La députée de Mayotte apparaît tête couverte à l’Assemblée Nationale provoquant de vives polémiques

La députée de Mayotte, Ramlati Ali, est apparue tête couverte sur les bancs de l’hémicycle. Aux premiers abords, on pourrait croire à un voile islamique. Sur les réseaux sociaux, sa tenue fait débat et suscite de vives polémiques.
De nombreuses réactions indignées face à cette image ont suivi sur les réseaux sociaux, relayées notamment par des cadres du Front national. « Ramlati Ali respecte-t-elle la laïcité avec le port du voile ? » s’interrogeait Aurélien Dutremble, responsable de la communication du FN dans l’Ain, dans un tweet.
« Qu’on porte le voile en dehors, OK, mais dans son sein de l’Assemblée nationale, violation de laïcité », a dénoncé de son côté un délégué des Jeunes Républicains de Normandie, mouvement de jeunesse affilié au parti de droite Les Républicains. Plusieurs journaux ont également repris l’information. « La députée de Mayotte, Ramlati Ali, a posé avec son voile islamique pour la photo officielle », affirme notamment L’Express.
Sauf qu’en fait, il ne s’agirait pas d’un voile islamique mais d’un « châle traditionnel mahorais ». C’est ce qu’a expliqué la députée, au micro de La1ere.fr : « Je suis Mahoraise, et je me respecte en tant que Mahoraise. Ce n’est pas un voile, c’est mon châle de Mahoraise. Dans l’hémicycle je me fonds dans la masse. Tout le monde n’a pas les mêmes opinions. Il ne s’agit pas d’aller faire un sujet autour de ma personne, mais de porter les sujets de Mayotte, des Outre-mer et de la nation ».
À Mayotte, le châle, appelé le « kishali », fait partie de la coutume. Comme l’explique Le Journal du Dimanche, cette tenue n’est autre qu’un moyen pour la députée mahoraise d’affirmer son identité et ses origines à l’Assemblée nationale.
Ramlati Ali est la première femme mahoraise à accéder à l’Assemblée. En 2012, avant le vote de la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels, la socialiste avait provoqué une polémique en affirmant dans sa profession de foi qu’elle réclamerait la « non-application » du mariage gay à Mayotte car « le mode de vie de la population mahoraise est à l’opposé des valeurs défendues par cette proposition ».
En 2016, l’élue a été nommée chevalier de la Légion d’honneur. Âgé de 56 ans, elle est aussi connue pour avoir été la première femme médecin du centre hospitalier de Mayotte (CHM) en 1996.

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