudité dans ses spectacles, parce qu’il défend les droits LGBT, parce qu’il dénonce l’absurdité d’un régime autoritaire, constate le metteur en scène français. Et plus il est connu, plus sa parole dérange ».
Dans une pétition mise en ligne, le comité de soutien rappelle que « les accusations de malversations contre les artistes sont un procédé classique des dictatures qui veulent museler les arts. Nous pouvions espérer que la Russie contemporaine ne retomberait pas dans les pires travers de son histoire politique ». Alors que le metteur en scène russe est accusé, selon les enquêteurs, d’avoir perçu et détourné une subvention publique de 68 millions de roubles (1 million d’euros), le comité témoigne que « des spectacles ont bien été créés, qu’un programme copieux et exigeant a bien été mis en place dans le cadre du projet Plateform, que des productions internationales ont été menées ».

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