Maroc : les islamistes et la haine des homosexuels

Pour les islamistes, qui sévissent dans des tribunaux illégaux à Fès, les homosexuels devraient être « poussés d’un lieu assez élevé pour que la chute entraîne la mort »

C’est au terme d’un « procès » de trois heures et demie qu’un jeune étudiant en sciences économiques de la faculté de Fès s’est vu exclure de la cité universitaire en raison de son homosexualité qui représente « une menace à la culture » et un « défi à la virilité de tous les résidents ».

Selon l’article 489 du code pénal marocain, l’homosexualité est bien un crime, puni par des peines de prison allant de six mois à trois ans ou par des amendes de 120 à 1200 dirhams (11 à 110 euros). Le procès dont a été victime le jeune étudiant, qui tient à conserver l’anonymat, n’est cependant pas un procès comme les autres. Il ne s’est déroulé ni devant un tribunal, ni devant des juges ou des jurés, mais à l’université, devant une assemblée d’étudiants chargés de statuer sur son sort.

De nombreux journaux marocains ont rapporté les faits et beaucoup parlent d’une parodie de procès organisée par des islamistes appartenant notamment à l’organisation Attajdid (Ndlr. : il s’agit de l’organisation Al Islah Wa Attajdid – Réforme et Renouveau – fondée en 1990 et dont les concepteurs voulaient faire un parti politique. Projet qui a échoué à deux reprises). Un des représentants de Attajdid à l’université de Fès, Rachid Adouni, réfute ces accusations, insistant sur le fait que l’étudiant était connu pour son comportement « délinquant ». En outre, il prétend être en possession de témoignages d’étudiants ayant eu des relations sexuelles avec lui, ou ayant été victimes de harcèlement de sa part. L’étudiant aurait avoué devant l’assemblée avoir eu des relations sexuelles avec des étudiants de l’université ainsi qu’avec des touristes étrangers. Pour Adouni, la position du groupe Attadjid sur la question de l’homosexualité est claire : tout comme la consommation d’alcool, ces moeurs sont étrangères aux valeurs de la société marocaine et doivent être combattues.

Selon son témoignage, la victime aurait eu, en un premier temps, ses papiers d’identité et sa carte d’étudiant confisqués et aurait été sommée de quitter sur-le-champ la cité universitaire. Après sa demande de soumettre son cas à l’ensemble des étudiants, un « procès » a donc été organisé. Les 24 propositions de jugement auraient été énoncées uniquement par des islamistes, dont certains sont inconnus à l’université. Treize se sont prononcés pour son exclusion de la cité universitaire, cinq pour son expulsion de l’université, quatre pour son expulsion de la ville de Fès et deux pour une peine de vingt coups de fouet avec expulsion de l’université. la suite ici 

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