Nimes : L’Etat condamné après qu’un gendarme ait enterré une plainte pour tentative d’homicide à caractère homophobe, il y a quatorze an

L’Etat a été condamné début mars après qu’un gendarme a enterré une plainte pour tentative d’homicide à caractère homophobe, il y a quatorze ans. Les suspects, qui n’avaient pas été inquiétés, avaient tué une autre victime six ans plus tard.
Le dossier avait été mis de coté dans le tiroir du bureau d’un gendarme.
Quatorze ans après les faits, l’Etat a été condamné au civil par le tribunal de Nîmes (Gard), en tant que représentant du militaire en question, rapporte le journal Midi-Libre.
L’affaire remonte au 28 novembre 2003. Wilfried Cerveaux, un jeune homosexuel vivant alors à Avignon, échappe de peu à la mort après un rendez-vous donné sur un lieu de drague, près du barrage de Sauveterre.
Sur place, deux hommes l’entraînent à l’écart et le passe à tabac. Pour leur échapper, Wilfried se jette dans l’eau glacée du Rhône et fait le mort jusqu’à ce que ses deux agresseurs soient partis, avant d’appeler à l’aide. Le jour même, Wilfried livre aux gendarmes tous les éléments pour identifier les deux hommes : prénoms, numéros de téléphone et l’immatriculation du véhicule.
Cette tentative d’homicide aurait pu être évitée
C’est au fond d’un puits que Frédéric Flouroux, un jeune homme homosexuel originaire de Béziers âgé de 32 ans, a été découvert le 14 février 2009 par un promeneur prés de Sérignan, dans l’Hérault. A la suite d’une soirée très arrosée, le 4 janvier 2009, Les assassins auraient fait grimper Frédéric Flouroux dans leur véhicule. Direction un lieu très isolé au bord de l’Orb, un fleuve qui longe Sérignan, à 6 km de Béziers. Là, où les deux hommes avaient pris la peine de creuser un trou en guise de tombe à l’aide d’une pelle achetée pour l’occasion, le malheureux aurait été torturé et étranglé à l’aide d’une sangle. Puis, estimant que finalement le trou creusé n’était pas adapté à la situation, décision était prise de jeter le corps sans vie de Frédéric au fond de ce puits.
Jugés aux Assises de Montpellier, Eric Meynier, 30 ans, et Ludovic Serra, 42 ans, les deux assassins ,ont été reconnus coupables d’assassinat et de tentative d’assassinat. Le premier a écopé de 30 ans de prison et le second de 25 ans, deux peines assorties d’un délai de sureté des deux tiers.
Lors de l’enquête Meynier accusant Serra d’avoir commis le crime, ce dernier avait répliqué en lui imputant à son tour une terrible agression, survenue en novembre 2003 sur les bords du Rhône, et jusqu’ici restée impunie.
Au cours de l’enquête sur ce crime, il était vite apparu que le duo avait tenté d’assassiner un autre homme, six ans plus tôt, sur un lieu de drague proche d’Avignon. Wilfried Cerveaux, avait eu une relation de quelques semaines avec Meynier. Un soir, le rendez-vous que lui fixe son amant à Entraigues (Vaucluse) tourne au cauchemar. Serra et Meynier l’emmènent de force en voiture jusqu’à Sauveterre (Gard), face au barrage de la Barthelasse. Là, ils jettent ses clés sur la berge du Rhône.
Quand le garçon descend les chercher, il reçoit sur la tête une énorme pierre, qui l’assomme. Un second rocher lui brise la clavicule.
Pour échapper aux deux hommes, il restera plus d’une heure dans l’eau glacée, caché entre des troncs flottants. Traumatisé par les faits, terrorisé de savoir ses agresseurs libres, il se lancera ensuite dans un mode de vie destructeur.
La vie de Frédéric Flourou aurait pu être sauvée. Un début d’enquête sur la tentative d’homicide de Wilfried Cerveaux, le 28 novembre 2003 fait déjà apparaître le nom de Ludovic Serra, trahi par la suite par son téléphone portable. La plainte de Wilfrid a été classée .
le maréchal des logis Francis Navarro, qui était chargé d’enquêter, avait délibérément enterré l’affaire. Enfermant la plainte dans le tiroir de son bureau, avec 49 autres dossiers, avant de maquiller informatiquement l’opération. Il était à l’époque adjoint du commandant de la gendarmerie de la commune voisine de Roquemaure (Gard), avait 21 ans d’expérience professionnelle, et était chargé d’élucider ce crime. Depuis 2002, au moins, Francis Navarro passait à la trappe procédures judiciaires ou administratives. Il n’a pas su dire pourquoi il avait escamoté l’affaire. «Je me suis enfoncé», a-t-il bredouillé. Au total, il avait enterré 48 autres procédures par des manipulations informatiques. Écarté de la gendarmerie en 2010, il est aujourd’hui vigile.
Le 6 mars dernier, la justice nîmoise a accordé 6000 euros au titre du préjudice moral à Wilfried Cerveaux. « La faute est reconnue, mais ses conséquences sont indemnisées à la marge », a estimé son avocat, cité par Midi-Libre.

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