Inde : Un prince gay en lutte contre le sida

Manvendra Singh Gohil appartient à la famille royale de l’ancien État princier du Rajpipla de l’Inde.
En 2006, il provoque la surprise en révélant publiquement son homosexualité, devenant ainsi le seul membre de la descendance royale indienne moderne ouvertement gay. Une action qui a valu à ce membre de l’une des plus riches familles de l’ancienne Principauté du Rajpipla, d’être déshérité par ses parents (auprès de qui il avait déjà fait son coming-out quatre ans plus tôt) qui n’ont pas supporté cette révélation publique.
Première personnalité royale à révéler publiquement son homosexualité en Inde, Manvendra Singh Gohil est depuis dix ans à l’avant-garde du combat contre le sida. Il est allé jusqu’à suspendre des préservatifs aux arbres pour encourager les rapports sexuels protégés.
Sa célébrité et son statut royal, il s’en sert pour éduquer la communauté gay en Inde et faire connaître aux homosexuels leurs droits dans ce pays où l’homosexualité reste pénalisée.
Depuis, Manvendra Singh Gohil participe à la campagne contre une loi datant de l’ère coloniale qui pénalise les actes homosexuels en Inde et contribue selon lui à la propagation du sida. « Les gens ont des rapports sexuels dans la peur et ne prennent pas les mesures pour se protéger », dit-il, affirmant que le travail de sa fondation Lakshya en faveur de rapports sexuels protégés se heurte à l’obstruction constante des forces de police.
Les employés de la fondation sont souvent pris pour cibles. Même un contrat avec le gouvernement pour distribuer des préservatifs ne suffit pas à les protéger, selon Manvendra Singh Gohil.
L’Inde est le troisième pays au monde en nombre de personnes contaminées par le virus du sida, selon les Nations unies. Le pays comptait 2,1 millions de séropositifs en 2015, même si la propagation du virus ralentissait.
Signe positif: deux projets de loi destinés à mettre fin aux discriminations envers les transsexuels et les séropositifs sont actuellement discutés au Parlement indien. Mais certains des partisans du texte concernant les transsexuels en dénoncent une clause qui forcerait les gens à déterminer leur sexe. Une disposition contraire selon eux à une décision de la Cour suprême qui autorise chacun à « s’auto-identifier » comme transsexuel.
Les rapports homosexuels ont été décriminalisés dans les faits lorsque la Haute Cour de Delhi a estimé en 2009 que leur interdiction constituait une atteinte aux libertés fondamentales. Mais ce jugement a été annulé en 2013 par la Cour suprême: la plus haute instance judiciaire du pays a considéré qu’il revenait aux élus, et non aux juges, d’amender cette loi de 1861.

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