Russie : le journaliste Ali Ferouz menacé d’expulsion vers l’Ouzbékistan

Un journaliste du journal indépendant russe Novaïa Gazeta, qui doit être expulsé vers son pays d’origine, l’Ouzbékistan, refuse de retourner dans son pays où il dit avoir été torturé,
Arrêté mardi par la police lors d’un contrôle d’identité, Ali Ferouz a été présenté mercredi devant un juge. Il a tenté de s’ouvrir les veines avec un stylo après la décision d’expulsion du juge, selon l’un de ses avocats Daniil Khaïmovitch.
« Ali Ferouz est ouvertement gay, militant pour les droits de l’homme et correspondant pour le journal indépendant Novaïa Gazeta. C’est une combinaison presque mortelle pour quelqu’un sur le point d’être livré à l’Ouzbékistan, où la sodomie est un crime et la torture endémique », a souligné dans un communiqué Denis Krivocheïev, directeur adjoint d’Amnesty International pour l’Europe et l’Asie centrale.
La décision de la cour de l’expulser de Russie est « au plus haut point erronée » et « doit être immédiatement annulée », a-t-il estimé.
De nationalité ouzbèke, Ali Ferouz, de son vrai nom Khoudoberdi Nourmatov, est né en Russie où il a vécu jusqu’à ses 17 ans quand il est parti vivre en Ouzbékistan, selon Amnesty International.
Le journaliste a quitté précipitamment le pays en 2009, après avoir été « détenu et torturé », affirme Novaïa Gazeta. Le journal affirme qu’Ali Ferouz a perdu son passeport ouzbek en 2012. Devant l’impossibilité de revenir en Ouzbékistan sans prendre de risques pour sa vie, il n’a pas réussi à obtenir un nouveau passeport.
En 2014, il avait déposé une demande d’asile en Russie, qui lui a été refusée. Arrêté une première fois en mars 2017, il avait été relâché mais avait dû être hospitalisé à cause du « stress », selon Novaïa Gazeta.
L’Ouzbékistan occupe la 166e place sur 180 au Classement mondial 2016 de la liberté de la presse de RSF. Les autorités exercent un monopole absolu sur l’information et les journalistes indépendants qui persistent à faire leur travail s’exposent aux pires représailles. De nombreux rapports ont documenté l’usage généralisé de la torturedans les prisons ouzbèkes.

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