Canada : D’anciens fonctionnaires et militaires LGBTQ portent plainte contre l’armée

Les demandes de recours collectifs déposées par Todd Ross, Martine Roy et Alida Satalic, d’anciens fonctionnaires et militaires qui disent avoir été intimidés et limogés à cause de leur orientation sexuelle au sein des Forces canadiennes ont été réunies en une seule en Cour fédérale à Montréal, ont annoncé leurs avocats, jeudi matin.
L’armée canadienne et le gouvernement ont commencé à évincer les gays et lesbiennes de leur poste pendant les années 1950. Cette « purge », comme l’appelle un avocat des parties civiles, s’est poursuivie même lorsque l’homosexualité a été décriminalisée au pays, en 1969. L’armée canadienne a quant à elle exclu les homosexuels de ses rangs jusqu’en 1992.
Des requêtes pour permission d’intenter une action collective avaient été déposées à Montréal et à Toronto. Les tribunaux devront maintenant déterminer si les poursuites peuvent aller de l’avant. La requête déposée en Ontario réclame des indemnités de 600 millions de dollars en dommages, alors que la requête déposée au Québec ne précise pas de montant.
L’émission «J.E.» de TVA avait levé le voile en octobre sur le sort des militaires homosexuels qui avaient été congédiés, intimidés, suivis et même torturés en raison de leur orientation sexuelle. L’ancienne militaire Joyce Ward avait confié avoir subi des électrochocs durant un interrogatoire. De nombreux ex-membres des Forces ont subi des séquelles psychologiques sérieuses et durables de cette mauvaise expérience.
Le recours collectif vise la période allant de la décriminalisation de l’homosexualité en juin 1969 jusqu’à aujourd’hui.
Selon Audrey Boctor d’un des cabinets d’avocats, des centaines de Canadiens ont déjà contacté les trois cabinets d’avocats engagés pour dire qu’ils avaient été victimes de discrimination. Elle estime que des milliers de citoyens pourraient être dédommagés par le gouvernement fédéral qui songe d’ailleurs à présenter des excuses.
«Ce serait très bienvenu. Il n’y a rien qui empêche le gouvernement de s’excuser. C’est notre espoir», a précisé l’avocate.
Mme Boctor estime qu’un règlement à l’amiable serait d’ailleurs la meilleure solution
Martine Roy, représentante de la requête au Québec, a raconté qu’elle avait été exclue de l’armée pour cause d’indignité ( « destitution ignominieuse » ) parce qu’elle était lesbienne, un état considéré comme une « déviance sexuelle ».
À l’âge de 20 ans, elle a dû subir un interrogatoire « traumatisant » de plusieurs heures sur son orientation sexuelle. Mme Roy soutient qu’elle ne pourra pas tourner la page tant qu’un règlement ne sera pas intervenu et qu’elle n’aura pas obtenu des excuses du gouvernement.
Todd Ross, ancien officier de la Marine, qui est le représentant pour l’action collective en Ontario, a raconté mardi, en larmes, comment il avait dû, au cours d’un interrogatoire serré, avec polygraphe, avouer son homosexualité alors qu’il n’était même pas « sorti du placard ». Contrairement à Mme Roy, il a plus tard reçu une « libération honorable » des Forces armées.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :