Archives mensuelles : avril 2009

Hongrie : le partenariat civil adopté par le Parlement

Le Parlement hongrois a adopté, lundi 20 avril 2009, une loi créant un partenariat civil ouvert aux couples de même sexe.

Le Parlement hongrois a adopté, lundi 20 avril 2009, une loi créant un partenariat civil ouvert aux couples de même sexe. Ce progrès a été permis par l’engagement unanime des députés socialistes, qui forment la majorité du gouvernement du Premier ministre Ferenc Gyurcsany. L’opposition de droite, membre du Parti populaire européen (PPE) à l’instar de l’UMP, s’est opposée à toute reconnaissance des couples de même sexe.

Le gouvernement hongrois avait engagé le débat dès 2007, en présentant au Parlement un projet de loi voisin du pacs français, créant un statut du couple intermédiaire entre le mariage et le concubinage, et ouvert à tous les couples. Ce premier projet de loi, adopté en décembre de la même année, avait été censuré par la Cour constitutionnelle hongroise peu avant son entrée en vigueur, prévue pour le 1er janvier 2009. Cette juridiction avait en effet estimé que la protection du mariage par la Constitution hongroise rendait impossible en l’état l’établissement d’un autre statut du couple ouvert aux couples hétérosexuels.

Le Parti socialiste hongrois a donc choisi, le 16 février dernier, de déposer au Parlement un nouveau projet de loi sur un partenariat civil limité aux seuls couples de même sexe. Comme dans le projet initial, les couples concernés bénéficieront des droits associés au mariage, à l’exception de la possibilité de prendre le nom du conjoint et du droit à l’adoption conjointe et à la procréation médicalement assistée. De plus, la loi adoptée prévoit une reconnaissance des couples vivant en concubinage, de même sexe comme de sexes différents.

HES (Homosexualités et Socialisme) salue cette avancée vers l’égalité des droits, et souligne qu’une fois de plus, la gauche européenne est à l’origine de progrès dans la reconnaissance des couples et des familles LGBT, alors que les forces de droite s’y refusent par principe. HES s’associe également aux associations LGBT hongroises dans leur demande de nouveaux progrès qui, comme en France, seront nécessaires pour conduire, à terme, à l’égalité pour les citoyen-ne-s LGBT.

source : une famille comme les autres  www.E-llico.com

Poster un commentaire

Classé dans info

Mariage gay au Portugal

La Conférence épiscopale portugaise (CEP) a appelé jeudi les électeurs chrétiens à respecter les valeurs morales qu’elle défend, et notamment son opposition au mariage homosexuel, lors des échéances électorales prévues en 2009

« L’électeur chrétien ne peut trahir sa conscience lors du vote », ont affirmé les évêques portugais dans une note pastorale, jugeant que « les options politiques des catholiques doivent être conformes aux valeurs de l’Evangile ».

En vue des élections européennes de juin, puis des législatives et des municipales qui se tiendront à l’automne, la CEP a énoncé « quelques critères », dont « la protection de l’institution familiale, fondée sur la complémentarité homme-femme », afin d’aider les catholiques à choisir leurs candidats.

Selon les responsables de l’Eglise catholique, très largement majoritaire au Portugal, la famille « a subi de multiples attaques, tels que la tentative de redéfinir le mariage, en le plaçant sur le même plan que les unions de personnes de même sexe, et la banalisation du divorce ».

En janvier, le Premier ministre socialiste José Socrates s’était engagé à inscrire le mariage homosexuel – mais pas l’adoption par des couples de même sexe – dans le programme qu’il défendra lors des prochaines élections législatives.

Une nouvelle loi du divorce, qui a notamment introduit la possibilité d’un divorce « sans consentement d’un des conjoints », est entrée en vigueur en décembre dernier.
Dans la note pastorale publiée jeudi sous le titre « Droit et devoir de voter », la CEP a par ailleurs affirmé que « les responsables politiques ont le devoir de formuler des programmes électoraux réalistes et réalisables (…) pour que l’espoir ne fasse place à des désillusions ».

Poster un commentaire

Classé dans mariage homosexuel

Don du sang : un homosexuel porte plainte pour discrimination

L’interdiction faite aux homosexuels de donner leur sang continue de faire des vagues. À Alès, dans le Gard, un homme de 28 ans a décidé de porter plainte contre l’Établissement français du sang (EFS). Le 27 mars dernier, un médecin de cette institution lui a refusé un don du sang en lui signifiant qu’en raison de son orientation sexuelle, ce n’était pas possible. Cet homme juge la situation « rabaissante » et « humiliante ». Il vit en couple depuis quatre ans et demi est « fidèle ». Selon son avocat, cette contre-indication permanente est une « discrimination » et l’arrêté qui fixe cette règle est « contraire à la directive européenne de 2004, qui parle de comportements et pas d’orientation sexuelle ».

