Dans neuf régions de Russie, 1 habitant sur 100 est séropositif

sidaSelon les données d’ONUSIDA, le programme regroupant les structures des Nations Unies chargées de la prévention du VIH et du SIDA, en 2015, 80 % des nouveaux cas de contamination au VIH en Europe orientale et en Asie centrale correspondaient à la Russie.
La Russie compte un peu plus d’un million de séropositifs en 2016, selon diverses estimations. Un chiffre d’autant plus alarmant que les autorités peinent à combattre ce fléau. La direction municipale pour la santé de Ekaterinbourg, où un habitant sur 50 est porteur du VIH (virus de l’immunodéficience humaine), a décidé de tirer la sonnette d’alarme, le 1er novembre.
Selon diverses estimations, la Russie compte un peu plus d’un million de séropositifs en 2016
« Nous avons officiellement annoncé une épidémie de VIH dans la ville », a déclaré, le même jour, la première adjointe du directeur du département pour la santé de la mairie, Tatiana Savinova, soulignant que ces données ne représentaient que les cas enregistrés officiellement. « Les chiffres réels sont plus élevés », a-t-elle ajouté.
La direction municipale pour la santé fait état de 26 693 cas d’infection au VIH enregistrés dans la ville, soit 1 826 personnes pour 100 000 habitants ou 1,8 % de la population.
Parmi les voies de contamination à Ekaterinbourg, c’est l’échange de seringues entre toxicomanes qui arrive en tête (52 %), suivi par les rapports sexuels (46 %), a précisé Mme Savinova, notant que l’on observe toutefois une très forte augmentation de la transmission par rapport sexuel.
Le maire de Ekaterinbourg, Evgueni Roïzman, a pour sa part affirmé que le niveau élevé de contamination par le VIH dans sa ville était en réalité caractéristique de toute la Russie. « Ne vous faites pas d’illusions : la situation est la même dans tout le pays. Simplement, nous travaillons sur le dépistage, et nous n’avons pas peur d’en parler », a-t-il déclaré. Interviewé par RBC, le maire a expliqué que la principale cause de propagation du virus était une conséquence de la « narco-catastrophe de l’héroïne de la fin des années 1990-début des années 2000 ».
Selon les calculs de RBC, basés sur les statistiques officielles et celles du Centre fédéral de lutte contre le SIDA, 0,6 % de la population russe était atteinte du virus de l’immunodéficience humaine à la fin 2015. Neuf régions se trouvent dans une zone à haut risque, avec au moins 1 % de la population atteinte. Il s’agit d’abord des régions d’Irkoutsk et de Samara, avec respectivement 1,7 et 1,6 % de personnes atteintes du VIH. Viennent ensuite les régions de Ekaterinbourg (1,6 %), Kemerovo (1,5 %), Orenbourg (1,2 %), la région de Saint-Pétersbourg (1,2 %), Tcheliabinsk (1 %), la ville de Saint-Pétersbourg (1%) et la région de Tioumen (1 %).
Pour le directeur du Centre fédéral de lutte contre le SIDA, Vadim Pokrovski, la Russie doit, afin de juguler cette épidémie, introduire des cours d’éducation sexuelle dans les écoles et la thérapie de substitution pour les toxicomanes. Mais ces mesures provoquent une forte résistance au sein de la partie la plus conservatrice de la société, note l’expert. « En France ou en Allemagne, la thérapie par la substitution est légale, et ces pays recensent dix fois moins de personnes atteintes du SIDA que la Russie. Mais chez nous, les conservateurs appellent le pays à choisir sa voie propre – et tant que ce sera le cas, le nombre de personnes contaminées continuera d’augmenter. Il faut d’abord enrayer l’épidémie, et seulement ensuite, faire la promotion d’un mode de vie sain », résume le directeur.
Pourtant, cette position n’est pas partagée par la Douma. Le 2 novembre, la députée Tamara Pletniova, responsable du département pour les questions de la famille, des femmes et des enfants a ainsi proposé de lutter contre l’épidémie du VIH par l’éducation morale.
« Nous devons revoir en profondeur l’éducation morale de nos concitoyens. La famille est le fondement de l’État, mais qu’est-ce que l’on montre aujourd’hui, dans les émissions de télé ? Les gens se marient et divorcent dix fois – et on trouve ça normal », a déclaré la députée du parti communiste, soulignant qu’il fallait parler des valeurs familiales aussi bien dans les médias qu’à l’école.
En 2016, le gouvernement russe a alloué 2,3 milliards de roubles supplémentaires (environ 32 millions d’euros) au ministère de la santé pour l’achat de médicaments antiviraux destinés à la prévention et au traitement des malades séropositifs, selon un décret signé par le Premier ministre Dmitri Medvedev. C’est la région de Ekaterinbourg qui bénéficie de la somme la plus importante parmi les régions, avec un budget de 260,6 millions de roubles (environ 3,7 millions d’euros).
Le 25 octobre dernier, le gouvernement a adopté une nouvelle stratégie de lutte contre l’épidémie de VIH, qui prévoit notamment une multiplication par trois du nombre de personnes suivant un traitement : de 26,3 à 90 %.
Il y a un an, en octobre 2015, la ministre de la santé Veronika Skvortsova avait alerté sur la menace de l’épidémie VIH en Russie, affirmant notamment que le nombre de personnes atteintes du virus pourrait augmenter de 250 % d’ici 2020, si l’on conservait « le niveau actuel de financement ».
Selon les données d’ONUSIDA, le programme regroupant les structures des Nations Unies chargées de la prévention du VIH et du SIDA, en 2015, 80 % des nouveaux cas de contamination au VIH en Europe orientale et en Asie centrale ont été détectés en Russie.

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