Archives Mensuelles: juillet 2006

Maroc : les islamistes et la haine des homosexuels

Pour les islamistes, qui sévissent dans des tribunaux illégaux à Fès, les homosexuels devraient être « poussés d’un lieu assez élevé pour que la chute entraîne la mort »

C’est au terme d’un « procès » de trois heures et demie qu’un jeune étudiant en sciences économiques de la faculté de Fès s’est vu exclure de la cité universitaire en raison de son homosexualité qui représente « une menace à la culture » et un « défi à la virilité de tous les résidents ».

Selon l’article 489 du code pénal marocain, l’homosexualité est bien un crime, puni par des peines de prison allant de six mois à trois ans ou par des amendes de 120 à 1200 dirhams (11 à 110 euros). Le procès dont a été victime le jeune étudiant, qui tient à conserver l’anonymat, n’est cependant pas un procès comme les autres. Il ne s’est déroulé ni devant un tribunal, ni devant des juges ou des jurés, mais à l’université, devant une assemblée d’étudiants chargés de statuer sur son sort.

De nombreux journaux marocains ont rapporté les faits et beaucoup parlent d’une parodie de procès organisée par des islamistes appartenant notamment à l’organisation Attajdid (Ndlr. : il s’agit de l’organisation Al Islah Wa Attajdid – Réforme et Renouveau – fondée en 1990 et dont les concepteurs voulaient faire un parti politique. Projet qui a échoué à deux reprises). Un des représentants de Attajdid à l’université de Fès, Rachid Adouni, réfute ces accusations, insistant sur le fait que l’étudiant était connu pour son comportement « délinquant ». En outre, il prétend être en possession de témoignages d’étudiants ayant eu des relations sexuelles avec lui, ou ayant été victimes de harcèlement de sa part. L’étudiant aurait avoué devant l’assemblée avoir eu des relations sexuelles avec des étudiants de l’université ainsi qu’avec des touristes étrangers. Pour Adouni, la position du groupe Attadjid sur la question de l’homosexualité est claire : tout comme la consommation d’alcool, ces moeurs sont étrangères aux valeurs de la société marocaine et doivent être combattues.

Selon son témoignage, la victime aurait eu, en un premier temps, ses papiers d’identité et sa carte d’étudiant confisqués et aurait été sommée de quitter sur-le-champ la cité universitaire. Après sa demande de soumettre son cas à l’ensemble des étudiants, un « procès » a donc été organisé. Les 24 propositions de jugement auraient été énoncées uniquement par des islamistes, dont certains sont inconnus à l’université. Treize se sont prononcés pour son exclusion de la cité universitaire, cinq pour son expulsion de l’université, quatre pour son expulsion de la ville de Fès et deux pour une peine de vingt coups de fouet avec expulsion de l’université. la suite ici 

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Mali : Salif Kéita rend hommage aux homosexuels de Bamako

Le célèbre musicien malien, Salif Kéita, a rendu, il y a quelques jours, un vibrant hommage aux homosexuels de Bamako. Il a qualifié de “grande chance” la rencontre qu’il a eue avec eux à Bamako, au début de sa carrière. Les choses pour lui étaient plutôt difficiles et son avenir incertain à cette époque. Son enfance et son adolescence n’ont pas été une véritable partie de plaisir. Mauvais coup du destin, il naît albinos. Marginalisé pour la couleur de sa peau, il ne peut exercer le métier d’instituteur dont il rêvait. Pire, devenir chanteur. Salif Kéita est de la caste des nobles. Ses talents cachés dans la noblesse et retenus par la tradition, une seule issue s’offre à lui : Partir. Et c’est à Bamako qu’il débarque, démuni. Il est repéré par des homosexuels. Ces derniers lui donnent des habits, des chaussures, le nourrissent et l’emmènent chanter dans des bars interdits aux nobles. “Ils ont fait de moi une star”, confie-t-il. Un véritable soutien de la part de ces personnes marginalisées par la population tout comme les albinos. Destins croisés ? Tout porte à le croire. Salif Kéita élu artiste francophone 2006 par Radiophonies (le festival des Radios francophones en France) leur doit une fière chandelle. C’est pourquoi, il a tenu à leur rendre hommage. Le crooner malien a laissé entendre qu’il rêve de vivre autre chose que la musique, en particulier l’agriculture. “Oui, j’aimerais repartir dans la brousse, construire quelque chose et vivre de l’agriculture”, a-t-il affirmé..