Un Alésien de 28 ans a déposé une plainte contre X pour discrimination devant le procureur de la République d’Alès après un refus de don du sang pour cause d’homosexualité. L’Etablissement français du sang (EFS) se fonde sur un récent arrêté du 12 janvier 2009 qui écarte définitivement tout donneur masculin ayant eu des rapports sexuels avec un autre homme, même de façon protégée. Dans le cas des hétérosexuels, ne sont rejetés que les donneurs ayant eu un rapport non protégé avec un partenaire récent ou occasionnel et en cas de multipartenaires. Une période de quatre mois après le dernier rapport est nécessaire avant de pouvoir donner à nouveau son sang.

Une législation « passé totalement inaperçue » qu’Alexandre Marcel a découverte avec incrédulité. L’affaire a été confiée au cabinet d’avocats montpelliérain de Me Phung. « C’est une discrimination d’Etat, confie Alexandre Marcel. Comment vouloir que les orientations sexuelles soient acceptées par la société si l’Etat a un comportement discriminatoire et s’il stigmatise les homosexuels ? »

Vivant en couple depuis plus de quatre ans, l’Alésien n’accepte pas que le donneur universel qu’il est (groupe O) ne puisse pas donner son sang. « En tant que citoyen, je n’accepte pas d’être communautarisé de la sorte, à mon insu. En plus je suis catalogué à vie comme homosexuel dans le fichier de l’Etablissement français du sang. »
Et il n’apprécie pas non plus que son « homo-sentimentalité » lui vaille une étiquette d’infidélité potentielle pour son partenaire. Car en filigrane, c’est bien ce qui est présupposé. « Il y a aussi des hommes qui trompent leur femme et des femmes qui trompent leur homme. Ce n’est pas parce que l’on est homosexuel que l’on ne peut pas être fidèle. Les catholiques qui suivent le Pape n’utilisent pas de préservatif. Cela n’en fait pas une communauté à risque. » « Avec cette loi, on en reste sur l’image sida égale homosexualité. C’est profondément injuste », plaide Maître Abratkiewicz. Qui rappelle que la législation française interdit toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle. Tout comme la législation européenne et la Charte des Droits de l’Homme. « La directive européenne préconise des critères médicaux et pas seulement l’orientation sexuelle. »

A Toulouse, le directeur de l’EFS défend le texte du ministère de la Santé « pour des raisons de sécurité ». « Pour le sida, les études montrent que, pour les homosexuels masculins, le taux de contamination est entre 60 et 100 fois plus important que pour le reste de la population. Et que le taux de multipartenariat est bien supérieur aux hétérosexuels. En médecine, nous sommes obligés de raisonner statistiquement. Et le risque est beaucoup plus important », affirme le docteur François Destruel.

Le médecin explique qu’après une contamination, le virus du sida n’est pas dépistable dans les quinze jours dans 100 % des cas et qu’il peut être dépisté dans 90 % des cas au bout d’un mois. Au bout de quatre mois, il est détecté de façon certaine pour l’EFS. Mais pour Alexandre Marcel cela n’enlève rien à la présupposée infidélité des homosexuels.

Poster un commentaire

Classé dans info

Sénégal: la justice remet en liberté 9 hommes condamnés pour homosexualité

La cour d’appel de Dakar a annulé le procès verbal qui avait conduit à ce verdict, conformément aux requêtes de la défense qui évoquait de nombreuses irrégularités.La condamnation de neuf hommes à huit ans de prison pour «homosexualité» en janvier dernier avait suscité de nombreuses réactions, y compris à l’échelle internationale. Mais la Cour d’appel de Dakar a annulé lundi la procédure judiciaire ayant conduit à ce verdict, et a ordonné leur remise en liberté.   

