Archives Mensuelles: mars 2017

Tunisie : Shams rappelle que l’homosexualité n’est pas une maladie

Suite à l’arrestation du cinéaste Karim Belhadj pour homosexualité, l’association Shams de défense des droits des homos, a rediffusé un communiqué de la STSC affirmant que l’homosexualité n’est pas une maladie.
Dans ce communiqué daté du 28 septembre 2015, la Société tunisienne de sexologie clinique (STSC) a indiqué que l’homosexualité n’est plus considérée comme une pathologie depuis le début des années 80 mais comme une orientation sexuelle involontaire. Elle a expliqué que «la Déclaration universelles des droits sexuels adoptée en 1999 par l’Association mondiale de santé sexuelle (WAS) insiste, entre autre, sur les principes de »liberté sexuelle », d’intégrité sexuelle et corporelle, d’intimité sexuelle et d’égalité sexuelle sans aucune discrimination. Ces principes sont indissociables des droits de l’homme et indispensables pour jouir d’une santé sexuelle équilibrée».
Par ailleurs, la STSC a vivement condamné le recours au test anal, qu’elle a considéré comme une atteinte à la dignité de la personne et à son intégrité. Elle précise que «cet examen ne devrait être effectué que dans un contexte de pathologie ou d’agression sexuelle», rappelant que tout médecin doit se conformer à la déontologie et respecter de la dignité humaine. Il ne doit en aucun cas utiliser ses moyens pour l’entraver.
La STSC considère l’article 230 du code pénal pénalisant les rapports homosexuels comme un texte répressif et non conforme aux législations internationales actuelles et demande sa révision en se basant sur le principe universel de l’abolition de toutes les dispositions pénalisant les rapports entre adultes consentants.

TPMP accusé de transphobie

L’émission de Cyril Hanouna est une nouvelle fois dans le collimateur de l’Association des journalistes LGBT (AJL).
Après avoir réalisé une étude édifiante recensant de multiples séquences homophobes à la fin de l’année dernière, c’est l’édition du 23 mars dernier de « Touche pas à mon poste » qui est en cause cette fois.
Au cour de cette émission, l’animateur Camille Combal a utilisé la photo d’une femme trans dans l’optique de se moquer du chroniqueur Gilles Verdez.
« Au delà de la transphobie évidente de la ‘blague’, il apparait que TPMP franchit une autre ligne jaune, celle du droit à l’image, en diffusant la photo de cette personne sans avoir obtenu son autorisation », considère l’AJL.
La jeune femme dont l’image a ainsi été utilisée est une militante associative contre la transphobie.
Selon l’AJL, elle a été reçue le 30 mars par la production.
Elle attend aujourd’hui de savoir comment l’émission s’est procurée une photo d’elle, des excuses publiques dans l’émission, et une compensation financière sous forme de dons aux associations.
L’AJL estime que TPMP « continue d’utiliser les personnes LGBT pour susciter moqueries et humiliations » malgré ses remontrances.
L’association a signalé l’émission auprès du Conseil supérieur de l’audiovisuel.
Autre sujet de polémique , celle d’un lycéen traité de «lèche-cul» dans l’émission :
La semaine dernière, la chaîne locale TV7 avait diffusé un sujet sur le lycée privé Saint-Marie de Bastide à Bordeaux dont le taux de réussite au baccalauréat en 2016 était de 98 %. Parmi les témoignages des élèves, celui très enthousiaste de Quentin Faugeras, étudiant en Terminale L. «Ce lycée est extraordinaire, a-t-il assuré avec une parfaite élocution. Je suis arrivé en troisième, je ne m’attendais absolument pas à ce que j’allais voir. La pédagogie, l’enseignement… J’arrive vraiment à comprendre. Les profs se mettent à notre place et à notre portée. C’est vraiment bien.»
Durant son Poste de surveillance mercredi soir dans Touche pas à mon poste!, Camille Combal s’est amusé de cette séquence. «Sur la chaîne locale TV7, ils ont trouvé le plus gros fayot de l’histoire de l’Éducation nationale, impossible que ce gars ne soit pas délégué de classe», a commenté le chroniqueur de Cyril Hanouna en concluant sa séquence avec des images du jeu Motus sur France 2 où la candidate proposait le mot «lèche-cul».
Malgré le contexte humoristique de la chronique vue par des centaines de milliers de téléspectateurs, de nombreuses personnes ont exprimé leur mécontentement sur les réseaux sociaux en découvrant le tweet posté par le compte officiel de TPMP (2,7 millions d’abonnés) où le visage de Quentin Faugerias était associé au commentaire «L.E.C.H.E.C.U.L.». Un tweet supprimé depuis… En juin 2015, Sud-Ouest avaient consacré un portrait au brillant adolescent d’aujourd’hui 17 ans. Abandonné dans une rue de Ouagadougou, au Burkina Faso, alors qu’il n’était qu’un bébé, il avait été recueilli dans un orphelinat avant d’être adopté à l’âge de 2 mois par la famille Faugeras.
Très jeune, il s’est passionné pour la préhistoire et s’est mis à dessiner des fresques qui ont été exposées dans sa commune d’Izon. «Comme les hommes des cavernes qui ne connaissaient pas encore l’écriture et exprimaient la peur, la faim, la joie ou la tristesse par la peinture, j’ai repris leurs dessins en les adaptant à ma vie, avait-il confié à Sud-Ouest. Je dénonce le racisme et la discrimination ainsi que mes périodes agréables ou violentes.» Un article relayé sur Twitter par les internautes mécontents en réponse à TPMP.

