Un Français sur deux favorable au mariage homosexuel

Un Français sur deux est favorable au mariage homosexuel mais une majorité (54%) est contre l’adoption d’enfants par les couples « gays », selon un sondage LH2-20 minutes-RMC paru vendredi 15 décembre.
Quelque 50% des Français interrogés se prononcent en faveur du mariage des couples homosexuels, 43% sont contre et 7% ne se prononcent pas.
L’adoption n’est pas perçue de la même façon : 54% sont contre, 40% y sont favorables et 6% ne se prononcent pas.

Cameroun : trois journaux publient une liste d’homosexuels présumés

Un « outing » forcé de personnalités qui fait scandale. Plusieurs personnalités camerounaises ont été classées dans trois journaux locaux comme étant homosexuelles. La Météo a amorcé l’outing il y a une dizaine de jours, L’Anecdote et Nouvelle Afrique ont suivi. Cette affaire, qui risque d’avoir des suites judiciaires, éclate dans un contexte général d’homophobie, notamment prêchée par les chefs religieux chrétiens ou musulmans.
On ne parle plus que de ça. Il y a une dizaine de jours, le journal camerounais La Météo a publié dans ses colonnes une liste de personnalités qui sont, selon lui, homosexuelles. Un crime dans ce pays. Ces outings ont fait des émules, puisque L’Anecdote et Nouvelle Afrique ont aussi publié le nom de grands du Cameroun qui, d’après eux, « en sont ». Les listes, que nous n’avons pas pu nous procurer, ne seraient pas identiques. Mais il semble que les patronymes de ministres, de proches du Président Paul Biya, d’hommes d’affaires et autres artistes apparaissent. Résultat : les personnalités qui s’estiment diffamées pourraient porte plainte.
Au Cameroun, les homosexuels sont loin de vivre leurs relations au grand jour. Leur orientation sexuelle est en effet considérée comme un crime aux yeux de la loi, passable de lourdes peines. L’article 347 bis du code pénal stipule que toute personne reconnue coupable d’homosexualité encourt « un emprisonnement de six mois à cinq ans » et « une amende de 20 000 à 200 000 francs CFA » (environ de 30 à 305 euros). Si l’homosexualité est aussi mal vue, c’est que les Camerounais refusent de concevoir que cette sexualité puisse se pratiquer dans leur pays. « Ce n’est pas dans notre culture, pas dans nos mœurs », « c’est un truc d’Occidentaux », expliquent certains.
L’affaire des outings éclate donc dans un climat d’homophobie latente. Une homophobie qui semble s’être radicalisée ces derniers mois. En mai dernier, une dizaine d’homosexuels présumés ont été arrêtés dans un bar de Yaoundé et détenus plusieurs mois sans procès. On ne sait pas s’ils ont enfin retrouvé l’air libre. Le 15 juillet à Douala, c’est un Britannique de 51 ans qui a été arrêté après avoir été retrouvé chez lui en compagnie d’un jeune homme majeur. « Le fils de l’ancien joueur de football Théophile Abega a égorgé en pleine classe un camarade d’origine burundaise, qui, selon la version officielle, lui faisait des avances. La presse a presque salué le geste », se souvient Stéphane, un gay de 30 ans qui a refusé de se jeter sur les journaux. Un climat qui a entraîné une psychose dans les lieux fréquentés par les gays et lesbiennes, qui craignaient à tout moment une descente de policiers ou de gendarmes. Car ceux qui réprouvent l’homosexualité pratiquent volontiers la délation et les autorités sont bien décidées à serrer la vis sur un « phénomène » qu’elles jugent malsain.
Côté religieux, on ne fait pas plus de cadeaux. Lors de son homélie du 25 décembre, l’Archevêque de Yaoundé Victor Tonye Bakot a dénoncé les relations entre personnes du même sexe : « Je dois vous dire que l’homosexualité est un complot contre la famille et le mariage. Ne l’acceptons pas chez nous. Ce sont des moeurs contre nature (…) On expose gravement nos jeunes à cette perversion morale à cause du pouvoir de l’argent. Pour un poste de travail, une entrée dans une grande école, on contraint nos jeunes à l’homosexualité que l’on veut légaliser. (…) L’homosexualité est donc une perversion contre laquelle il nous faut lutter tous ». A l’occasion de la fête du mouton, le 10 janvier dernier, le cheik Ibrahim Mbombo a, pour sa part, dénoncé l’homosexualité et la pédophilie, qu’il juge « avilissantes ».