Neuf Sénégalais condamnés en janvier à huit ans de prison ferme pour homosexualité devaient être libérés de prison lundi sur ordre de la Cour d’appel de Dakar qui a annulé la procédure judiciaire.Le président de la cour d’appel, Bara Niang, a publiquement annoncé lundi matin que sa juridiction ordonnait l’annulation du « procès verbal d’enquête et de la procédure subséquente » et « la mainlevée des mandats de dépôt ».Les neuf hommes, tous âgés de moins de 30 ans, avaient été condamnés le 7 janvier pour « acte impudique et contre nature et association de malfaiteurs » après avoir été arrêtés en décembre, à Mbao, à la périphérie de Dakar. »Ils vont sortir ce soir » de prison, s’est aussitôt félicité Me Biram Sassoum Sy, un des avocats de la défense, interrogé par l’AFP.Au cours du procès en appel, les défenseurs n’avaient pas abordé le fond. Ils avaient d’abord soulevé de « nombreuses exceptions de nullité » et rejeté toute idée de flagrant délit. »Suite à une dénonciation anonyme par téléphone, la police avait fait une descente en pleine nuit dans un appartement privé, et le principal accusé, dirigeant d’une association de lutte contre le sida, était allé ouvrir », a relaté l’un des avocats, Me Issa Diop, interrogé par l’AFP. »Il a été avancé que ces hommes avaient été trouvés en pleins ébats, mais c’est faux. La police a saisi des objets et des téléphones portables avec des photos, et s’est basée sur cela pour monter un dossier », a ajouté l’avocat.Au nom de l’accusation, l’avocat général lui-même avait souligné qu’il ne s’opposait pas à l’annulation des actes juridiques.Au Sénégal, pays essentiellement musulman, l’homosexualité est déniée et réduite à la clandestinité. Officiellement interdite, elle est passible d’une peine d’un à cinq ans d’emprisonnement.

Les  neuf hommes avaient écopé de huit ans de prison ferme et 500.000 francs CFA (760 euros) d’amende chacun. Leur condamnation pour « association de malfaiteurs », comme s’ils s’étaient concertés pour un délit, avait en effet alourdi la peine. »La décision rendue ce lundi nous réconforte et nous conforte dans notre position que la justice sénégalaise est objective et sereine. Elle a jugé en toute responsabilité et non pas en fonction d’injonctions extérieures », a estimé Me Sy, en faisant allusion aux critiques internationales.Des organisations de défense des droits humains et de lutte contre le sida avaient « exhorté » les autorités sénégalaises à décriminaliser l’homosexualité, tandis que le président français Nicolas Sarkozy avait exprimé son « émotion » et sa « préoccupation ».La grande majorité des Sénégalais, en revanche, approuvait l’emprisonnement des neuf hommes, qualifiés de « goordjiguen » (+homme-femme+ en langue wolof), « impurs ». « Il faut les supprimer! », entendait-on parfois dans les conversations.Le quotidien L’Observateur a cependant publié lundi un entretien avec l’universitaire sénégalais Cheikh Niang, expliquant que « le fait qu’il y ait différentes formes d’orientation sexuelle est un phénomène anthropologique qui a existé dans toutes les sociétés ». Le chercheur affirme également en tant que musulman: « je me suis dit que la diversité sexuelle n’était pas de mon fait, pas non plus du fait du juge, mais de Dieu » et que « l’on n’a pas le droit de tuer une personne que Dieu a faite ».

Poster un commentaire

Classé dans homophobie

Irak: un groupe menace les homosexuels

Un groupe inconnu a lancé aujourd’hui des menaces de mort à l’encontre des homosexuels sur des affiches placardées à Sadr City, le bastion à Bagdad du dirigeant radical chiite Moqtada Sadr.

« Nous allons vous punir, dépravés », disent les affiches signées par « les brigades de la vertu », citant des noms de présumés homosexuels.
Selon des habitants du quartier, les personnes ainsi désignées ont choisi de se cacher.
Dans un autre endroit du quartier un graffiti prévenait: « nous vous aurons, petits chiens », un terme d’argot pour signifier homosexuels en arabe.
Début avril, les corps criblés de balles de trois jeunes hommes, présentés comme homosexuels, avaient été retrouvés dans un terrain vague à la limite de Sadr City, un quartier pauvre de Bagdad où vivent près de 2 millions d’Irakiens.
Sur deux des corps, une feuille de papier était posée avec le mot « dépravé ».
Un des leaders du courant de Sadr, cheikh Jassem al-Moutaïri, a récemment fustigé « les nouvelles pratiques privées de certains hommes qui s’habillent comme des femmes, qui sont efféminés ». Il a appelé les familles à « empêcher leurs enfants de suivre cette façon de vivre ».
 

« Nous allons vous punir, dépravés »

Poster un commentaire

Classé dans info

un garçon de 11 ans se suicide parce qu’à l’école on le traitait de PD

Carl Walker-Hoover, un garçon américain de 11 ans, s’est suicidé le 6 avril dernier au domicile familial parce qu’il était victime des moqueries de ses camarades qui le traitait de « pédé ».
L’écolier s’est pendu, las d’être harcelé pour son attitude prétendument efféminée. Il a laissé un mot pour s’excuser de son acte auprès de sa mère.
Celle-ci a estimé publiquement que le « harcèlement lié à l’identité sexuelle » était encore « toléré », « là où on ne tolèrerait pas le harcèlement racial ».
Elle met en cause les enseignants et l’administration de l’école où son fils était scolarisé pour leur manque de réaction face à traitement dont son fils était victime de la part des autres élèves et appelle à une prise de conscience de ce phénomène.

