Sida : des recherches sur un vaccin suspendues par le CNRS

sidaUn protocole mené depuis 2013 auprès de 48 patients a livré des résultats encourageants. Ce vaccin a permis de faire disparaître les cellules infectées du corps d’une dizaine de volontaires qui étaient porteurs du virus. Une avancée qui permet au quotidien de titrer en une « Un espoir fou ».
Rétroconversion
Sous la conduite du docteur Isabelle Ravaux à l’hôpital de la Conception de Marseille et d’Erwann Loret, biologiste au CNRS, trois doses ont été injectées sur des patients volontaires. Ces 48 personnes ont donc arrêté leur trithérapie. « Le résultat le plus remarquable est que les cellules infectées par le VIH ne sont plus détectables chez une dizaine de patients.  Si des épisodes de ce type sont observés parfois chez des patients, cela ne s’était encore jamais produit sur une telle durée. » Le vaccin aurait donc eu un effet et diminué le nombre de cellules infectées par le virus.
Pour autant, il est tout à fait « prématuré de parler de guérison » a-t-il insisté par la suite sur France Info. « Il faut attendre la rétro seroconversion » soit encore « six mois, un an ».
Déjà en mars 2016, à la première publication de l’étude dans la revue Retrovirology, l’annonce avait été critiquée, jugée « sans fondement réel » par l’ANRS (Agence nationale de recherche sur le Sida). Moins de 10 jours après sa présentation au 15e sommet «Vaccines and Immunizations» de Berlin , c’est le CNRS qui l’a remise en question et qui s’est retiré des recherches. « Le CNRS a signifié au Dr Erwann Loret, qui menait nos études, qu’il devait arrêter ses recherches et stopper toutes communications à leur sujet », a expliqué au quotidien 20 minutes Corinne Treger, présidente de la start-up Biosantech qui travaille avec le Dr Loret sur le vaccin-candidat.
« On n’a jamais été si proche du but, seulement voilà, ces recherches sont aujourd’hui coupées par la décision du CNRS. Et nous ne pouvons pas passer en phase II/b de notre essai clinique qui nous aurait permis d’étudier le cas de ces patients en état de rétro séroconversion avec l’arrêt complet de la trithérapie, pour observer une éventuelle étape de guérison fonctionnelle. A savoir, l’indétectabilité des cellules et particules virales pendant trois mois après l’arrêt des trithérapies » a t-elle poursuivi.
La présidente de la société pharmaceutique a fait part de sa déception et a écrit une lettre à la ministre des affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine.

 

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