Archives Mensuelles: juillet 2017

USA : le rappeur Franck Ocean combat les discriminations

Frank Ocean, se produisait au Panorama Music Festival de New-York le 28 juillet dernier arborant un tee-shirt avec un message on ne peut plus politique.
Le chanteur de la Nouvelle-Orléans qui reste rare et n’a prévu qu’une poignée de concerts, dont deux seulement aux Etats-Unis pour présenter son nouvel album, « Blonde », sorti il y a près d’un an déjà, est aussi un chanteur engagé.
Sur le tee-shirt du était inscrit le slogan : « Why be racist, sexist, homophobic or transphobic when you could just be quiet ? » (« Pourquoi être raciste, sexiste, homophobe ou transphobe alors que tu pourrais juste être silencieux ? ») : tel est le slogan inscrit en lettres capitales sur le T-shirt de
En 2012, le chanteur a fait son coming out dans une lettre émouvante. Le geste avait été salué par la communauté gay, l’homosexualité demeurant un tabou dans le monde très macho du hip-hop.
Le T-shirt en question ne coûte que 18,99 dollars et est signé Green Box Shop, une toute petite marque de vêtements indépendante lancée en 2016. Sa créatrice, Kayla Robinson, est une Américaine de 18 ans qui se définit comme afro-latina et bisexuelle. Très engagée, la marque ne propose que des vêtements à messages politiques prônant la justice socialet.
On peut trouver de nombreux T-shirts dénonçant les discriminations raciales, ou défendant les droits des LGBTQ+
« C’est génial qu’une icône queer comme Frank Ocean fasse entendre la voix de minorités marginalisées afin de sensibiliser les gens aux enjeux de la justice sociale, par le biais de nos T-shirts », a confié Kayla Robinson au magazine The Fader.
Il faut dire que depuis, les ventes s’envolent

Deux retraites pour aider les personnes homosexuelles à se sentir pleinement accueillies dans l’Église

Cette semaine  démarrent deux propositions de retraites pour aider les personnes homosexuelles à se sentir pleinement accueillies dans l’Église.
Au cœur de l’été, deux retraites spirituelles sont proposées aux personnes homosexuelles, mais aussi à leurs proches, parents ou conjoints.
L’association Devenir un en Christ (DUEC), qui accompagne les personnes homosexuelles dans l’Église depuis trente ans, attend une trentaine de participants à l’abbaye de Cîteaux, du 31 juillet au 6 août. Intitulé « Chrétien-ne et homosexuel-le : quels chemins de vie ? », le parcours est essentiellement construit autour de la relecture de vie dans la tradition ignatienne, sans consigne particulière quant à la suite.
Cette même semaine, la communauté de l’Emmanuel et l’association Courage – un mouvement d’Église né aux États-Unis dans les années 1980 – proposent au sanctuaire de Paray-le-Monial, pour la troisième année consécutive, le parcours « Homosexualité : vivre avec et accompagner ». Principale particularité : il est explicitement demandé aux participants d’essayer de vivre la continence et la chasteté.
Comme les deux années précédentes, une soixantaine de participants sont attendus, dont une grande partie sont des parents ou des proches ayant dans leur entourage une personne homosexuelle.
Deux approches différentes, donc, mais un objectif commun : aider les personnes homosexuelles à « faire l’unité » dans leur vie. « Les croyants homosexuels ont tendance à tout cloisonner : vie sociale, familiale, spirituelle, souligne Régis Coudray, président de DUEC. Notre but premier est donc de les aider à se poser, comme ils sont, avec leurs difficultés, sachant que le rapport entre foi et homosexualité n’est jamais simple. »
D’où le choix de cadres à la fois apaisants et rassurants pour organiser ces retraites : un sanctuaire, une abbaye, où la communauté joue un rôle essentiel dans les temps de prière.
L’exhortation Amoris Laetitia du pape François, mais aussi et surtout son « Qui suis-je pour juger ? » lancé aux journalistes lors d’un de ses déplacements, ont aussi contribué à faire évoluer les esprits.
Outre DUEC et Courage, d’autres associations existent comme Béthanie, davantage centrée sur la prière, ou encore David et Jonathan sur le partage.

