Afghanistan: le «bacha bazi», un esclavage sexuel qui vise les jeune garçons bientôt interdit

bacha-baziL’Afghanistan s’attaque au « bacha Bazi », une pratique très répandue d’esclavage sexuel de jeunes garçons, en s’apprêtant à durcir considérablement sa législation.
Cette pratique locale pluriséculaire consistant à prendre pour esclave sexuel un jeune garçon est fréquente chez les chefs de guerre, militaires, policiers, mais aussi chez certains hommes politiques.
Habillés en femme, maquillés et les cheveux parfois teints, ces garçons âgés de 10 à 18 ans sont utilisés comme danseurs et jouets sexuels lors de soirées entre hommes. Cette pratique est largement acceptée dans un pays qui condamne l’homosexualité comme une perversion, interdite par l’islam.
La stricte ségrégation des sexes au sein de la société afghane et le manque de contact avec les femmes ont contribué à son développement, estiment les associations de défense des droits de l’Homme.
La pratique a prospéré aussi en raison de l’absence d’Etat de droit, la corruption, la difficulté d’accès à la justice, l’illettrisme, la pauvreté, l’insécurité et la présence de groupes armés, a indiqué la Commission indépendante des droits de l’Homme en Afghanistan (AIHRC) dans un rapport de 2014.
Elle soulignait que la loi afghane punit le viol et l’homosexualité mais ne contient aucune disposition précise concernant le « bacha bazi », d’où un « vide et une ambiguïté » du système sur le sujet.
Le gouvernement, sous pression des militants des droits de l’Homme qui dénoncent cette pratique, semble désormais prêt à agir et à adopter des lois punissant sévèrement ses auteurs.
Le code pénal afghan sera révisé pour inclure des peines de prison et même la peine capitale pour les cas les plus graves, comme le viol de plusieurs enfants. « Il y a tout un chapitre criminalisant la pratique du bacha bazi dans le nouveau code pénal », a indiqué à l’AFP Nader Nadery, un conseiller du président afghan Ashraf Ghani.
« Le code devrait être adopté ce mois-ci. Cela représentera un grand pas vers la fin de cette affreuse pratique », a-t-il ajouté.
Les défenseurs des droits de l’Homme tentaient depuis des années de convaincre les autorités de légiférer contre le bacha bazi mais se heurtaient à une vive réticence de certains députés.
Le nouveau code pénal devrait être adopté par décret présidentiel au cours de l’actuelle pause parlementaire. Mais Soraya Sobhrang, de la Commission indépendante des droits de l’Homme, redoute que certains élus ne tentent de l’affaiblir lorsqu’il sera examiné par le Parlement.

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