Les homosexuels victimes de discriminations dans leur famille

big-homophobie-mr-qarticle repris du site de l’Observatoire des inégalités
Parmi les 200 témoignages d’homosexuels évoquant des discriminations au sein de leur famille ou de leur entourage, recueillis par SOS Homophobie en 2016, trois quarts signalent des formes de rejet de la part de leurs proches et plus de 40 % ont été victimes d’insultes au sein de leur famille. 15 % des homosexuels qui témoignent se disent victimes d’agressions physiques de la part de leurs proches.
Sept témoignages sur dix impliquent les parents eux-mêmes. Avant l’annonce à la famille de leur orientation sexuelle, les jeunes ayant entendu leurs parents désigner les homosexuels comme anormaux ou malades, renoncent à se dévoiler et « vivent dans la crainte de la réaction de leurs parents et la honte de devoir se cacher », notent les auteurs du rapport.
Au moment du « coming-out », les réactions familiales peuvent être parfois très violentes. La remise en cause de leur éducation, de leur religion et du modèle familial traditionnel conduit une partie des parents à des menaces ou à du chantage envers leurs enfants (18 % des témoignages). Des formes de privation de libertés (interdiction de sortie, d’avoir un copain ou une copine, rétention de courrier, changement d’établissement scolaire, etc.) font peser un climat de défiance là où, en principe, la confiance est de mise. L’altération des relations familiales peut être vécue très difficilement par les homosexuels.
Les discriminations liées à l’orientation sexuelle dans la sphère privée, qui s’exercent dans l’intimité de la famille ou avec des amis, sont difficiles à mettre à jour et encore plus à mesurer. Les données produites par SOS Homophobie portent sur des témoignages : cela ne signifie pas que les trois quarts des personnes homosexuelles font l’objet de formes de rejet de la part de leur famille : il s’agit bien des trois quarts de ceux qui ont témoigné.
Ceci dit, la sphère privée est souvent idéalisée, présentée comme protectrice alors que ces données montrent que c’est loin d’être toujours le cas. Ici comme ailleurs, les discriminations existent, d’autant plus blessantes qu’elles viennent de personnes qui sont proches. Comme l’indique le sociologue Sébastien Chauvin (lire notre entretien), la question des relations parents-enfants est centrale, même là où l’homosexualité est « tolérée » (sous-entendu, elle reste une déviance) alors qu’elle devrait être banalisée.
Ces données témoignent de la difficulté de mesurer l’ampleur et la portée de discriminations dont la scène se déroule dans un cadre privé et qui ne se manifestent pas toujours par des violences explicites. Menées par des proches, répétées dans le temps, elles font parfois aussi mal que des violences physiques à celui qui les subit. Certes, globalement, de la famille à l’entreprise en passant par les loisirs, l’homosexualité est de mieux en mieux acceptée dans notre société au fil du temps. La mise en avant d’actes homophobes est aussi le reflet de leur prise en compte : ils étaient bien plus souvent passés sous silence autrefois. Ces données – qui, encore une fois, portent sur des témoignages reçus – montrent cependant que beaucoup reste à faire pour arriver à une banalisation.

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