Poster un commentaire

Classé dans info

New York pourrait devenir le 5eme Etat à autoriser le mariage homosexuel

Le gouverneur de l’Etat de New York David Paterson a présenté jeudi un projet de loi visant à autoriser le mariage gay qui, s’il était adopté, ferait de New York le cinquième Etat américain, et le plus important, à autoriser les unions homosexuelles. »Je présente une loi pour apporter l’égalité des unions dans l’Etat de New York », a déclaré M. Paterson.
« Nous avons l’honneur et le devoir de nous assurer que l’égalité existe pour tous », a-t-il indiqué sur la chaîne de télévision locale NY1, comparant la question du mariage homosexuel à celle des droits religieux, raciaux ou de l’égalité des sexes.
« Nous avons tous connu le fléau des discriminations Nous nous élevons pour dire au monde que nous voulons l’égalité pour tous. Nous nous élevons pour dire que nous voulons l’égalité pour les mariages » a ajouté le premier gouverneur noir de New York.L’adoption de cette loi par les parlementaires de l’Etat dans la capitale Albany, était toutefois loin d’être assurée, un projet de loi similaire ayant été rejeté en 2007 par le Sénat, à majorité républicaine à l’époque. Les démocrates y disposent désormais d’une faible majorité, mais celle-ci pourrait s’avérer insuffisante, selon les experts.Cette initiative intervient après l’adoption de lois similaires dans le Vermont (nord-est) la semaine dernière et dans le Connecticut (nord-est), l’Iowa (centre) et le Massachusetts (nord-est).L’Organisation Nationale pour le Mariage (NOM), opposée aux unions entre personnes de même sexe, a appelé les new-yorkais à envoyer des lettres de protestation à leurs représentants. »C’est le moment d’envoyer un message aux parlementaires de New York: au coeur de la plus importante crise économique depuis des générations, le moment est mal venu pour semer la pagaille dans le mariage », écrit le groupe sur son site internet.Pour l’heure, aucune indication n’était disponible concernant la date d’un vote sur le projet de loi.New York a une importante communauté homosexuelle et l’adoption d’une telle loi dans l’Etat en ferait un puissant porte-drapeau.Pour la militante pour les droits des homosexuels Roberta Sklar, qui s’est dite « optimiste », « débute désormais le travail pour obtenir les voix nécessaires au Sénat ».Le maire de New York Michael Bloomberg a indiqué pour sa part qu’il est clair que « le vent est en train de changer ».Malgré tout, même dans les Etats ayant donné leur feu vert aux mariages homosexuels, la bataille a été serrée. Dans le Vermont, il a fallu que l’assemblée à majorité démocrate passe outre un veto du gouverneur.La Californie (ouest) reste quant à elle bloquée dans une bataille judiciaire entre partisans et opposants au mariage homosexuel.En plus des quatre Etats autorisant le mariage gay, neuf autres permettent aux couples homosexuels de bénéficier de certains droits des couples mariés, via d’autres types d’unions légales.
Un sondage publié ce mois-ci par l’Université Quinnipiac montre que seuls 41% des électeurs de New York sont favorables au marge homosexuel et 19% contre, 33% se prononçant en faveur d’un autre type d’unions civiles.

Poster un commentaire

Classé dans mariage homosexuel

«Don’t ask Don’t tell» :Les militaires homosexuels accueillis avec prudence aux USA

Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a appelé jeudi à une approche très prudente de la politique d’ouverture de l’armée à l’égard des homosexuels.   Barack Obama avait pourtant promis la fin de la discrimnation des gays au sein de l’armée.

Lors de la campagne électorale à la présidence, Barack Obama avait promis la fin de la discrimnation des gays au sein de l’armée.«Je pense que cela doit être fait très très prudemment», a déclaré M. Gates à Carlisle (Pennsylvanie) où il venait défendre son budget devant les officiers de l’armée de terre de l’Army War College.  Aux Etats-Unis, une loi baptisée «Don’t ask Don’t tell» (»Ne rien demander, ne rien dire») autorise les gays et lesbiennes à servir sous les drapeaux à condition de garder sous silence leur identité sexuelle.«Il y a une loi. Si la loi change, notre politique changera aussi», a-t-il poursuivi. «Le président (Obama) a clairement montré où il voulait aller» mais il faudra mettre fin à cette règle d’une «façon prudente», a ajouté M. Gates.

