Grande Bretagne : L’Eglise anglicane face aux opposants à l’ouverture à l’homosexualité

peter sanlonLes représentants d’une douzaine de paroisses anglicanes de zones rurales de l’Angleterre s’apprêtent à se réunir à Tunbridge Wells dans le Kent, cette semaine, pour créer un « synode de l’ombre » attaché au maintien de l’enseignement traditionnel chrétien sur l’homosexualité.
Cette rencontre sera animée par le prêtre Peter Sanlon de l’église Saint Mark du diocèse de Rochester, dans le Kent. Ce dernier a expliqué au Telegraph :
Si les dignitaires de l’Eglise d’Angleterre diluent les enseignements bibliques de l’Eglise d’Angleterre sur des questions essentielles comme celle de l’homosexualité, ce synode pourrait évoluer vers une nouvelle juridiction anglicane en Angleterre. (…) Ma principale inquiétude est effectivement de voir l’Eglise d’Angleterre abandonner ses missions. Un partenariat avec des Eglises qui promeuvent cela n’est pas possible, notamment avec celles qui soutiennent l’ambiguïté dans l’enseignement de la sexualité.
Ces « traditionalistes » anglicans affirment ne pas avoir l’intention de se séparer dans l’immédiat de la hiérarchie de l’Eglise d’Angleterre mais ils ne cachent pas leur volonté de créer des structures « embryonnaires » utilisables à cette fin si l’Eglise « établie » accentue son orientation libérale.
L’ouverture du mariage aux homosexuels a provoqué une scission parmi les 80 millions de membres de la communion anglicane à travers le monde : des communautés se sont séparées aux États-Unis et au Canada après l’ordination d’« évêques » ouvertement gays.
Ces dissensions au sein de l’Eglise d’Angleterre sont apparues au moment de l’adoption du mariage pour tous au Royaume-Uni. En effet, la loi laissait la possibilité aux religions de célébrer ou non des mariages religieux. Cependant, une exception a été prévue pour l’Eglise d’Angleterre – la seule à avoir le statut de religion d’Etat dans le pays – qui n’était pas obligée de célébrer des mariages homosexuels et ne pouvait être poursuivie pour discrimination, ce qu’elle redoutait.
Au sein de l’Eglise d’Angleterre, de nombreuses voix se sont élevées contre cette disposition, la jugeant rétrograde voire discriminatoire. En effet, l’Eglise d’Angleterre autorise les prêtres hétérosexuels à se marier mais pas les prêtres homosexuels qui ne peuvent que s’unir civilement, tout en devant rester chaste. D’autres positions sont ambiguës. Ainsi, depuis 2013, l’Eglise d’Angleterre a autorisé les prêtres homosexuels à être ordonnés évêques à condition de demeurer célibataires. Enfin, les femmes peuvent devenir prêtres mais pas évêques.
Pour l’heure, leur alliance se veut une « Eglise dans l’Eglise », mais ces anglicans conservateurs n’excluent pas la pleine séparation avec la hiérarchie anglicane si, par exemple, l’Eglise d’Angleterre se mettait à proposer des cérémonies de bénédiction pour les unions des couples de même sexe, question sur laquelle devraient se pencher ses « évêques » dans les mois à venir.
Avec ou sans la bénédiction de cette hiérarchie, les frondeurs attachés aux enseignements traditionnels entendent discuter de la fondation de nouvelles structures anglicanes, dans une démarche qui passerait par l’étape cruciale du refus de subventionner l’Eglise anglicane établie : le fruit des quêtes dans les paroisses concernées serait conservé pour financer leurs propres activités « missionnaires ».
Selon le correspondant religieux du Telegraph, John Bingham, les pourparlers devraient également porter sur le rattachement à un réseau de congrégations qui ne font pas partie de l’Eglise Angleterre, notamment au sein d’une alliance puissante d’évêques anglicans étrangers, Africains pour un grand nombre d’entre eux.
Leur initiative intervient alors que l’archevêque de Canterbury, Justin Welby, vient de dire qu’il est « constamment consumé par l’horreur » à la pensée du traitement par l’Eglise d’Angleterre des personnes gays et lesbiennes. Interpellé au festival chrétien de Greenbelt en cette fin de semaine, il a répondu à l’interpellation d’un homosexuel sur l’éventualité d’une bénédiction de son partenariat civil qu’il n’avait « pas de bonne réponse » mais que cette question l’empêchait régulièrement de dormir.
Un sondage réalisé par YouGov en début d’année montre que 43% des Anglicans interrogés considèrent que le mariage entre personnes de même sexe est « bon » quand 35% d’entre eux le jugent « mauvais » ; une tendance qui s’est inversée en 3 ans.

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Classé dans homophobie, religion

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