Maroc : autorisation refusée pour Akaliyat, association de défense des droits LGBT

marocLe collectif Akaliyat (« minorités » en arabe), première association marocaine de défense des droits de la communauté LGBT, s’est vue opposer une fin de non-recevoir à sa demande de visa légal par les autorités. Selon le communiqué publié par l’association, le gouverneur de Rabat-Salé a tout simplement rejeté la réception du dossier remis notamment par son président, Tarik Naji. Pour seule explication, le wali de la région a avancé que la demande ne respectait pas plusieurs dispositifs légaux et que l’association n’avait précisément pas informé les autorités de l’assemblée générale constitutive organisée le 24 décembre 2016.
Un prétexte qui, loin de freiner la motivation des militants du collectif, ne fait que la renforcer.
«En dépit de harcèlement répété, nous nous accrocherons à notre droit de nous constituer en association (…) », affirme le texte du communiqué. « Nous poursuivrons notre combat pour les libertés et pour protéger les minorités », est-il ajouté. Akaliyat entend défendre « les personnes opprimées pour leur orientation sexuelle ou religieuse, rejette la violence et l’extrémisme et promeut les valeurs de tolérance et de vivre-ensemble dans la société ». Il est toutefois un fait indiscutable : l’assemblée constitutive préalable au dépôt de l’autorisation légale s’est effectivement déroulée dans le plus grand secret : aucun média n’a été sollicité pour couvrir cet événement, au cours duquel un organe exécutif composé de 24 membres a été élu.
Il s’agit de la première association au Maroc de défense des minorités sexuelles et religieuses à avoir franchi le pas de la demande d’autorisation légale. Les autres collectifs similaires de défense des droits LGBT, s’ils sont nombreux et que les causes qu’ils défendent obtiennent de plus en plus de visibilité, opèrent néanmoins dans la clandestinité par rapport à la loi.
L’article 489 du Code pénal du royaume considère l’homosexualité comme un crime passible de peines d’emprisonnement allant de six mois à trois ans. Une loi qui reflète l’opprobre général de la société marocaine vis-à-vis des personnes aux orientations sexuelles jugées déviantes. Selon l’article 3 de la loi qui régit la constitution et la reconnaissance des associations à but non lucratif, est considérée comme « nulle toute association fondée sur une cause ou un objet illicite, contraire aux lois et à la morale publique, et qui a comme objectif d’attenter à la religion musulmane, à l’intégrité territoriale ou au régime monarchique  ».

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