Maroc : un homme gay victime de chantage risque la prison

Un homme d’une soixantaine d’années a été interpellé alors qu’il venait porter plainte.
Quelques jours auparavant, il avait rencontré deux jeunes Casablancais d’une vingtaine d’années qu’il avait invités chez lui à la maison. Mais les choses ne se passent pas comme prévu et les deux jeunes le prennent en photo alors qu’il est nu et le menacent de les publier sur Internet, rapporte Aujourd’hui le Maroc.
Désespéré après leur avoir demandé de rendre les photos et de ne pas les publier, il a fini par se rendre au commissariat pour porter plainte.
Non seulement il se fait arrêter, mais en plus il risque trois ans de prison pour homosexualité.
Les deux jeunes maitres-chanteurs ont été également été interpellés et devraient bientôt passer devant le tribunal de première instance de Casablanca.

Drôme : un homosexuel frappé à coups de barre de fer par deux adolescents

Deux jeunes de quinze ans ont frappé à coups de barre de fer un habitant de Valréas en raison de son orientation sexuelle.
L’homme, âgé de 50 ans, avait passé une petite annonce sur Internet en février dernier et les deux adolescents lui ont tendu un piège, rapporte France Bleu. Alors qu’il croyait se rendre à un rendez-vous galant à Nyons, il a été violemment frappé par les deux jeunes, qui se sont également livrés à des insultes homophobes.
Hospitalisé pendant dix jours, l’homme a porté plainte par la suite et les deux jeunes ont été interpellés mardi et présentés le lendemain à un juge des enfants à Valence.
Les deux ados ont reconnu les faits, confirmant la motivation homophobe et déclarant regretter leur acte. Mercredi 29, ils ont été présentés à un juge qui a demandé leur placement en centre éducatif fermé.
Un autre homme, majeur, a aussi été placé en garde à vue. Suspecté de complicité –il a emmené les deux agresseurs en voiture sur les lieux du passage à tabac– il a été placé sous contrôle judiciaire et devra répondre de ses actes à la barre d’un tribunal dans les prochaines semaines.

Jeux vidéos : Mass Effect Andromeda déçoit ses fans avec les options « gays »

Mass Effect Andromeda, le dernier titre de BioWare, est sorti le 23 mars dernier en France, et les retours des joueurs sont quelque peu mitigés.
Mass Effect: Andromeda a une très grande diversité des dialogues et des scénarios présents dans le jeu. Néanmoins, certains fans ont été très déçus par les options homosexuelles et spécialement les relations entre hommes dans le jeu.
Mass Effect: Andromeda fait l’objet de débats animés sur plusieurs forums, (neoGAF, Reddit , unofficial BioWare forums , ou sur Twitter), au sujet des différentes romances et histoires d’amour que les joueurs peuvent créer entre le protagoniste (Sara si on choisit de jouer une femme ou Scoot si on choisit d’incarner un homme) et certains personnages du jeu.
Les joueurs ont été particulièrement déçu du fait qu’il y ait seulement deux options pour la romance gay entre hommes alors que les histoires d’amour hétérosexuels et entre femmes sont beaucoup plus fréquentes et variées.
Les romances gays  ne concernent que des personnages secondaires, le contrebandier Reyes Vidal et l’ingénieur Gil Brodie qui travaille à bord du navire, peu intéressants et leurs dialogues sont bâclés, contrairement aux romances hétéros. Bioware, pourtant si sensible à la cause LGBT, enchaîne d’autres maladresses dans le domaine, par exemple en nous présentant un personnage tertiaire qui, à la première ligne de dialogue, nous hurle aux oreilles qu’il est transgenre.
Les scènes de sexe entre les personnages masculins manquent de détails et sont beaucoup trop rapides contrairement aux scènes de sexe des femmes entre elles ou encore celles des hétérosexuels.
Bioware  a annoncé que des solutions seront dévoilées le 4 avril prochain. Pas plus de détails, mais on imagine déjà un patch déployé en urgence pour résoudre ces problèmes techniques ou narratifs.