D’autres problèmes à résoudre

«C’est un problème complexe et difficile», a souligné le secrétaire à la Défense. «L’armée est actuellement sous une pression considérable» à cause des guerres en Irak et en Afghanistan», a-t-il relevé. «Si nous prenons cette voie, nous devons le faire de façon à réduire tous les inconvénients» liés à un changement de la politique de l’armée sur ce sujet, a-t-il insisté.

Quand le président Truman a signé la loi d’intégration en 1948, un décret instaurant la fin de la ségrégation raciale dans les forces armées, cela a pris «cinq ans avant que le processus aboutisse», a rappelé M. Gates.

Discussions en cours «Je ne dis pas que cela constitue un modèle, mais je pense que c’est quelque chose qui doit être fait très très prudemment», a-t-il déclaré. Il a indiqué avoir entamé des discussions à ce sujet avec le chef d’état-major interarmées Michael Mullen et le président Obama.

Depuis l’adoption de loi «Don’t ask Don’t tell» en 1993, environ 13 000 soldats ont été renvoyés après avoir évoqué leur homosexualité ou avoir été dénoncés, selon le Réseau de défense juridique des militaires (SLDN), association qui milite pour la fin de la discrimination envers les homosexuels dans l’armée

Poster un commentaire

Classé dans info

Abdellah Taïa: L’homosexualité expliquée à ma mère

Loin de toute polémique, loin des tabous et des lois, l’écrivain Abdellah Taïa (L’armée du salut, Une mélancolie arabe) évoque, dans ce document exclusif, la différence expliquée à l’être le plus cher : la mère.

Ma chère famille,C’est la première fois que je vous écris. Une lettre pour vous tous. Pour toi, ma mère M’Barka. Pour vous mes sœurs, mes six sœurs. Et pour vous mes deux frères. Je vous écris par mon cœur et ma peau ces lignes qui sortent enfin de moi et qui me viennent aujourd’hui dans l’urgence. Je ne peux pas ne pas les dire, les tracer. Vous les envoyer. Expliquer ma démarche, ce que je suis, ce que j’écris et pourquoi je le fais. Expliquer ?! Oui, expliquer davantage parce que j’en ressens la nécessité intérieure et parce que vous, ma famille, n’avez pas pris la peine de lire, de bien lire, ce que j’ai publié – livres, articles, interviews… Expliquer parce que depuis longtemps c’est ce qui nous manque au Maroc : qu’on nous considère enfin comme des êtres dignes de recevoir des explications, qu’on nous implique vraiment dans ce qui concerne ce pays et qu’on cesse de nous humilier jour après jour.

Je sais que je suis scandaleux. Pour vous. Et pour les autres autour de vous : les voisins, les collègues au travail, les amis, les belles-mères… Je sais à quel point je vous cause involontairement du “mal”, des soucis. Je m’expose en signant de mon vrai prénom et de mon vrai nom. Je vous expose avec moi. Je vous entraîne dans cette aventure, qui ne fait que commencer pour moi et pour les gens comme moi : exister enfin ! Sortir de l’ombre ! Relever la tête ! Dire la vérité, ma vérité ! Etre : Abdellah. Etre : Taïa. Etre les deux. Seul. Et pas seul à la fois.

Au-delà de mon homosexualité, que je revendique et assume, je sais que ce qui vous surprend, vous fait peur, c’est que je vous échappe : je suis le même, toujours maigre, toujours cet éternel visage d’enfant ; je ne suis plus le même. Vous ne me reconnaissez plus et vous vous dites : “Mais d’où lui viennent ces idées bizarres ? D’où lui vient cette audace ? On ne l’a pas éduqué comme ça… Non seulement il parle publiquement de sexualité, non, non, cela ne lui suffit pas, il parle d’homosexualité, de politique, de liberté… Pour qui se prend-il ?”

Je viens du Maroc. Je connais le Maroc. Réussir, exister, c’est avoir de l’argent. Ecraser les autres avec son argent. Depuis que je suis né, en 1973 à Rabat, c’est cela l’idéal marocain, le modèle à suivre. Comme vous, je suis né pauvre, j’ai grandi pauvre à Salé. Je reste d’une certaine façon, aujourd’hui encore, pauvre. Moi, je refuse cet idéal marocain stérile. Cette platitude. Il ne me convient pas. Je le dépasse. L’idéal marocain, moi, à mon petit niveau, je le réinvente. Je le remplis avec un nouveau contenu, avec du sens, du courage et du doute… C’est cela, au fond, ce qui vous choque : je me révèle autre, quelque chose que vous n’avez pas prévu, vu venir. Un monstre. En plus, à côté de vous, j’ai toujours été tellement gentil, tellement studieux et bien élevé.

