L’Eglise catholique de France ne se mouille pas

A l’issue du résultat du premier tour des élections présidentielles, la Conférence des évêques de France a appelé à « construire une société plus juste, plus fraternelle dans ses diversités et plus respectueuse de chacun ».
L’Eglise de France « n’appelle elle pas à voter pour l’un ou l’autre candidat », elle souhaite « donner à chacun des éléments pour son discernement propre ».
Dans un communiqué, Mgr Olivier Ribadeau Dumas, porte-parole de la Conférence des évêques, appelle à « un véritable pacte éducatif ». Il écrit que c’est « en soutenant la famille, tissu nourricier de la société, en respectant les liens de filiation, que l’on fera progresser la cohésion sociale ».
En outre, il indique que l’Eglise de France « replace ce scrutin présidentiel dans un processus démocratique qui ne s’y limite pas mais qui se prolongera dans les législatives et les sénatoriales  ; qui se traduit aussi dans d’autres formes de participation à la démocratie (démocratie participative locale, fonctionnement associatif) ; et qui s’accompagne enfin de l’engagement des citoyens dans la vie sociale ». « Dépositaire du message de l’Evangile qui inspire l’Enseignement Social », l’Eglise de France rappelle donc « certains principes fondateurs comme la recherche du bien commun, la destination universelle des biens, la mise en œuvre de la fraternité, l’attention aux plus fragiles, la dignité de la personne humaine et la subsidiarité ».
Le collectif Antioche qui réunit des prêtres et des religieux, à différents niveaux de la hiérarchie ecclésiastique, ont souhaité prendre leurs distances de la Conférence épiscopale:
«Force est donc de constater que les propos de la CEF se trompent de cible avec une régularité d’horloge depuis 30 ans. Ils ne sauraient donc plus ni mobiliser ni intimider quiconque, en tout cas pas nous. Nous ne regardons plus la télévision depuis longtemps, nous ne lisons plus vos déclarations, Messeigneurs… Nous étions à la Manif pour Tous et à la Marche pour la Vie et vous n’y étiez pas… La situation s’aggrave chaque jour…
Voilà pourquoi, sans « appeler » à voter, ni « canoniser » personne ni aucun programme, sans donner de leçons de morale à quiconque, sans jouer sur la peur, soucieux du bien commun politique dans le « moindre mal », nous disons paisiblement que nous voterons pour Mme Le Pen dans deux semaines.»
Un sondage Harris publié le 25 avril par « La Croix », révèle que 44% des catholiques pratiquants dits réguliers ont donné leur voix à François Fillon. Passé la désillusion de ne pas voir leur favori au second tour, beaucoup peinent encore à savoir quel bulletin glisseront-ils dans l’urne, le 7 mai prochain.

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