Liban : première Semaine sur la santé sexuelle des LGBT

L »ONG la Lebanese Medical Association for Sexual Health (en français, l’association médicale libanaise pour la santé sexuelle)vient de lancer une campagne faisant le lien entre marginalisation et santé pour combattre les discriminations envers la communauté LGBT.
Le Liban est un des pays les plus ouverts au Moyen-Orient pour la communauté LGBT et une campagne pour la santé de la communauté LGBT a été lancée.
« Cette semaine de sensibilisation pour la santé est particulièrement nécessaire au Liban. Aidez-nous à avancer en tant que pays tourné vers l’acceptation, pour une vie dans une société saine et prospère» , peut-on lire sur leur site internet.
Pour appuyer cette campagne, une série de vidéo circule sur les réseaux sociaux depuis le 14 mars. On y voit un médecin, une mère et une jeune femme. Le premier raconte les problèmes des personnes homosexuelles, notamment pour trouver un professionnel de santé qui les traitera correctement sans juger leur vie sexuelle.
Les deux vidéos suivantes sont aussi des témoignages forts. « La mère de Samer » parle du soutien familial, et de l’amour qu’elle porte à son fils, atteint du VIH. « Beaucoup de personnes ont peur, fuient les stigmates. Ils ont peur aussi d’aller chez le médecin et repoussent le diagnostic et le traitement« , raconte-t-elle. Quand à Rima, c’est l’histoire de sa sœur qu’on découvre à travers elle. Une jeune femme qui doit faire face au sexisme, mais aussi aux discriminations parce qu’elle est lesbienne.
Au pays du cèdre, l’article 534 du code pénal punit les relations « contre-nature ». Ces dernières années, quelques juges l’ont condamné, même si le Parlement n’a pas encore tenté d’abolir cette loi…

Grande Bretagne : Oxford s’ouvre à la diversité

Critiquée pour son manque d’ouverture,  la plus ancienne université britannique, l’université d’Oxford, lance un programme pour faire évoluer les mentalités. Une vingtaine de portraits de femmes, personnes de couleur et membres de la communauté LGBT, tous diplômés ou enseignants, sera prochainement accrochée sur le campus.
The Diversifying Portraiture initiative est une opération qui entend « élargir l’éventail des personnes représentées » en son sein. Notamment pour « réfléchir et promouvoir sa diversité croissante et son engagement d’ouverture », est-il indiqué dans une déclaration officielle relayée par Mashable.
Oxford a, quoi qu’il en soit, un important travail à réaliser pour tordre les vieilles habitudes qui ont cours entre ses murs. En 2016, David Cameron, alors Premier ministre, avait notamment déploré qu’en 2014, l’université n’avait accueilli que 27 étudiants noirs sur 2500 inscrits. Et jusque dans les années 1970, l’accès à plusieurs entités de l’université était réservé aux hommes.
Toujours selon Mashable, les oeuvres nouvellement commandées figureront dans les principaux espaces publics du campus. Les portraits seront par ailleurs présentés dans le cadre d’une exposition dans le courant d’une année.