Vous devez vous poser chaque jour maintes fois la même question : qu’est-ce qu’on lui a fait ? Qu’est-ce qu’on lui a fait pour mériter ça, ce scandale ?
Vous devez certainement me détester maintenant, me maudire. Pour vous je ne suis sans doute plus un bon musulman. Vous devez aussi avoir peur pour moi : je prends des risques en m’exposant ainsi dans les livres et les journaux.

Ma mère : je sais que tu n’es pas d’accord avec mes choix mais que tu continues de prier pour moi. Et cela me touche. J’ai besoin, de loin, de croire que toi aussi tu réinventes le monde et les prières musulmanes. Ma mère, tu ne le sais sans doute pas, le désir de révolte, c’est toi qui me l’as donné. Chez nous, tu as toujours été le guide, la stratège, la révoltée. La réalisatrice. Ma mère, même analphabète, à toi toute seule, durant les 25 années que j’ai passées à côté de toi, tu étais une école de féminisme. Et quelle école ! Je t’admire. Je fais mieux que de t’aimer, je le répète : je t’admire ! Tu as imposé tes choix à mon père, à nous. Tu as réalisé ton œuvre : la maison de Hay Salam. C’est toi qui économisais de l’argent, qui achetais du ciment, du sable, des briques, toi qui engageais les maçons et négociais avec le “moqaddem”. Tu as compris, tôt, que tu n’avais pas d’autres choix que celui d’être un homme à la place des hommes. Mieux et plus courageuse que tous les hommes qui nous entouraient.

Certes, ta détermination à aller jusqu’au bout des choses devenait certains jours de la dictature. Certes, ta façon de parler c’était le cri, encore et encore le cri. Certes, il était impossible de discuter avec toi. Mais, quand même, que de leçons apprises à tes côtés. Ma mère, ton prénom est magnifique. M’Barka. Il vient de la campagne de Oulad Brahim. Ton histoire et ton itinéraire, de Tadla à Salé, en passant par El Jadida et Rabat, quand je me les remémore, me ravissent. Une épopée. Sans larmes. Tu n’as jamais renoncé. Tu n’as pas toujours été juste, surtout avec mes sœurs, mais, aujourd’hui encore, chaque matin, je te tire mon chapeau. Et je reconnais mes dettes envers toi.

Ta langue, ma mère, est ma langue. J’écris en m’inspirant de ta façon poétique de voir le monde et d’inventer des rituels étranges et qui sont tellement beaux, envoûtants. J’écris en me rappelant tes cris. Je crie aujourd’hui pour rendre hommage à tes cris. Les fixer. Les donner à voir. Les faire entrer dans les livres, dans la littérature. C’est cela, entre autres, mon ambition. Tes cris comme une image du Maroc. Ton prénom comme symbole de la femme marocaine.
Ma mère, je peux faire tout cela pour toi. C’est ma seule richesse. Mon cadeau. Mon devoir.