Canada : un autocollant pour les entreprises d’Ottawa « fières et inclusives »

Des autocollants arborant l’arc-en-ciel de la fierté LGBT ont fait leur apparition dans les vitrines de commerces d’Ottawa.
Cette nouvelle campagne consiste à identifier des entreprises et des espaces communautaires, afin de permettre aux citoyens issus de la communauté LGBTQ de savoir où ils peuvent se sentir en sécurité et soutenus.
Le Centre canadien pour la diversité des genres et de la sexualité (CCDGS), basé à Ottawa, encadre la campagne.
Il distribue l’autocollant avec un logo arc-en-ciel sous la forme de la ville d’Ottawa sur une porte ou une fenêtre d’un commerce intéressé, qui est ensuite répertorié sur son site Internet.
Près de 60 magasins, restaurants, bureaux politiques et une église se sont inscrits à l’initiative. Sur l’affiche, on peut y lire « nous sommes fiers ».
« L’idée de pouvoir dire aux gens où ils peuvent trouver des espaces sécuritaires et y permettre aux entreprises d’indiquer qu’elles sont inclusives et accueillantes à la population LGBTQ. C’est une bonne chose », indique la coordonnatrice du centre, Valerie Warmerdam.
Le festival Fierté dans la capitale se déroule du 21 au 27 août.

Grande Bretagne : 2 histoires d’amour dès ce soir sur BBC Two à l’occasion de la Gay Britannia

Man in an Orange Shirt , une nouvelle série anglaise de deux épisodes, sera diffusée à partir de ce lundi 31 juillet à l’occasion de la Gay Britannia sur BBC.
Cette saison de programme marque le 50e anniversaire du Sexual Offences Act, adopté en 1967 et marquant la dépénalisation partielle de l’homosexualité.
Man in a Orange Shirt retrace deux histoires d’amour. Les défis sont bien différents pour les deux couples en question, Michael (Oliver Jackson-Cohen) et Thomas (James McArdle) cherchant le bonheur après la Seconde guerre mondiale, et Adam (Julian Morris) et Steve (David Gyasi) font de même de nos jours.
C’est en plein chaos en 1944 que le capitaine Michael Berryman rencontre l’artiste Thomas March dans le Sud de l’Italie. Bien qua sa jeune fiancée Flora l’attend ((Joanna Vanderham), Michael tombe amoureux de Thomas et vivra un temps à ses côtés.
Quand la guerre se termine, Michael choisit de retourner à Londres pour reprendre la vie qu’il menait avant la guerre et fonder une famille avec Flora. Thomas revient quant à lui à Soho où il choisit de vivre, non sans risques, sa vie en tant qu’homosexuel.

Namibie :Première gay pride

Quelque 150 personnes ont défilé pour la première fois en Namibie, pour revendiquer une meilleure protection légale pour les gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres de ce pays d’Afrique australe.
Les participants à cette première marche pour les droits des LGBT ont agité des drapeaux aux couleurs de l’arc-en-ciel. Aucun incident n’a été signalé au long du défilé encadré par la police, même si certains passants ont lancé des mots désobligeants aux manifestants.
«Notre demande n’est pas le mariage. Notre demande c’est que les couples qui vivent ensemble puissent bénéficier d’une certaine protection légale», a déclaré Friedel Dausab, directeur de l’organiation LGBTI, Out-Right Namibia.
Des marches contre la discrimination des gays et lesbiennes avaient déjà été organisées dans d’autres villes de Namibie, mais jamais dans la capitale. Ce genre de marche est assez rare en Afrique, ou plusieurs pays font face à une homophobie importante.

Mise en garde du CSA à Canal+ pour diffusion d’un chant de supporters de foot homophobe

L’association de lutte contre l’homophobie dans le sport, Rouge Direct, a saisi le CSA à propos d’une séquence enregistrée et diffusée dans l’émission J+1 sur Canal + le 5 février 2017.
Un intervenant reprenait « un chant homophobe entonné par des supporters de l’Olympique de Marseille » et portait « un jugement à consonance positive sur une telle attitude », indique le Conseil dans un courrier adressé à l’association qui l’a rendu public.
J+1, Canal+ avait diffusé le reportage réalisé par Julien Cazarre lors du match Metz-OM. Et une des séquences provoque des remous. Le journaliste de Canal+ était venu se placer devant la tribune où étaient massés les supporters de l’Olympique de Marseille à Saint-Symphorien, ce qui aussitôt déclenchait un chant « Cazarre est un PD » que Julien Cazarre reprenait lui aussi en coeur.
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a adressé une mise en garde à Canal+
Le CSA « relève le caractère qui se voulait humoristique de cette séquence visant à dénoncer des travers du monde du football ».
« Lors de sa séance du 28 juin 2017, il a considéré que le caractère homophobe du chant des supporters était avéré et que sa diffusion, sans aucune distance, risquait de blesser des personnes et pouvait, perçue au premier degré, être de nature à nourrir des préjugés homophobes dans le sport », selon ce courrier.
« En conséquence, le Conseil a mis en garde la chaîne Canal + contre le renouvellement de telles pratiques ».
« La haute autorité reconnaît le caractère homophobe des chants de supporteurs, qu’on qualifie habituellement de folklorique. A quelques jours de la reprise du championnat de L1, cette décision nous semble très importante », a-t-il dit. « Il est important que la ministre des Sports et les instances du foot en tirent des conséquences », a-t-il ajouté.

