120 battements par minute

Avec « 120 battements par minute », Grand prix cette année à Cannes, Robin Campillo réalise un film bouleversant.
Il a attendu plus de vingt ans pour filmer le début de la lutte contre le sida à travers le combat de l’association Act Up, dont il fut membre.
Là où de nombreux films sur l’épidémie qui a fait des ravages dans la communauté homosexuelle s’attardent sur des destins individuels (comme « Philadelphia » en 1993 avec Tom Hanks), le réalisateur de 55 ans fait le pari du collectif et livre un grand film politique.
De la mort, il est bien évidemment question dans le film mais c’est surtout le combat contre l’indifférence, les laboratoires et la maladie qui passe au premier plan.
De l’aventure Act Up, il a voulu restituer les opérations spectaculaires à coups de jets de poches de faux sang, les débats tendus pour décider des actions à mener, des positions à adopter et des avancées médicales… Il s’est d’ailleurs adjoint les services de Philippe Mangeot, ancien président d’Act Up de 1997 à 1999 pour écrire le scénario.
Mais le réalisateur des « Revenants » et d' »Eastern Boys » montre aussi le sexe, l’amour, les gay prides et les soirées exutoires au son de la house music, qui donne son titre au film.
« Une musique inquiète comme la maladie et l’époque », selon le réalisateur français. « Elle permet de se replonger dans les années 90 mais on ne cherche pas à faire film d’époque. »
En plus de deux heures, « 120 battements par minute » montre un activisme mené avant les réseaux sociaux mais ne verse ni dans la nostalgie ni dans le documentaire, probablement car il fait la part belle à l’histoire d’amour entre Sean, séropositif, et Nathan, qui ne l’est pas.
« En interpellant les politiques avec des actions fortes et symboliques, Act Up a joué un rôle fondamental », avait rappelé Jean-Luc Romero, premier homme politique à avoir révélé sa séropositivité. « A l’époque, ils étaient dans l’urgence et pensaient mourir. »
« J’espère que des films comme celui-là vont aider à démontrer que pour que les politiques agissent, il faut la pression des gens », avait conclu l’actuel président de l’association des élus contre le sida.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :