Canada : les militaires homosexuels harcelés exigent des excuses

Des ex-militaires expulsés de l’armée canadienne en raison de leur homosexualité ont lancé une pétition dans l’espoir que le gouvernement Trudeau passe enfin de la parole aux actes et présente des excuses .
Près de six mois après qu’une émission dévoile la chasse aux homosexuels qui avait court dans l’armée dans les années 70 et 80, d’ex-militaires ont maintenant l’impression d’avoir été oubliés après les belles paroles du gouvernement Trudeau.
Malgré la nomination d’un conseiller spécial et la promesse d’une annonce rapide, plus rien ne semble bouger. «Vous savez que ça a eu lieu, vous avez les preuves, on a des dossiers qui le prouvent. Enlevez-vous les doigts dans le nez et faites de quoi», demande Brigitte Laverdure, instigatrice de la pétition.
Entre 1973 et 1992, jusqu’à 800 militaires homosexuels ont été traqués par la police «anti-gay» de l’Unité des enquêtes spéciales (UES). Les militaires identifiés comme gays ont été congédiés en vertu du règlement OAFC 19-20, qui comparait l’homosexualité à une «déviance sexuelle» comparable à la «bestialité».
Les militaires interrogés sur la base de OAFC 19-20 exigent donc que le gouvernement du Canada agisse sans délai.
«Je demande des excuses publiques et des compensations pour les problèmes psychologiques et la perte de travail», demande M. Poulin, professeure en psychologie de l’Université du Nouveau-Brunswick .Elle s’intéresse au traitement fait aux homosexuels par l’armée depuis 1997. Elle a fait plus de 100 entrevues avec des homosexuels qui ont été expulsés de l’armée.
« Être soupçonné d’être homosexuel était suffisant pour se faire mettre à la porte.
Ils étaient espionnés, traqués. En plus de traumatiser les militaires, on traumatisait leur famille, leur conjoint ou conjointe. On les suivait, c’était une chasse aux sorcières. C’est comme ça que ça s’est passé au Canada et ça ne fait pas des centaines d’années, on en sort à peine.
Quel genre de traitement l’Unité des enquêtes spéciales faisait-elle subir aux militaires soupçonnés?
C’est une situation qui était intolérable. Ils ont été soumis à un traitement très difficile. Les interrogatoires qui ont eu lieu fin 70 et 80, c’était comme dans les films. On pointait des lumières sur eux, on les enfermait pendant des jours parfois et les militaires ne savaient pas où ils se trouvaient. C’était des questions vraiment abominables, pendant des heures, c’était très insidieux.
C’est une histoire triste parce que c’est des gens qui voulaient servir leur pays de façon patriotique et, de se faire dire qu’ils étaient dangereux pour la sécurité du pays, c’est d’un ridicule épouvantable. C’est une période de notre histoire qui est très triste, mais dont il faut se souvenir pour éviter de répéter ce genre d’erreur.» explique t’elle

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