Vatican: Le Premier ministre du Luxembourg reçu avec son mari

Xavier Bettel, le premier ministre du Luxembourg, et son compagnon, Gauthier Destenay, architecte belge, ont tous les deux été reçus très officiellement par le Vatican à l’occasion de la rencontre des 27 dirigeants de l’UE avec le pape François le 24 mars 2017.
Ils ont été accueillis par Mgr Georg Gänswein, préfet de la maison pontificale et secrétaire personnel du pape Benoît XVI.
Xavier Bettel est le premier dirigeant homosexuel européen à être marié avec son compagnon, la loi ouvrant le mariage a été adoptée en 2015 au Luxembourg
Cela a bien entendu fortement déplu aux catholiques extrémistes et ils condamnent ce pape trop laxiste selon eux et « qui franchit un nouveau pas dans sa relativisation à marche forcée de l’homosexualité »:
Rome est dans l’abomination, tant doctrinale que morale.
« Lors donc que vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, installée dans le saint lieu alors que ceux qui seront en Judée s’enfuient dans les montagnes, que celui qui sera sur la terrasse ne descende pas dans sa maison pour prendre ses affaires, et que celui qui sera aux champs ne retourne pas en arrière pour prendre son manteau ! Malheur à celles qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! »(Matthieu 24, 15) »

USA :Un rappeur inculpé pour agression homophobe

Mousey Baby, un rappeur de Brooklyn, agé de 32 ans a été inculpé mercredi de crime homophobe pour l’agression de trois hommes à la sortie d’une discothèque gay de New York, a indiqué le bureau du procureur de Brooklyn.
Les faits remontent au 5 mars. Le suspect, surnommé  Mousey Baby, James Thomas de son vrai nom, se trouvait dans un fast wood de spécialités de poulet, et il aurait d’abord des insultes homophobes en voyant les hommes sortir de la boîte de nuit toute proche du fast-food .
Il les aurait ensuite agressés au couteau, balafrant l’un d’eux au visage, jetant un deuxième au sol et poignardant au torse et à l’épaule le troisième, venu à la rescousse. Deux des trois victimes ont été brièvement hospitalisées. James Thomas s’est rendu à la police quatre jours plus tard, après la diffusion par les médias américains des images de vidéosurveillance.
Dans le quartier de « Brooklyn, tout le monde doit pouvoir, quels que soient sa race, son appartenance ethnique, son orientation sexuelle, son sexe ou sa religion, marcher dans la rue en sécurité, sans craindre d’être stupidement attaqué », a déclaré le procureur Eric Gonzalez, dans un communiqué.
Surnommé « Mousey Baby »
« Les actes présumés du suspect semblent particulièrement graves, puisqu’il a attaqué trois personnes innocentes juste parce qu’il les percevait comme homosexuelles. Il va devoir répondre de ses actes », a-t-il ajouté. Il a été inculpé pour « crime de haine » puis relâché moyennant 150.000 dollars de caution, en attendant une audience prévue le 10 mai.
Une vague de crimes racistes
Cette inculpation intervient alors que les autorités de New York, ville qui se veut un modèle de tolérance et de diversité, ont été confrontées à une vague de crimes racistes ces dernières semaines. Ont été notamment recensées des alertes à la bombe contre des organisations juives, des graffitis de croix gammées ou, la semaine dernière, le meurtre d’un sans-abri noir, agressé pour la seule couleur de sa peau.

USA : La Caroline du Nord retire la loi HB2

Les élus de Caroline du Nord a trouver un accord pour retirer la loi controversée HB2 qui définie les règles d’utilisation des toilettes publiques par les personnes transgenres.
L’ex gouverneur de Caroline du Nord Pat McCrory avait fait voter, quand il était encore en fonction, une loi en mars 2016 imposant l’utilisation des toilettes selon le sexe inscrit sur l’acte de naissance et non selon le sexe auquel les personnes s’identifient qui avait engendré la « guerre des toilettes ».
Cette loi, jugée discriminatoire par les associations de défense des droits des personnes LGBT, avait suscité un mouvement de protestation, incarné par des artistes mais aussi de nombreuses multinationales, qui avaient boycotté l’Etat et refusé de s’y installer ou de s’y produire.
Les conservateurs qui soutenaient la loi ont obtenu cependant que seul l’Etat puisse légiférer sur le sujet empêchant les municipalités ou les autorités locales de prendre leurs propres mesures anti-discriminatoires avant 2020.
« Je soutiens le compromis sur le retrait de la loi HB2 qui sera présenté demain », a déclaré mercredi soir le gouverneur démocrate Roy Cooper. « Ce n’est pas un compromis parfait mais il retire la HB2 et permet de restaurer notre réputation ».
Pour autant les défenseurs des droits LGBT ont déploré un « mauvais compromis » car les personnes transgenres ne sont plus protégées, ni au niveau fédéral ni au niveau local, selon l’organisation Human Rights Campaign