Ma mère, le Maroc, ce n’est pas les autres, le gouvernement, les religieux, les éternels moqueurs, les “casseurs”, les empêcheurs, les jaloux, les mesquins… Le Maroc tout entier, celui que j’ai en moi et celui à qui je parle aussi à travers cette lettre, c’est toi. C’est un Maroc qui n’est pas parfait. Un Maroc dans la tension, la fièvre. Un Maroc dans l’élan. La possession. Ma mère, ce que disent les autres de négatif sur moi, je m’en moque. Ce que tu dis toi, et même si je ne suis pas d’accord avec ta dictature, je l’écoute, je l’analyse. Et j’ai envie de te répondre.
Le Maroc, c’est toi. Ma vérité, mon “je” dont fait partie, que je le veuille ou non, mon homosexualité, mes livres publiés et à venir, c’est pour toi. C’est important pour moi que tu m’écoutes à ton tour. Que tu saches que je suis comme toi. Pas dans la même révolte que toi mais, quand même, comme toi. C’est toi que j’ai envie de convaincre. Nous nous téléphonons souvent. Mais je ne peux pas tout te dire au téléphone. Je redeviens un enfant timide et un peu imbécile. Je te l’écris. Crois-moi, ma mère, je n’ai aucune envie de te salir, de t’abaisser, de “t’inonder de honte”. Mais la vérité, ma vérité, j’ai besoin de te la révéler. Te communiquer ce qui change en moi.
Au Maroc. Le changement passe d’abord par toi. Tu as imposé tes idées à mon père, au quartier. Au monde. Je n’ai pas d’autres choix que celui de t’imposer les miennes. Tu vas crier. Tu as crié “on va encore se déchirer”. Ce n’est pas grave. Je n’aime pas la tranquillité. Le Portugais Fernando Pessoa est mon poète préféré. L’Ecossais Francis Bacon, mon peintre favori. La Française, d’origine algérienne, Isabelle Adjani, mon étoile. Aucune de ces trois personnes hors du commun n’était (ou bien n’est) dans le calme. Tu ne les connais pas ? Je répète leur nom, ce sont des artistes très importants pour moi et mon engagement dans la vie : Fernando Pessoa, Francis Bacon, Isabelle Adjani.
Tu es analphabète et tu ne connais rien à la culture ? Permets-moi d’en douter. Tu connais le mystère, le monde invisible. Tu connais la transgression. La culture, toute la culture, n’est que cela. Dire ce qu’on voit. Ce qui vient. Imposer sa différence. Et sa langue. Se dépasser. Se transformer. La littérature, le cinéma, la peinture, etc., ne sont que cela. La révélation. Puis la révolution. Dis à mes sœurs et à mes frères tout cela. Mon ambition, ma modestie, mon intransigeance.
Je ne suis pas le seul au Maroc, ma mère. Quelque chose a commencé dans ce pays. Une réelle rupture par rapport aux générations précédentes, qui soit ont abdiqué, soit ont été récupérées. Nous, c’est le 21ème siècle. On essaie de nous intimider. De nous ramener à un soi-disant ordre moral, nous faire revenir à nos soi-disant valeurs fondamentales. Lesquelles d’abord ? Et qui décide que c’est de ces valeurs-là que le Marocain d’aujourd’hui a besoin ?
Le monde traverse une crise sans précédent en ce moment. Le monde fait son autocritique. Bouge. Le monde accueille Barack Obama comme un immense espoir. Et que fait-on au Maroc ? On nous fait peur encore une fois. Vieille recette. On nous ramène en arrière. Jusqu’à quand cet aveuglement ? Jusqu’à quand cette arrogance ? Jusqu’à quand va-t-on continuer d’ignorer et de tuer la jeunesse de ce pays ? Jusqu’à quand cette politique qui fait semblant ? Le Maroc ne mérite-t-il pas mieux ? Une vraie modernité ? Une réelle révolution des mentalités ?
A y regarder de près, cette révolution a déjà commencé. Le seul problème, c’est qu’on ne veut toujours pas le voir. Certains au Maroc ont visiblement intérêt à ce que notre identité marocaine ne change pas d’un iota. Or cette identité, cela fait des années qu’elle n’est plus la même. Les jeunes Marocains d’aujourd’hui ont d’ailleurs tout compris à cette question complexe. Ils sont même très sophistiqués dans leur réflexion à propos de ce sujet. On pourrait même dire qu’ils sont d’une certaine façon déjà dans la post-modernité. Mais qui comprend ça au Maroc ? Qui va les aider dans ce changement ? Qui va les rattacher différemment au Maroc et leur rendre confiance dans ce pays ?
Pardonne-moi, ma mère, je parle comme dans les livres. Mais vous, mes sœurs et mes frères, vous comprenez ce que je dis là. Vous avez fait des études comme moi. Vous avez comme moi lu les livres que nous ramenait notre père de la Bibliothèque Générale de Rabat où il travaillait comme chaouch. Vous avez les moyens intellectuels pour saisir ce que je dis. Ne me dites pas que je parle dans l’air, que je m’emporte pour rien, que mon combat est perdu d’avance. Ne me dites pas de rentrer dans le rang comme les autres. De m’aligner. De dire : “Wana mali ?”
Je ne peux pas. Je suis dans l’écriture. C’est-à-dire dans une certaine responsabilité vis-à-vis de moi-même et vis-à-vis de la société d’où je viens. Je suis dans le questionnement. Un livre, ça vient de soi, ça interpelle le monde, la société. Je ne peux pas faire les choses à moitié. J’assume jusqu’au bout. Je n’ai plus envie de baisser la tête. Je ne suis pas un héros. C’est juste que je ne supporte plus l’hypocrisie et ses ravages au Maroc. Je ne supporte plus qu’on donne de nous des images clichés, “folklorisées”, pour attirer le touriste. Je ne supporte plus qu’on ne voie pas la richesse réelle de ce pays : l’imaginaire, les histoires, le mystère. LA JEUNESSE.
Je ne supporte plus qu’on n’aide pas assez le Maroc à se relever et à grandir. Je ne supporte plus ce système qui casse du matin au soir le Marocain et qui fait taire les voix nouvelles qui émergent pour dire ce pays autrement. Je ne supporte plus cette médiocrité et cette petitesse qu’on nous impose. Le Maroc est, pour moi, plus grand que tout cela. A nous de le révéler au mieux. Même si pour cela il faut se battre, mener la guerre. Donner à certains l’impression de trahir.
Ma chère famille, je vous tends la main. C’est sincère. C’est naïf. C’est moi : je suis comme ça. Je ne vous demande pas de comprendre mes névroses, ni de m’aider à m’en sortir. Non. Je vous prie de ne pas me faire sentir que je suis un paria. Un mécréant. Je suis, à ma façon, dans la continuité de votre histoire, de notre histoire. Des origines. Je ne peux rien vous offrir pour que vous soyez socialement fiers de moi. Aujourd’hui. Là n’est pas mon but. Je n’aime pas la fierté, sentiment qui bloque. Je rêve du dialogue. Un dialogue impossible jusqu’à aujourd’hui. Je ne suis pas dans la minorité. Je suis vous, avec vous, toujours avec vous, même quand je brise les tabous. Même quand je vole vos vies pour les transformer en fragments littéraires.
Dans mes livres et mes conférences, je vous défends. Je vous dis. Je vous fais exister. Je rêve qu’un jour si quelqu’un m’insulte devant vous, en disant : “Ton fils, ton frère est zamel…”, vous répondiez : “Non, il n’est pas zamel, il est mathali.” Un mot, un petit mot tout simple et qui change tout. Un mot-révolution. A vous de voir. Je n’exige rien. Je vais. Je vole comme je peux. Je prie, comme ma mère, à ma manière : j’écris.
Il y a chez nous cette chose terrible : la haine du Marocain ! D’où vient-elle ? Pourquoi est-elle encore là ? Pourquoi ne pas oser être soi : se libérer. Se libérer même dans la provocation et le scandale. De toute façon, il n’y a pas d’autres moyens. Autant oublier la peur et aller nu affronter le monde. Voilà. Encore une fois, dans la tendresse, ma vérité. Pour vous. Je n’aime pas les affrontements inutiles. Je suis pour les batailles nécessaires. Celle que je mène avec et contre le Maroc est utile. Je le pense sincèrement. Je ne dois pas être le seul. Je peux parler, écrire. Pour moi et pour les autres. Je le fais. C’est un devoir.

