L’Italie dédommage un écrivain condamné par une loi fasciste

Le gouvernement italien a annoncé qu’il verserait une rente à vie à l’écrivain Aldo Braibanti, condamné pour « plagiat » (manipulation mentale) en 1968 au terme d’une loi italienne sur la « manipulation mentale » introduit dans le code pénal italien par le régime fasciste de Mussolini .01
Aldo Braibanti est le seul Italien à avoir été condamné en vertu de cet article de loi fasciste qui fut abrogé en 1981. En juillet 1968, il avait été condamné en première instance à neuf ans de prison par la cour d’appel de Rome pour « manipulation mentale », une peine réduite en appel à quatre ans en 1969.
Aldo Braibanti, écrivain, philosophe, metteur en scène, artiste, avait été arrêté en 1967 sur dénonciation des parents d’un jeune homme, majeur, issu d’une famille très catholique, avec lequel il entretenait une relation sexuelle. Alors qu’il affirmait vivre avec Braibanti par choix, le jeune homme fut enfermé par ses proches dans un hôpital psychiatrique.
En 1982, après l’abrogation de la loi en question, la cour d’assises d’appel de Rome avait demandé l’annulation de la peine dans le casier judiciaire de Braibanti.
Le Conseil des ministres a décidé de lui allouer une rente à vie comme dédommagement sans en préciser le montant.
« Braibanti, homosexuel déclaré, a payé pour avoir eu une relation avec un jeune homme de 18 ans dans l’Italie bigote et cléricale de cette époque. Cette reconnaissance est un beau signe de laïcité et de modernité de la part de notre République », a commenté dans un communiqué Arcigay, principale association italienne de défense des homosexuels.

L’Afrique du Sud autorise le mariage homosexuel

Le Parlement sud-africain a voté à une large majorité (seulement 41 voix contre sur 274 députés présents) une loi qui autorise le « mariage» et «l’union civile» pour tous, y compris les homosexuels. En decembre 2005, la Cour constitutionnelle – saisie par un couple de lesbiennes – avait donné un délai d’un an aux députés pour modifier la loi de 1961 qui réservait le mariage aux couples hétérosexuels. La Cour avait jugé cette disposition contraire à la Constitution de 1996, la première au monde à interdire toute discrimination en fonction de l’orientation sexuelle.
Le Parlement a organisé une vaste consultation du public. Toutes les confessions religieuses (à l’exception de l’Eglise anglicane et de l’Eglise hollandaise réformée, pilier du régime d’apartheid) et les chefs traditionnels se sont opposés à la reconnaissance du mariage homosexuel. «L’Eglise enseigne que les actes homosexuels sont intrinsèquement un désordre. Une loi ne peut changer en bien ce qui est mauvais», a notamment écrit le cardinal Wilfred Napier dans une pétition au Parlement.
L’Eglise catholique et 79 autres confessions religieuses, représentant 20 millions de Sud-Africains, se sont unies dans une «Alliance pour le mariage» pour s’opposer à tout changement de la loi : «Le mariage est une institution créée par Dieu pour les hommes et les femmes, affirme Moss Nthlha, son co-president. L’union de deux personnes du même sexe ne fait pas non plus partie de la culture africaine :cela déshonore la communauté, les ancêtres et néglige la procréation. Ce n’est pas bien, ce n’est pas africain !»

L’Afrique du Sud est devenue le cinquième pays au monde, et le premier en Afrique, à légaliser le mariage homosexuel.