USA: Sam Brownback, nouvel ambassadeur extraordinaire des États-Unis chargé de la liberté religieuse internationale

Le gouverneur républicain du Kansas Samuel “Sam” Brownback, élu en 2011 et qui ne devrait pas solliciter un nouveau mandat, vient d’être désigné par le Président Trump pour devenir ambassadeur extraordinaire des États-Unis chargé de la liberté religieuse internationale. Il devrait ainsi succéder, dans cette fonction, au rabbin David Saperstein nommé par Barack Obama, et dont la mission s’est achevée le 20 janvier de cette année.
Cette nomination présidentielle est, comme toute nomination d’ambassadeur, soumise à la ratification du Sénat.
Ancien député du Kansas puis sénateur de ce même État au Congrès, Sam Brownback s’est converti au catholicisme en 2002. »
La nomination de Sam Brownback, favorisée, d’après le Washington Post, par des groupes religieux conservateurs, a été vivement critiquée par les associations LGBT, à l’image d’Equality Kansas, par la voix de son directeur exécutif, Tom Witt, qui témoigne dans le Washington Post de la vision conservatrice sur le mariage d’individus du même sexe : «Il a fait suffisamment de dégâts au Kansas.» Le Sénat doit encore s’exprimer pour valider ou non le choix de la Maison Blanche.

USA : un individu met le feu à un centre d’accueil pour les jeunes LGBT

Un homme de 26 ans est accusé d’avoir mis le feu à un gîte pour les jeunes homosexuels, le centre d’accueil One’n’Ten de Phoenix dans l’Arizona. Les images des caméras de surveillance ont été rendues publiques pour retrouver le suspect.
Le lendemain de l’incident, les bandes des caméras de sécurité n’avaient pas été récupérées, et d’après le site web d’azfamily,il s’agissait d’un accident.
Toutefois, le mercredi 26 juillet dans l’après-midi, le corps des pompiers de Phoenix a dévoilé une vidéo enregistrée par les dispositifs de surveillance.
On peut clairement voir un homme verser un liquide inflammable dans toute l’enceinte du bâtiment, puis y mettre le feu. Cet individu de 26 ans a été identifié comme étant un ancien membre du programme d’accueil, Darren William Beach Jr.
Selon le site deFox 10 qui se base sur les déclarations de la police, le coupable, étant trop âgé pour continuer à participer (le centre n’accueillant que des jeunes de 14 à 24 ans), aurait agi plus par vengeance que par haine. Linda Elliott, la directrice exécutive de One’n’ten, affirme : « c’est un jeune que nous avons aidé, et qui n’avait jamais montré ce genre de comportement dans le passé ».
Personne n’a été blessé, mais les locaux ont été détruits : électroménager, effets personnels, nourriture, sanitaires, etc. sont dorénavant inutilisables. Coup de chance, le centre avait déjà entamé son déménagement au Parsons Center, début juin, et l’ établissement y a repris ses activités dès le lendemain. La communauté LGBTQ s’est mobilisée pour venir en aide au One’n’ten, en apportant des vivres et en effectuant des donations.
Les médias américains ont lancé un appel à témoin pour retrouver l’auteur de ces actes…