Salam chaleureux à vous tous

Poster un commentaire

Classé dans info

Etats unis : l’espoir des groupes de défense des droits des gays au sujet du mariage

Dans le Vermont, État rural du nord-est des États-Unis, les militants ont obtenu le droit au mariage par voie législative, et non judiciaire. Or c’est par la même voie que les New-Yorkais espèrent obtenir le même droit à l’égalité.

Mardi 7 avril, le Vermont est officiellement devenu le quatrième état américain à autoriser le mariage entre deux personnes du même sexe. La veille, le gouverneur de l’état du Vermont, Jim Douglas, avait pourtant apposé son veto sur une loi d’ores et déjà adoptée, qui autorisait le mariage gay à partir du 1er septembre 2009. Les élus ont donc fait fi de l’opinion de leur gouverneur : le Sénat a voté par 23 voix pour et 5 voix contre et la chambre des représentants, par 100 voix pour et 49 contre. Le Vermont est donc le premier état à adopter cette loi de manière législative, et non par décision de justice, comme c’était le cas pour le Massachusetts, le Connecticut et  l’Iowa. Les groupes de défense des droits des gays voient cette nouvelle victoire comme une chance de propager la loi un peu partout dans le pays. Déjà près de dix autres législatures considèrent l’idée d’adopter le mariage gay avant la fin de l’année. Parmi elles, New-York, le New-Jersey, le New-Hampshire et le Maine.

Les militants pour le mariage gay ont admis avoir stratégiquement choisi les états où la loi a été adoptée. Et ils reconnaissent que faire accepter la loi par des législatures où le mariage gay est formellement interdit va représenter un challenge redoutable. Mais l’espoir est là. « Je pense que nous allons vivre une période inédite dans l’histoire des Etats-Unis, révèle Jennifer C. Pizer, l’avocat-conseil de Lambda Legal sur le New-York Times. Etre obligé de modifier certains amendements de la Constitution, ce n’est pas facile à faire ! » Quant aux opposants, plusieurs groupes en désaccord avec le mariage gay perçoivent ces décisions comme une manière d’intensifier leur lutte contre l’union homosexuelle et prévoient déjà de nouvelles conférences et des actions de prévention. Ce qui ne semble pas effrayer les activistes pro-mariage gay : « Contrairement à ce que prétendent les opposants, cela ne se passe pas uniquement sur les côtes, indique Ewan Wolfson, directeur de Freedom to Marry. Et cela ne pas certainement pas s’arrêter comme ça ! »

source : les inrocks.com

Poster un commentaire

Classé dans info