Japon : des livres pour prévenir les préjugés LGBT chez les élève

Un certain nombre de livres visant à sensibiliser les enfants des écoles primaires sur les problèmes concernant les lesbiennes, les homosexuels, les bisexuels et les transgenres ont récemment été publiés dans le but d’approfondir la compréhension des minorités sexuelles au Japon.
Les éditeurs assurent que les livres qu’ils proposent assure que chacun devrait être heureux en étant soi-même.
Ces ouvrages se positionnent comme des manuels de respect des droits de chacun, d’acceptation des différences et des points de vue. Vaste chantier.
« Nous voulons que les enfants qui ne sont pas (de la communauté LGBT) et les enseignants aient également lu ces livres », a déclaré un éditeur de livre.
Otsuki Shoten Co., basé à Tokyo, a publié une série de quatre ouvrages, disponible pour 2160 yen (16 €), écrits par Robert Rodi et Laura Ross. Traduits par Ueshida Ueda, ils ont été réalisés en collaboration avec la fédération pour les droits des LGBT.
Watashirashiku, LGBTQ, originellement paru en anglais sous le titre Living Proud ! Growing up Lgbtq, permet une approche très concrète, sans pour autant découler de l’observation de la société japonaise elle-même.
À l’intérieur, on consacre des chapitres entiers aux questions sociétales, sexuelles, spirituelles : que signifie être transgenre, quelles sont les implications médicales, et pourquoi cette démarche peut-elle un jour s’imposer. Si le sexe que l’on reçoit à la naissance est établi, le texte interroge ce désaccord qui peut naître de cette dichotomie avec l’esprit.
Mais à la théorie succède aussi la réalité, de par des témoignages : celui d’une femme racontant les réactions de sa famille, lorsqu’elle a annoncé son homosexualité. « Il est important de disposer de livres facilement disponibles en bibliothèque et dans les écoles, lorsque l’intérêt est piqué », assure l’éditeur Yu Iwashita.
Au fil des 64 pages de ces livres, sont ainsi évoquées les expériences personnelles et des approches plus globales. Mais une grande partie se consacre précisément à cet après — une fois le coming-out réalisé, que se passe-t-il ?
Chez Poplar Publishing Co., également basé à Tokyo, en fonction de l’âge des enfants, il faut prodiguer une information la plus juste possible. « Bien que ce soit un enjeu majeur, les efforts déployés par la communauté LGBT auprès des enseignants et des écoles du Japon accusent un certain retard », estime l’éditeur Naoki Ogi. « Mais j’ai le sentiment que le vent tourne actuellement. »
La série de trois livres Iro-iro na Sei, Iro-iro na Ikikata (Différents sexes, différents styles, TdR) ont été publiés en avril dernier, pour 3240 ¥ (une trentaine d’euros). Très colorés et alternant des dessins de type manga, ils se donnent pour mission de rendre plus accessibles ces questions.
Bien entendu, ces livres doivent encore arriver dans les établissements scolaires, mais sont d’ores et déjà disponibles dans les librairies et sur la toile.
Le ministère de l’Éducation encourage également les enseignants à être actif en tenant compte de la présence d’étudiants LGBT dans les écoles et a diffusé un avis pour demander aux professeurs et éducateurs de prendre des mesures concrètes afin de leur apporter un réel soutien.
source: Kyodonews

il y a 35 ans, l’homosexualité était dépénalisée en France

Le 27 juillet 1982, sous l’impulsion de François Mitterrand, l’Assemblée nationale abrogeait définitivement un article du Code pénal aggravant les peines en cas d’«attentat aux mœurs sur mineurs» s’ils étaient commis par une personne de même sexe.
L’alinéa 3, de l’article 331, était une loi héritée du régime de Vichy. En 1942, le régime de Vichy introduit pour la première fois différentes majorités sexuelles pour les relations hétérosexuelles et homosexuelles.
Cette loi crée une distinction explicite entre rapports homosexuels et hétérosexuels s’agissant de l’âge à partir duquel un mineur civil peut entretenir une relation sexuelle avec un adulte, sans que cet adulte commette une infraction pénalement réprimée (21 ans pour les rapports homosexuels et 13 ans pour les rapports hétérosexuels puis 15 ans à partir de 1945
Elle condamnait «d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d ‘une amende de 60 francs à 20 000 francs toute personne qui aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu mineur du même sexe.»
Elle restera dans le Code pénal jusqu’au 4 août 1982, date où entre en vigueur la loi Forni, rapportée par Gisèle Halimi et soutenue par Robert Badinter.
En 1974, l’âge de majorité sexuelle pour les rapports homosexuels est abaissé à 18 ans (la loi change l’âge de majorité de 21 ans à 18 ans dans tous les articles du Code civil et du Code pénal). Avec cette modification, l’alinéa 3, devenu alinéa 212, de l’article 331 reste dans le Code pénal jusqu’au 4 août 1982, date où entre en vigueur la loi Forni
L’ancien candidat à la présidentielle, François Fillon (LR) avait dû s’expliquer lors de la campagne sur les raisons de son opposition à la loi. Sur le plateau de « L’Emission politique» du 27 octobre 2016 il avait alors tenté de s’expliquer :
« À l’époque, il y a 155 députés RPR dont Jacques Chaban Delmas, Jacques Chirac, Philippe Seguin… Les 155 députés ont voté contre ce texte, dont moi », avait d’abord tenté de relativiser le député de Paris. « Non, je ne revoterais pas pareil aujourd’hui. Le contexte, le débat sur les mœurs n’était pas le même. Mais surtout, il faut se rendre qu’en compte qu’en 1981 on est dans une guerre sans merci avec la gauche qui vient de nationaliser les banques, qui vient de nous imposer des réformes extrêmement brutales. Donc on vote contre tout », expliquera-t-il encore.